Prévue le 10 avril à Douala, la manifestation « vendredi en noir » a été interdite par les autorités administratives. Elle avait été initiée par des acteurs de la société civile. En cause : des risques de troubles à l’ordre public.
La tension monte à Douala autour de l’interdiction d’une manifestation annoncée par des acteurs de la société civile. Le préfet du Wouri, Mvogo Sylyac Marie, a suspendu le 8 avril 2026 la mobilisation « vendredi en noir ». Portée par le mouvement Stand Up for Cameroon, cette initiative devait se tenir au siège de l’organisation, au quartier Bali.
Et elle s’inscrit dans une dynamique de réflexion citoyenne sur l’actualité politique et les réformes institutionnelles en cours dans le pays. Parmi elles, l’instauration du poste de vice-président par nomination.
Mais pour l’autorité administrative, le contexte ne s’y prête pas. Dans son arrêté, le préfet évoque des » velléités manifestes et évidentes de troubles à l’ordre public » pour justifier cette interdiction. Une décision qui s’inscrit dans les pouvoirs étendus dont disposent les autorités locales en matière de maintien de la sécurité.
Dans la foulée le préfet a également mis en garde contre toute tentative de maintien de la manifestation, indiquant que des sanctions seraient appliquées aux contrevenants. Les forces de sécurité ont été instruites de veiller à l’application stricte de cette mesure.
Cette interdiction intervient dans un climat sociopolitique marqué par des tensions récurrentes entre les autorités et certains mouvements citoyens. Ces derniers mois déjà, des restrictions similaires avaient été prises à Douala pour prévenir d’éventuels débordements liés à des manifestations publiques.
Pour l’heure, le mouvement organisateur n’a pas officiellement réagi à cette décision. Toutefois, l’affaire relance le débat sur la liberté de réunion et les limites du pouvoir administratif dans la gestion des manifestations publiques au Cameroun.
















