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Garoua : Mamadou Mota dénonce une militarisation

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Trans Afrique

Dans une lettre ouverte au Premier ministre, Mamadou Mota dénonce une militarisation inquiétante de Garoua. Le président par intérim du MRC accuse le MINAT et le SED d’orchestrer une démonstration de force qu’il qualifie de provocation politique irresponsable, et alerte sur les risques d’une dérive autoritaire dans le contexte post-électoral.

Provocation politique irresponsable

Pour Mamadou Mota, la militarisation actuelle de Garoua n’est pas un acte de maintien de l’ordre. « C’est un acte de provocation politique irresponsable. Une démonstration de force dont le seul effet sera d’intimider, d’exaspérer. Et, à terme, de déstabiliser une région déjà fragile. »
Selon le président du Mrc, « le cynisme de la situation est d’autant plus insupportable que l’on reconnaît la signature d’un homme dont l’historique devrait nous servir de mise en garde macabre ».

À cet effet, il convoque le passé : « Souvenez-vous, Monsieur le Premier ministre. Et faites appel à votre mémoire historique. Pour ne pas condamner le Nord à revivre l’horreur du Nord-Ouest et du Sud-Ouest (Noso)».

Et de soutenir que « ce même Minat, par son arrogance, son mépris des sensibilités locales. Et son geste de défi malheureux à Bamenda a été l’un des catalyseurs. Un détonateur tragique de la guerre désastreuse qui ravage aujourd’hui le Noso. Des milliers de morts, des centaines de milliers de déplacés, une économie anéantie ».

Politique du « bras de fer »

De l’avis de Mota, « telle est l’œuvre à laquelle a contribué cette politique du « bras de fer » réitéré aujourd’hui. Nous sommes face à une faute politique lourde. Qui remplace le dialogue par le canon, la médiation par le képi. Le chef de la Gendarmerie se fait l’exécutant zélé de cette stratégie de la tension. Et se rend complice d’une menace à la paix civile ».

Mamadou Mota pense que l’heure n’est pas à la tergiversation. « Désarmez Garoua ! Rappelez immédiatement les troupes inutiles et provocatrices. Mettez fin à cette politique de la canonnière qui n’a fait qu’engendrer la terreur et la rébellion ailleurs. »

« Votre silence, votre inaction, ou pire, votre validation tacite de cette dérive. Feront de vous, non pas le garant de l’unité nationale, mais le comptable de la prochaine tragédie. Ne laissez pas un seul homme récidiver dans l’erreur. Qui a coûté tant de sang à la nation ? », demande-t-il au Premier ministre.

Parce que, soutient-il, la justice et la paix ne s’obtiennent pas par l’intimidation, mais par le respect et la loi.

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