Alors que la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) a fixé au 1er novembre 2026 le retrait de certaines anciennes pièces de monnaie, des commerçants et des conducteurs de mototaxis refusent déjà de les accepter. Entre manque d’information, méfiance et incompréhension, ces pièces pourtant encore utilisables deviennent une source de tensions dans les transactions quotidiennes.
La date du 1er novembre 2026 n’est pas encore arrivée, mais certaines anciennes pièces de monnaie semblent déjà perdre leur place dans les échanges commerciaux. Dans les marchés, les boutiques et les rues, des habitants se heurtent au refus de commerçants et de conducteurs de mototaxis lorsqu’ils tentent de payer avec ces pièces.
Le gouverneur de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC), Yvon Sana Bangui, a pourtant annoncé que les anciennes gammes de pièces mises en circulation en 1958, 1959, 1971, 1976 et 1985 cesseront d’avoir cours légal à compter du 1er novembre 2026. D’ici là, ces pièces restent valables et peuvent toujours être utilisées dans les transactions quotidiennes. Mais sur le terrain, la confusion s’installe déjà.
« Je vais manger ça ? »
Au cours d’une conversation, une call-boxeuse ne cache pas son exaspération face à cette situation. « Personne ne suit les informations. Les gens ont des téléphones Android, mais ils ne suivent pas les informations. On a dit qu’à compter du 1er novembre, ces pièces ne seront plus en circulation. Donc, actuellement, elles sont encore utilisables », explique-t-elle.
Elle déplore surtout le comportement de certaines personnes qui refusent désormais ces pièces, sans attendre la date annoncée. « La pièce-ci, tu donnes ça actuellement à quelqu’un, il refuse. Je vais manger ça ?! », lance-t-elle, visiblement agacée. Son témoignage illustre le décalage entre les annonces officielles et leur compréhension par une partie de la population.
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Un mototaximan préfère partir sans être payé
Monsieur Jene, un homme avoisinant la cinquantaine, vient de vivre une situation pour le moins surprenante. À la fin de son trajet, il descend de la moto et sort une ancienne pièce de 500 FCFA, qu’il utilise habituellement pour ses achats et ses déplacements. Mais le conducteur refuse catégoriquement de la prendre. Il exige une pièce plus récente. Monsieur Jene fouille ses poches.
Malheureusement, il ne dispose d’aucune autre monnaie pour régler sa course. Face à cette situation, le mototaximan prend une décision inattendue : il préfère repartir sans recevoir son paiement plutôt que d’accepter la pièce. Une scène qui montre jusqu’où peut aller la méfiance autour de ces anciennes monnaies, alors même que la date officielle de leur retrait n’est pas encore entrée en vigueur.
« L’argent, c’est l’argent »
Tous les commerçants ne réagissent cependant pas de la même manière. Massoda s’arrête devant un comptoir pour acheter quelques chips de plantain. Au moment de payer, elle tend une ancienne pièce de monnaie à la vendeuse. Elle hésite. Après les refus auxquels d’autres clients se heurtent, elle redoute que la commerçante rejette à son tour son argent. Mais à sa grande surprise, la vendeuse accepte la pièce sans difficulté.
« L’argent, c’est l’argent. Comment est-ce que je vais rejeter l’argent ? Moi, je n’ai pas encore personnellement entendu l’information qu’on n’accepte plus ces pièces », explique-t-elle. Une réaction qui contraste avec celle du mototaximan et révèle les différences de perception au sein de la population.
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Un délai pour les échanger
Si les anciennes gammes concernées cesseront d’avoir cours légal le 1er novembre 2026, leurs détenteurs disposeront encore d’un délai pour les échanger contre des pièces des gammes 2006 et 2024. Selon le calendrier communiqué par la BEAC, du 1er novembre 2026 au 31 juillet 2027, les détenteurs pourront effectuer leurs échanges auprès des établissements de crédit, des établissements de microfinance et des guichets de la BEAC.
Du 1er août au 31 octobre 2027, les échanges se feront exclusivement aux guichets de la BEAC. Passé ce dernier délai, à compter du 1er novembre 2027, les anciennes pièces concernées ne pourront plus être échangées. La banque centrale précise également que les pièces des gammes 2006 et 2024 conservent leur cours légal.
Une échéance mal comprise par certains usagers
La décision de la BEAC concerne les anciennes gammes monétaires visées par son annonce. Elle ne signifie pas que toutes les pièces de 50, 100 ou de 500 FCFA doivent être rejetées. Surtout, la date du 1er novembre 2026 marque l’entrée en vigueur du retrait annoncé, et non une interdiction déjà applicable aujourd’hui.
Alors que la date du retrait approche, certains commerçants et usagers semblent avoir mal compris l’annonce de la BEAC. Ils refusent déjà des pièces qui restent pourtant valables jusqu’au 31 octobre 2026. Entre ceux qui anticipent le retrait, ceux qui ignorent la décision et ceux qui continuent d’accepter les anciennes pièces, les pratiques divergent. Pour les usagers, cette situation transforme parfois un simple paiement en véritable casse-tête.