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Hezbollah défie Israël au Liban : chars israéliens dans le sud, Beyrouth sous les bombes

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Trans Afrique

Hezbollah défie Israël au Liban : le chef du mouvement jure de tenir. Les chars israéliens progressent. Beyrouth tremble sous les frappes. Au quatrième jour d’une guerre régionale sans précédent, le pays bascule dans une spirale dont chaque heure repousse les limites.

Naïm Qassem sort du silence

Mercredi soir, Naïm Qassem prend la parole. C’est son premier discours depuis le début, samedi, de l’offensive américano-israélienne contre l’Iran. Le chef du Hezbollah pro-iranien ne recule pas. Il ne négocie pas. Il défie.

Le Hezbollah fera face à « l’agression israélo-américaine » et ne se rendra pas, martèle-t-il sur la chaîne de son parti. Derrière les mots, une réalité de feu : depuis lundi, son mouvement est entré en guerre contre Israël, affirmant vouloir « venger » la mort du guide iranien Ali Khamenei. Le Liban, lui, n’avait pas choisi ce conflit. Il le subit désormais de plein fouet.

Dans la nuit, le Hezbollah revendique au moins 23 attaques contre Israël en une seule journée. Parmi elles, une frappe de drones contre les industries aérospatiales israéliennes dans le centre du pays — une première. Pour la première fois, le mouvement atteint une région aussi éloignée de la frontière libanaise. Il revendique également un tir de « missile de précision » contre une base militaire dans le nord d’Israël.

Le message est clair : le Hezbollah élargit son rayon d’action. Et il compte bien le faire savoir.

Les chars israéliens entrent dans le sud

Sur le terrain, l’armée israélienne avance. Jeudi matin, elle émet de nouveaux ordres d’évacuation visant une banlieue de Beyrouth, avant de frapper des cibles qu’elle affirme liées au Hezbollah. La veille, elle avait déjà ordonné à tous les habitants d’une vaste zone du sud du Liban — entre la frontière et le fleuve Litani, à une trentaine de kilomètres au nord — de quitter leurs maisons.

Khiam, village situé à six kilomètres de la frontière israélienne, devient le symbole de cette offensive terrestre. Le Hezbollah y rapporte pour la première fois des affrontements « directs » avec des soldats israéliens. La Force intérimaire des Nations Unies au Liban (Finul) confirme : elle a observé « plusieurs mouvements et activités militaires de l’armée » israélienne dans plusieurs localités frontalières, dont Khiam.

Des vidéos de l’AFP montrent deux chars israéliens progresser dans les quartiers résidentiels du village. L’armée israélienne confirme avoir déployé « sur plusieurs positions » du sud du Liban des soldats, avec des unités « de l’infanterie, des blindés et du génie ».
Ce n’est plus seulement une guerre aérienne. C’est une entrée dans la profondeur du territoire libanais. Et le bilan s’alourdit : les autorités libanaises recensent désormais 72 morts et 83.000 déplacés depuis lundi.

Beyrouth visée, la panique gagne les quartiers résidentiels

Mercredi matin, une série de frappes s’abat sur la banlieue sud de Beyrouth, après des ordres d’évacuation israéliens. L’une d’elles vise un immeuble proche d’un important hôpital, selon un photographe de l’AFP. Plus au sud de la capitale, les quartiers d’Aramoun et de Saadiyat — zones résidentielles, loin des bastions du Hezbollah — sont également touchés.

Mais c’est une autre frappe qui provoque la stupeur. L’aviation israélienne cible pour la première fois un hôtel à Hazmieh, banlieue chrétienne de Beyrouth, à deux pas du palais présidentiel et de nombreuses missions diplomatiques. Des images de l’AFP montrent l’hôtel Comfort éventré, des chambres soufflées, des blessés recevant des soins dans la réception.

Lena, 59 ans, habite ce quartier cossu. Elle pensait que la banlieue sud, visible depuis ses fenêtres, était visée. « Je me suis bien trompée. À deux pas de chez moi, un hôtel était la cible cette fois-ci », confie-t-elle à l’AFP. Une phrase qui dit tout de la brutalité aveugle de cette guerre urbaine.

À l’est du pays, Baalbeck n’est pas épargnée. Un immeuble de quatre étages s’effondre dans cette ville millénaire où le Hezbollah est fortement implanté. Dans le district de Tyr, au sud, trois secouristes périssent alors qu’ils portent assistance à des blessés. Le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, réagit : « Les parties belligérantes doivent respecter le droit international humanitaire et protéger les professionnels de santé. »

Fausses alertes et terreur psychologique

La guerre frappe aussi les esprits. Mercredi, des habitants de plusieurs régions libanaises reçoivent sur leur téléphone un message enregistré leur ordonnant d’évacuer immédiatement. La panique se propage. Les routes se congestionne. Les familles fuient sans savoir vers où.

L’AFP n’a pas pu établir la véracité de ces alertes. Mais leur effet est réel, immédiat, dévastateur. Le poste-frontière de Masnaa, avec la Syrie, ferme brièvement ses portes avant qu’un responsable de sécurité confirme à l’AFP qu’il s’agissait d’une fausse alerte.
Vraie ou fausse, l’alerte produit son effet : elle sème le doute, paralyse, force à choisir entre rester et fuir.

Dans un pays où les cicatrices de 2006 ne sont pas effacées, où des générations entières ont grandi sous la menace, ce type de message déclenche une terreur pavlovienne. La guerre psychologique fait partie de l’arsenal. Elle fonctionne.
Jeudi matin, l’armée israélienne émet de nouveaux ordres d’évacuation, cette fois visant une banlieue de Beyrouth. Puis elle frappe. Le cycle recommence.

Un pays pris en étau

Le Liban n’a pas déclaré la guerre. Mais la guerre l’a rattrapé. Depuis lundi, le pays subit les conséquences d’un choix fait par le Hezbollah — attaquer Israël au nom de la solidarité avec l’Iran — sans que l’État libanais ait eu son mot à dire. C’est cette tragédie qui se joue en fond de scène : un peuple pris en étau entre un mouvement armé qui agit en son nom et une armée étrangère qui frappe son territoire.

Le bilan humain reflète cette réalité : 72 morts, 83.000 déplacés en moins de quatre jours. Trois secouristes tués en portant secours. Un hôtel soufflé dans un quartier diplomatique. Des chars dans les rues de villages du sud. Et, à Beyrouth, des habitants qui guettent le ciel en se demandant quel immeuble sera le prochain.

Naïm Qassem promet de « faire face ». L’armée israélienne promet de continuer « avec une force considérable » jusqu’au désarmement du Hezbollah. Entre ces deux volontés qui s’affrontent, le Liban absorbe les coups. Et compte ses morts.

Source : AFP – 4 mars 2026

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