L’ONU a fait part mardi de sa profonde inquiétude sur par des exécutions extrajudiciaires au Mali. Et la détérioration de la situation des droits de l’homme . Et des informations y faisant état d’exécutions extrajudiciaires par les forces gouvernementales. Demandant par ailleurs la levée du « blocus » des jihadistes sur Bamako.
Le Mali est en proie à l’incertitude après des attaques cordonnées d’ampleur menées les 25 et 26 avril 2026. Par des jihadistes du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM, allié à Al-Qaïda). Et la rébellion du Front de libération de l’Azawad (FLA), à dominante touareg. Contre des positions stratégiques de la junte au pouvoir à Bamako.
Un des piliers de la junte
Plusieurs villes et localités du nord du Mali sont désormais sous contrôle des jihadistes et de leurs alliés du FLA. Le ministre de la Défense Sadio Camara, 47 ans, un des piliers de la junte, a été tué à Kati. fFef de la junte proche de la capitale, Bamako, lors de ces attaques qui ont visé plusieurs grandes villes.
« Nous sommes profondément préoccupés. Par la détérioration de la situation des droits de l’homme dans tout le Mali », a déclaré aux journalistes à Genève. Un porte-parole du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme. Seif Magango, s’exprimant depuis Nairobi.
Ces attaques « ont fait de nombreuses victimes parmi les civils et forcé beaucoup d’autres à fuir leurs foyers », a-t-il indiqué, ajoutant que de nouveaux affrontements se sont déroulés « au cours du week-end, causant de nouvelles conséquences désastreuses pour les civils ».
Enlèvements extrajudiciaires
M. Magango a par ailleurs indiqué que « des informations très préoccupantes font état d’exécutions. Et d’enlèvements extrajudiciaires qui auraient été perpétrés. Par des membres des forces de sécurité à la suite des attaques des 25 et 26 avril ».
« Le 2 mai, l’avocat et homme politique Mountaga Tall a été enlevé à son domicile par deux hommes cagoulés. Et emmené dans un lieu inconnu. Son épouse a été agressée alors qu’elle tentait de filmer l’enlèvement. Avec son téléphone portable, qui lui a été confisqué », a indiqué le Haut-Commissariat dans un communiqué.
M. Tall a été membre du mouvement M5, acteur majeur de la contestation ayant contribué à la chute du régime de l’ancien président Ibrahim Boubacar Keïta en 2020. D’abord allié aux militaires alors arrivés au pouvoir, il a ensuite pris ses distances avec eux.
Retrait de l’armée malienne
Par ailleurs, « trois proches de l’homme politique exilé Oumar Mariko auraient également été enlevés » le 1er mai et « on ignore toujours où ils se trouvent », a relevé le Haut-Commissariat.
Le 2 mai, Mohamed Elmaouloud Ramadane, porte-parole des rebelles, avait indiqué que « des fosses communes contenant plusieurs corps ont été découvertes aujourd’hui dans le camp d’Amchach, situé à Tessalit, dont le FLA a pris le contrôle la veille, à la suite du retrait de l’armée malienne et des mercenaires russes de l’Africa Corps ».
« Les premiers éléments recueillis laissent croire que ces civils étaient conduits vers cette base avant d’y être exécutés », avait-il déclaré sur Facebook. L’AFP n’a pas pu vérifier cette information de source indépendante. Le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, Volker Turk, appelle à un cessez-le-feu immédiat et appelle toutes les parties à garantir la protection des civils et des infrastructures civiles.
Mourir de faim
Dans son communiqué, le Haut-Commissariat s’inquiète également des informations alarmantes concernant la raréfaction des vivres dans certains lieux. « Le 3 mai, le maire du village de Diafarabe, dans la région de Mopti, a appelé les autorités à agir sous 48 heures, faute de quoi la population allait commencer à mourir de faim, le village étant à court de vivres », a-t-il cité en exemple.
« Diafarabe et la capitale, Bamako, sont actuellement soumises à un blocus imposé par le JNIM. De tels blocus ont des conséquences inacceptables pour les civils et doivent être levés immédiatement », a-t-il demandé.
M. Turk appelle les autorités maliennes et tous les groupes armés non étatiques à autoriser et à faciliter un accès humanitaire sûr, durable et sans entrave à toutes les personnes qui en ont besoin, a ajouté M. Magango.
© Agence France-Presse
















