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Ultimatum iranien sur le détroit d’Ormuz : le Pakistan presse Trump d’accorder deux semaines

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L’ultimatum iranien sur le détroit d’Ormuz expire ce mardi soir à minuit GMT. Le Pakistan, médiateur clé du conflit, presse Donald Trump d’accorder deux semaines supplémentaires à Téhéran. L’Iran répond qu’il est « prêt à tous les scénarios. »

La proposition pakistanaise, une porte de sortie diplomatique

Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif a publié mardi sur X une demande directe à Donald Trump : prolonger l’ultimatum de deux semaines. Islamabad joue un rôle de médiateur clé dans le conflit qui embrase le Moyen-Orient depuis 39 jours. M. Sharif estime que des « résultats substantiels » sont à portée, et qu’il faut « laisser la diplomatie suivre son cours. »

En contrepartie de ce délai supplémentaire, l’Iran s’engagerait à rouvrir le détroit d’Ormuz à la navigation maritime en signe de « bonne volonté », selon le Premier ministre pakistanais. Cette ouverture constituerait la première concession concrète depuis le déclenchement du conflit. Islamabad offre ainsi une sortie de crise qui éviterait un passage en force.

La porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, a confirmé que le président américain « est au courant de la proposition. » Une réponse est attendue, a-t-elle précisé, sans en indiquer la nature ni le délai. L’incertitude reste totale côté américain.

La proposition pakistanaise intervient alors que le conflit a déjà fait des milliers de morts dans la région. Elle reflète l’urgence ressentie par les États riverains face à une escalade qui menace à la fois les flux pétroliers mondiaux et les populations civiles.

L’ultimatum iranien sur le détroit d’Ormuz, dernier d’une longue série

Le délai en cours est le dernier d’une suite d’ultimatums lancés par Trump, repoussés à plusieurs reprises. Il court jusqu’à 20h00 à Washington, soit minuit GMT. L’Iran doit avoir rouvert le passage à cette heure précise.

Avant la guerre, 20 % du brut mondial transitait par ce détroit. L’Iran le bloque presque entièrement depuis le déclenchement du conflit. Cette guerre a été provoquée par une attaque conjointe israélo-américaine contre la République islamique, il y a 39 jours.

Trump a prévenu : « une civilisation entière va mourir ce soir » si Téhéran ne rouvre pas le passage. Il a ajouté : « Je ne veux pas que cela se produise, mais ce sera probablement le cas. » Ces menaces sont les plus directes qu’il ait formulées depuis le début du conflit.

Karoline Leavitt a reconnu que Trump est « seul » à savoir « ce qu’il va faire » en Iran. Des adversaires politiques du président interprètent ses déclarations contradictoires comme le signe de troubles cognitifs. Son entourage réfute catégoriquement cette analyse.

Veto russo-chinois au Conseil de sécurité

Quelques heures avant l’expiration de l’ultimatum, la Chine et la Russie ont exercé leur droit de veto au Conseil de sécurité de l’ONU. Le texte soumis au vote réclamait le déblocage du détroit. Les pays du Golfe espéraient un feu vert onusien pour libérer le passage de force. Ce double veto ferme définitivement cette voie.

Le Koweït a exhorté ses citoyens à rester chez eux à partir de minuit. Le principal port de Bahreïn suspend ses opérations dès mercredi. Ces décisions illustrent la vive inquiétude d’une région déjà meurtrie, où le conflit a fait des milliers de morts depuis son déclenchement.

En Iran, des civils ont formé des chaînes humaines autour de centrales électriques, selon des images des médias d’État. Ces gestes spontanés traduisent la crainte d’une attaque imminente sur les infrastructures vitales du pays.

Réactions internationales : condamnations en cascade

Les déclarations de Trump ont déclenché une vague de condamnations. Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a estimé qu' »aucun objectif militaire ne justifie la destruction massive des infrastructures d’une société. » Il a rappelé l’interdiction formelle « d’infliger de manière délibérée de telles souffrances aux populations civiles. »

L’ambassadeur iranien à l’ONU, Amir Saeid Iravani, a dénoncé des propos « profondément irresponsables. » Le pape Léon XIV a jugé « inacceptable » la menace contre le peuple iranien. « Il y a certainement des questions de droit international, mais bien plus que cela, c’est une question morale », a-t-il déclaré.

Amnesty International a dénoncé « une cruauté d’une ampleur effroyable. » Ces condamnations convergent autour d’un même constat : la rhétorique américaine franchit les limites du droit international humanitaire.

Le vice-président JD Vance s’est dit « optimiste quant au fait qu’on parvienne à une bonne issue. » Il a néanmoins averti que les Iraniens devaient « savoir que nous avons des outils dans notre arsenal que, jusqu’ici, nous n’avons pas décidé d’utiliser. » Ces propos ont été interprétés comme une allusion à l’arme nucléaire. La Maison Blanche a démenti formellement cette lecture.

Frappes, bilan humain et risque de crise humanitaire

Sur le terrain, des ponts, des voies ferrées et une autoroute ont été pris pour cible au 39e jour du conflit. Israël, qui dit vouloir « intensifier les dommages causés au régime » iranien, affirme avoir frappé des infrastructures utilisées par les Gardiens de la Révolution, l’armée idéologique de la République islamique.

Des frappes ont visé l’île de Kharg, point névralgique de l’industrie pétrolière iranienne, selon l’agence iranienne Mehr. Des bombardements ont également touché la province d’Alborz, au nord du pays. Dix-huit personnes ont été tuées lors de ces dernières attaques.

Le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, Volker Türk, a rappelé que cibler les infrastructures civiles constitue « un crime de guerre. » Des experts alertent sur le risque d’une catastrophe humanitaire si les centrales électriques sont détruites. Au Liban, où Israël combat le Hezbollah pro-iranien, les frappes depuis le 2 mars ont fait plus de 1 500 morts.

L’ultimatum iranien sur le détroit d’Ormuz, vécu de l’intérieur

L’Iran continue de menacer de priver les États-Unis et leurs alliés de pétrole et de gaz « pendant des années. » Ses forces frappent quotidiennement les pays du Golfe accusés d’aider Washington. Le conflit ne montre aucun signe d’apaisement.

À Téhéran, les habitants réagissent de façon contrastée face aux nouvelles menaces américaines. Morteza Hamidi, retraité de 62 ans, balaie le nouvel ultimatum : Trump « a changé les dates tellement de fois que nous sommes désormais insensibles à ses menaces. »

La journaliste iranienne Elaheh Mohammadi a témoigné sur X : « Pour nous, la guerre n’est pas seulement une Une ou une analyse politique, c’est l’effondrement de la vie (…) Votre guerre est notre cauchemar nocturne. » Ce témoignage résume l’état d’une population qui vit sous les bombes depuis plus d’un mois.

Source : Agence France-Presse

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