Sans Mbappé, mais porté par un Vinicius Junior incandescent, le Real Madrid a arraché sa qualification pour les huitièmes de finale de la Ligue des champions. Dans un Santiago Bernabéu sous tension, le Brésilien a répondu sur le terrain aux insultes racistes dont il accuse Gianluca Prestianni, suspendu. Benfica, combatif et poussé par plus de 4 000 supporters, a longtemps cru pouvoir renverser le géant madrilène. Mais le symbole a fini par l’emporter.
Sans Mbappé, le Real vacille mais s’accroche
Le Real Madrid avançait diminué. Kylian Mbappé, forfait, manquait à l’appel. En face, Benfica arrivait sans Gianluca Prestianni, suspendu provisoirement après les accusations d’insultes racistes visant Vinicius Junior. Le décor était posé. La tension aussi.
Dès les premières minutes, les supporters portugais ciblent Vinicius. Ils le sifflent. L’interpellent. Tentent de le déstabiliser. Le Brésilien ne cède pas. Encaisse. Attend son moment.La riposte viendra—pas tout de suite.
Benfica, malgré l’absence de José Mourinho — expulsé à l’aller et relégué dans une cabine — entre mieux dans le match.
L’équipe portugaise joue sans complexe. Elle presse. Ose. Étouffe un Real trop passif.
Et la sanction tombe. À la 14e minute, sur un centre mal dégagé, Raúl Asencio dévie involontairement le ballon dans ses propres filets. Rafa Silva rôde. Le Bernabéu se fige. Benfica mène. Le Real tremble.
Tchouaméni relance Madrid, mais la défense craque
Le Real doit réagir. Immédiatement.
Deux minutes plus tard, Nicolás Otamendi commet l’erreur de trop. Une relance hasardeuse. Un ballon rendu. Aurélien Tchouaméni surgit. Frappe instantanée. Filet opposé. 1-1. Le Français signe son premier but de la saison en C1. Il appelle au calme. Le stade respire. Mais seulement un instant.
Car Benfica continue de transpercer la défense madrilène. Trent Alexander‑Arnold souffre.
Débordé dans son dos. Emporté par le rythme. Submergé par l’intensité.
Arda Güler pense libérer le Real. Opportuniste, il marque. Mais la VAR intervient. Hors‑jeu de Gonzalo García. But annulé. Le Bernabéu gronde. Benfica repart à l’assaut.
Thibaut Courtois, lui, tient la baraque. Encore. Toujours.
À la 37e minute, il sort une parade décisive devant Richard Rios. Une main ferme. Un geste salvateur. Un arrêt qui maintient le Real en vie.
La mi‑temps approche. Le Real doute. Benfica y croit.
Benfica pousse, le Real chancelle
La seconde période repart au même tempo.
L’équipe portugaise avance. Elle frappe. Elle menace.
À l’heure de jeu, Rafa Silva trouve la barre transversale. Le Bernabéu retient son souffle. Courtois est battu. Le Real vacille. Le Real frôle la catastrophe.
Puis vient Pavlidis.
À la 69e minute, le Grec se présente à l’entrée de la surface. Frappe rasante. Le poteau gauche de Courtois frôle la balle. Le Real survit encore. Mais pour combien de temps ?
Le match bascule dans la tension pure.
À la 77e minute, choc aérien. Raúl Asencio s’effondre. Le jeu s’arrête. Les soigneurs accourent. Minerve. Civière. Silence. Le football s’efface. L’inquiétude domine.
Quand le jeu reprend, Benfica veut en finir. Le Real, lui, attend une ouverture. Elle viendra. Elle portera un nom. Toujours le même. Vinicius.
Vinicius répond sur le terrain et scelle la qualification
80e minute.
Federico Valverde récupère. Regarde. Lance.
Vinicius Junior part dans le dos de la défense. Contrôle. Finition du plat du pied droit. Filet. 2-1.
Le Bernabéu explose.
Le symbole aussi.
Car ce but n’est pas seulement décisif. Il est politique. Il est moral. C’est une réponse. Une réponse à ce qu’il a vécu. À ce qu’il a dénoncé. À ce qu’il subit depuis des mois.
« Rien ne peut justifier un acte raciste », avaient martelé Álvaro Arbeloa et Thibaut Courtois.
Le public madrilène avait repris le message. Banderoles « Non au racisme ». « Respect ». L’UEFA en soutien. Le stade en écho.
Vinicius, lui, danse. À Lisbonne, il avait déjà lancé le mouvement. Une promesse tenue. Un défi assumé. Une affirmation, claire et directe.
Et cette fois, cette danse propulse le Real Madrid en huitièmes de finale.
Un Real qualifié, mais loin d’être rassurant
Le Real Madrid reste le club le plus titré de l’histoire de la Ligue des champions. Quinze trophées. Une légende. Une institution. Mais ce soir, il a frôlé la sortie de route.
Sans Mbappé, sans rythme, sans maîtrise, le Real subit.
Benfica, pourtant privé de Prestianni et de Mourinho, domine de larges séquences.
Inquiète. Frappe. Trouve la barre. Fait trembler le Bernabéu.
Le Real s’en sort grâce à deux éclairs :
– Tchouaméni, pour relancer.
– Vinicius, pour délivrer.
Et grâce à Courtois, encore monumental.
Mais la copie madrilène interroge.
La défense craque trop souvent. Le milieu manque de liant. L’attaque dépend trop de Vinicius. Et l’absence de Mbappé pèse lourd.
Pourtant, le Real avance.
La qualification tombe. L’équipe respire enfin.La survie sportive s’impose, presque arrachée. Et parfois, en Ligue des champions, survivre suffit.
Un match marqué par le symbole
Au-delà du score, ce match restera comme un épisode de plus dans le combat contre le racisme dans le football.
Vinicius Junior, cible régulière, a encore été siflé. Encore provoqué. Encore testé.
Il a répondu.
Pas avec des mots.
Un but a parlé pour lui.
Une danse a prolongé le message.
Un geste a tout éclairé.
Ce soir‑là, le football a dépassé le jeu.
Le terrain est devenu un espace de vérité.
Chaque action portait un sens.
Chaque réaction révélait un combat.
Le match a raconté une lutte.
Une lutte intime, menée sous les projecteurs.
Une victoire aussi, bien plus large que le score.
Elle s’est jouée sur la pelouse, puis a débordé au‑delà.
Dans les regards. Dans les discussions. Et dans ce moment où un joueur a transformé l’offense en affirmation.
Source: Agence France‑Presse
















