Israël anéantit le programme nucléaire iranien et balistique, a affirmé samedi soir Benjamin Netanyahu dans une allocution télévisée. Ces déclarations surviennent alors que des négociateurs iraniens et américains se réunissent à Islamabad pour tenter d’obtenir un cessez-le-feu durable, deux semaines après l’entrée en vigueur d’une trêve fragile.
L’offensive israélienne contre l’Iran : destruction revendiquée
Benjamin Netanyahu a pris la parole samedi soir pour dresser un bilan martial de la campagne militaire israélienne contre l’Iran. Selon lui, les frappes israéliennes ont atteint leurs objectifs stratégiques. Le Premier ministre a affirmé que son pays avait réussi à « anéantir le programme nucléaire et à anéantir le programme de missiles » iraniens.
Netanyahu a insisté sur l’ampleur des dégâts causés aux capacités iraniennes. Il a déclaré que l’Iran ne disposait désormais « plus une seule installation d’enrichissement en état de fonctionner ». Cette affirmation unilatérale n’a pas été vérifiée de manière indépendante.
Les faits : une guerre déclenchée le 28 février
Le conflit trouve son origine dans une attaque conjointe américano-israélienne contre l’Iran, lancée le 28 février. Depuis, la région vit au rythme d’une escalade militaire majeure. Un accord de cessez-le-feu entre l’Iran et les États-Unis est entré en vigueur mercredi, pour une durée de deux semaines.
Le guide suprême iranien Ali Khamenei a été tué dès le premier jour des frappes. Netanyahu a justifié l’attaque en affirmant que Khamenei avait « cherché à enfouir la production de missiles et la production nucléaire très, très profondément sous une montagne », rendant selon lui une intervention militaire inévitable.
Des négociations directes ont depuis débuté à Islamabad entre de hauts responsables iraniens et américains. Leur objectif : parvenir à une trêve durable qui mette fin aux hostilités.
Contexte : le front libanais reste ouvert
Le cessez-le-feu irano-américain ne couvre pas le Liban. Israël maintient que le conflit qu’il mène contre le Hezbollah relève d’un front distinct. L’armée israélienne combat le mouvement chiite depuis le 2 mars, date à laquelle le Hezbollah a lancé des frappes contre Israël en représailles à la mort de Khamenei.
Israël a répondu par des frappes aériennes massives à travers le Liban et par une offensive terrestre dans le sud du pays. Mercredi, des attaques simultanées et d’une ampleur sans précédent ont causé plus de 350 morts, selon le ministère libanais de la Santé. L’armée israélienne a de son côté affirmé avoir éliminé plus de 180 membres du Hezbollah lors de ces mêmes frappes.
Netanyahu a précisé qu’il avait posé deux conditions à tout accord avec Beyrouth : le désarmement du Hezbollah et la conclusion d’un « véritable accord de paix qui tiendra pour des générations ». Des négociations directes avec le Liban ont néanmoins été annoncées, avec une rencontre prévue mardi à Washington.
Israël anéantit le programme nucléaire iranien : les déclarations de Netanyahu
Sur le plan rhétorique, Netanyahu a adopté un ton offensif et triomphaliste. « Ils voulaient nous étrangler, et maintenant c’est nous qui les étranglons », a-t-il lancé, en référence à l’Iran, au Hezbollah et aux rebelles houthis du Yémen, alliés régionaux de Téhéran. « Ils nous menaçaient d’anéantissement, et maintenant ils se battent pour leur survie », a-t-il ajouté.
Le Premier ministre a également annoncé la création d’une « zone tampon de sécurité de huit à dix kilomètres » à l’intérieur du territoire libanais depuis la frontière israélienne. Cette zone vise, selon lui, à repousser la menace des roquettes du Hezbollah sur les localités du nord d’Israël.
Ces déclarations ont été diffusées au moment même où environ 800 manifestants se rassemblaient à Tel-Aviv pour protester contre les guerres en Iran et au Liban. Des banderoles affichaient le message « Nous n’avons pas confiance ! », et des slogans accusaient Netanyahu de chercher à saboter le cessez-le-feu avec l’Iran.
Contestation interne et accusations de sabotage
La contestation s’est exprimée dans les rues de Tel-Aviv. Parmi les manifestants, Martin Goldberg, 61 ans, a livré une analyse directe des événements. « Ce qui s’est passé immédiatement après le cessez-le-feu en Iran, c’est qu’Israël a lancé l’une de ses plus importantes attaques au Liban, ce qui, à mon avis, était une tentative de saboter la trêve », a-t-il déclaré.
Ces manifestations illustrent une tension croissante au sein de la société israélienne. Une partie de la population remet en cause la stratégie militaire du gouvernement. La simultanéité entre l’entrée en vigueur du cessez-le-feu et les frappes massives au Liban alimente les soupçons sur les véritables intentions du gouvernement Netanyahu.
Conséquences et suite attendue
Les prochains jours s’annoncent décisifs sur plusieurs fronts. À Islamabad, les négociations irano-américaines se poursuivent avec pour enjeu la consolidation d’une trêve qui tient depuis mercredi. À Washington, une rencontre entre représentants israéliens et libanais est prévue mardi.
Sur le terrain, la guerre au Liban continue. L’armée israélienne maintient sa présence dans le sud du pays et conserve sa zone tampon. Le Hezbollah poursuit ses opérations. Aucun cessez-le-feu n’est en vigueur sur ce front.
Une question centrale domine désormais les discussions diplomatiques. Les déclarations de Netanyahu sur la destruction des capacités iraniennes peuvent-elles modifier la dynamique des négociations en cours ?
Les délégations réunies à Islamabad apporteront les premières réponses. Les réponses viendront des délégations réunies à Islamabad, et de l’évolution de la situation militaire sur le terrain libanais.
Source : Agence France-Presse















