Parmi les pensionnaires de l’opération Épervier se trouvent Marafa Hamidou Yaya, l’ancien ministre d’État chargé de l’Administration territoriale qui a déjà purgé une peine d’environ 14 ans de prison.
De nombreux hauts commis de l’Etat sont encore en détention au secrétariat d’Etat à la Défense C’est le cas de l’ex-ministre de l’Administration territoriale, Marafa Hamidou Yaya. Il a été arrêté en avril 2012 et condamné à 25 ans de prison ferme en septembre 2012, puis sa peine a été réduite à 20 ans en mai 2016 par la Cour suprême.
Aujourd’hui âgé de 72 ans, il souffrirait de graves problèmes de santé; hypertension, troubles neurologiques, etc. … et ses multiples demandes d’évacuation sanitaire n’ont jamais trouvé une réponse favorable auprès de l’administration gouvernementale.
Respect des droits
Polycarpe Abah Abah y séjourne également. Autrefois tout-puissant ministre de l’Économie et des Finances, il y est incarcéré depuis 18 ans. Arrêté en 2008, Polycarpe Abah Abah a été condamné par le tribunal criminel spécial pour la 6ᵉ fois, le 20 décembre 2022, totalisant 81 ans de prison ferme pour détournement d’argent public.
Selon divers témoignages recueillis au SED, les droits des détenus ne sont pas trop respectés. « On fonctionne plus dans un régime de faveur, qui peut à tout moment être barré. Par un officier de mauvaise humeur.. Qui peut mettre fin à une règle instituée quand il veut », nous fait savoir sous anonymat un ex-pensionnaire.
Une prison rude
Si pour l’opposition et autres défenseurs des droits de l’homme, la prison du SED est rude, le pouvoir lui estime qu’elle n’est pas un mouroir. Car selon certains mandarins du parti au pouvoir, plusieurs prisonniers en ont passé 20 ans et en sont ressortis vivants.
Ils en veulent pour preuve, Joseph Edou. Ancien DG Crédit foncier. Emmanuel Gérard Ondo Ndong, ancien DG Feicom. Gilles Roger Belinga, ex-DG de la SIC, Titus Edzoa, 18 ans, ancien secrétaire général de la Présidence de la République. Et pour terminer Thierry Michel Atangana, 18 ans. Ancien représentant des entreprises françaises au Cameroun.
En 2024, le Cameroun comptait 32 003 détenus répartis dans 79 établissements. Ce qui représente énormément en termes de budget global. L’État dépenserait en moyenne 300 Fcfa par jour et par détenu dans l’ensemble du territoire national pour leur alimentation.
Ce qui fait environ 3,5 milliards Fcfa par an pour la ration alimentaire de tous les détenus du pays. Toutefois, les prisonniers peuvent être autorisés à faire préparer leurs repas à l’extérieur selon une pratique légalisée en… 1954 !















