Blocus des ports iraniens : Washington a évoqué mercredi un long verrouillage qui prolongerait la pression sur l’économie mondiale. Le baril de Brent a grimpé à plus de 119 dollars, son plus haut niveau depuis quatre ans. Le conflit, déclenché le 28 février, reste figé depuis le cessez-le-feu du 8 avril.
Blocus des ports iraniens : un verrouillage assumé par Washington
Les États-Unis ont évoqué mercredi la perspective d’un long blocus des ports iraniens. Cette stratégie prolongerait d’autant la pression sur l’économie mondiale.
L’impact se mesure déjà sur les cours du pétrole, qui ont flambé à leur plus haut niveau depuis quatre ans. Le baril de Brent de la mer du Nord a grimpé en séance à plus de 119 dollars, au plus haut depuis 2022 et l’invasion de l’Ukraine par la Russie.
Lors d’une réunion mardi à la Maison Blanche, Donald Trump a reçu des dirigeants du secteur pétrolier. Les participants ont évoqué « les mesures prises par le président Trump pour soulager les marchés internationaux du pétrole et les mesures que nous pourrions prendre pour poursuivre le blocus actuel pendant des mois si nécessaire et minimiser son impact sur les consommateurs américains », a rapporté un haut responsable de l’administration.
« Le blocus est un peu plus efficace que les bombardements », a commenté Donald Trump dans un entretien avec le site américain Axios.
Développement des faits : un conflit figé depuis avril
Le conflit a été déclenché le 28 février par une attaque israélo-américaine contre Téhéran. Il a fait des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban.
Depuis le cessez-le-feu du 8 avril, les armes se sont largement tues. Mais l’affrontement pourrait s’éterniser.
Les Américains semblent se préparer à un long blocus des ports iraniens. Cette riposte répond au blocage par l’Iran du détroit d’Ormuz. Par ce passage stratégique transitent d’ordinaire un cinquième des hydrocarbures consommés dans le monde.
Le ministre américain de la Défense Pete Hegseth a révélé que la guerre avait déjà coûté 25 milliards de dollars. Il l’a justifiée par une question : « Quel est le prix à payer pour faire en sorte que l’Iran ne se dote jamais de l’arme nucléaire ? »
Contexte : impasse diplomatique et tensions économiques
Les perspectives de tractations avec l’Iran sont au point mort. Une première session, le 11 avril au Pakistan, pays médiateur, s’est révélée infructueuse.
La trêve a été prolongée sine die. Mais les deux camps n’arrivent toujours pas à s’entendre pour reprendre leurs négociations.
En Iran, la monnaie nationale subit le choc. Le rial a atteint son plus bas face au dollar depuis l’avènement de la République islamique en 1979, selon plusieurs sites de suivi des changes.
Les analystes du cabinet DNB redoutent une poursuite du verrouillage du détroit par Téhéran. « Cela suggère une impasse prolongée : les combats sont largement arrêtés, mais aucune solution durable n’émerge », expliquent-ils.
Réactions : Téhéran dénonce, Moscou met en garde
Téhéran a accusé Washington de vouloir l’effondrement de la République islamique. Les États-Unis veulent « activer la pression économique et les divisions internes (…) pour nous affaiblir ou même nous faire nous effondrer de l’intérieur », a réagi Mohammad Bagher Ghalibaf, puissant président du Parlement iranien. Il a appelé à « l’unité ».
Lors d’un coup de fil, le président russe Vladimir Poutine a mis en garde Donald Trump. Il a évoqué les « conséquences dommageables » qu’aurait une nouvelle action militaire contre l’Iran, « non seulement pour l’Iran et ses voisins, mais aussi pour l’ensemble de la communauté internationale ».
À Washington, Pete Hegseth a essuyé une volée de bois vert lors de sa première audition à la Chambre des représentants depuis le début du conflit. Les démocrates ont multiplié les qualificatifs : « catastrophe géopolitique », « désastre stratégique », « incompétence », « blessure auto-infligée », « bourbier ».
Donald Trump a répliqué sur Truth Social. Les Iraniens « ont intérêt à devenir intelligents, et vite ! », a-t-il menacé.
Dans la capitale iranienne, certains habitants affichent leur fatalisme. « L’idée de revivre la guerre est terrifiante, mais nous n’avons pas non plus d’espoir quant à l’issue des négociations », confie Ali, architecte de 52 ans, joint par une journaliste de l’AFP à Paris.
Conséquences du blocus des ports iraniens et suite attendue
La flambée des prix de l’énergie menace de jeter plus de 30 millions de personnes dans la pauvreté dans le monde. L’alerte vient de l’administrateur du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), dans un entretien à l’AFP.
Sur le front libanais, Israël combat toujours le mouvement pro-iranien Hezbollah. Deux personnes, dont un militaire, ont été tuées dans une nouvelle frappe israélienne dans le sud du pays, selon l’armée libanaise. La veille, des bombardements israéliens avaient fait 19 morts, dont trois secouristes en mission.
Le président libanais Joseph Aoun a appelé Israël à « pleinement mettre en œuvre » le cessez-le-feu du 17 avril. Il l’a posé comme préalable à toute négociation directe de paix entre les deux pays. Aoun a dit attendre que les États-Unis fixent une date.
Dans un Liban plongé depuis des années dans une grave crise économique, l’alerte humanitaire s’aggrave. Le Programme alimentaire mondial (PAM) a averti que 1,2 million de personnes, sur 4 à 5 millions d’habitants, étaient menacées d’insécurité alimentaire aiguë.
Source : Agence France-Presse
















