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Le FMI sur la guerre et les mesures ciblées : Georgieva met en garde les gouvernements contre les politiques indiscriminées

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Le FMI sur la guerre et les mesures ciblées — c’est le message central que Kristalina Georgieva adresse aux gouvernements ce jeudi 9 avril dans un entretien accordé à l’AFP. La directrice générale du Fonds monétaire international exige des États qu’ils ne « fassent pas plus de mal » à leurs économies avec des dispositifs d’aide mal calibrés. Elle réclame des actions « restreintes et temporaires » face aux retombées économiques du conflit au Moyen-Orient.

Un avertissement direct aux gouvernements

La fermeture du détroit d’Ormuz et la destruction d’installations pétrolières dans les pays du Golfe ont déclenché « un choc négatif d’approvisionnement ». Ce choc « va inévitablement faire du mal » aux populations, souligne Georgieva. Les pays les plus vulnérables en subissent les effets les plus violents.

Les États ressentent une pression forte pour réagir. Georgieva reconnaît qu’il est légitime d’envisager des mesures de soutien aux populations. Mais elle impose une condition absolue : ces mesures doivent demeurer « ciblées, restreintes et temporaires ».

Toute aide doit en priorité atteindre les groupes les plus fragiles. Des dispositifs universels et indiscriminés affaiblissent les finances publiques sans protéger ceux qui en ont réellement besoin. Georgieva l’affirme sans détour : il faut « privilégier les groupes les plus vulnérables plutôt que d’être indiscriminés ».

Le FMI sur la guerre et les mesures ciblées : la discipline budgétaire comme condition

Kristalina Georgieva place la rigueur budgétaire au cœur de sa réponse au choc. Cette exigence s’impose surtout aux économies qui disposent de peu de marge de manœuvre. « Il faut faire preuve de discipline budgétaire », insiste-t-elle.

La directrice générale ne minimise pas les difficultés politiques de cette ligne. Adopter des politiques de rigueur en période de crise reste impopulaire. « Ce ne sont pas des politiques très populaires, c’est même difficile », concède-t-elle.

Les banques centrales jouent un rôle décisif dans ce dispositif. Elles devront « agir rapidement » si l’inflation repart à la hausse sous l’effet du choc énergétique. Des dépenses budgétaires gouvernementales simultanées compliqueraient leur travail et « provoqueraient plus de mal économiquement », avertit Georgieva.

La coordination entre politique monétaire et politique budgétaire devient donc déterminante. Chaque décision prise sans concertation risque d’amplifier le choc initial. La discipline budgétaire, dans ce contexte, n’est pas une posture idéologique : c’est une condition de stabilité pour de nombreuses économies.

Contexte : le détroit d’Ormuz et la fragmentation mondiale

La guerre au Moyen-Orient a reconfiguré les équilibres énergétiques à l’échelle mondiale. La fermeture du détroit d’Ormuz a coupé un axe de transit essentiel pour les hydrocarbures du Golfe. La destruction d’installations pétrolières aggrave ce blocage et pèse durablement sur l’offre mondiale.

L’Asie supporte une part disproportionnée de ce choc. Georgieva le souligne avec précision : les économies asiatiques tirent 80 % de leur pétrole et environ 60 % de leur consommation de gaz de la région du Golfe. Cette dépendance structurelle les expose à un impact particulièrement sévère.

Ce choc énergétique survient dans un environnement mondial déjà fragilisé. La fragmentation croissante de l’économie internationale complique toute réponse coordonnée efficace. Georgieva le reconnaît : la coordination mondiale « apporte le plus de bénéfices », mais elle « devient plus difficile dans un monde aux centres d’influence multiples ».

La directrice générale trace néanmoins des pistes d’action collective. Elle appelle les États à renforcer leurs liens régionaux, qu’elle présente comme « une opportunité pour ajouter de la croissance potentielle ». Elle réclame aussi une réduction des barrières non tarifaires, estimées « nettement plus » dommageables que les droits de douane dans de nombreux cas.

Réactions et déclarations : Georgieva devant l’AFP

Dans son entretien accordé à l’AFP, Kristalina Georgieva formule ses attentes avec précision. Son message aux dirigeants politiques dépasse les principes généraux : il fixe des obligations concrètes. Elle ne laisse pas de place à l’ambiguïté sur les priorités du Fonds.

Sur les banques centrales, elle est directe. « Les banques centrales vont devoir être attentives », déclare-t-elle. Elles devront « agir rapidement en cas d’impact à la hausse sur l’inflation ».

Georgieva espère que les réunions à venir permettront aux gouvernements d’assumer des choix difficiles. Si ces réunions parviennent à « donner aux gouvernements le courage nécessaire pour agir de la sorte », dit-elle, « ce sera un très bon résultat ». Cette ambition politique structure l’ensemble de sa prise de parole.

Le FMI sur la guerre et les mesures ciblées : entre 20 et 50 milliards supplémentaires en vue

Les réunions de printemps du FMI et de la Banque mondiale se tiennent la semaine prochaine à Washington. Elles placeront les retombées économiques de la guerre en Iran au premier rang des discussions. Georgieva les présente comme un rendez-vous décisif pour évaluer les besoins réels, « pays par pays ».

Le Fonds a déjà reçu deux demandes de financements d’urgence depuis le début du conflit. Plusieurs autres pays ont signalé leur intention de solliciter un nouveau programme ou une aide d’urgence. Les besoins supplémentaires pourraient atteindre entre 20 milliards et 50 milliards de dollars.

Des pays comme le Sri Lanka, le Bangladesh, l’Égypte, la Jordanie et le Pakistan font déjà l’objet de discussions actives avec le FMI. Pour le Sri Lanka, les échanges portent sur « la manière de calibrer le programme, du fait de l’impact » du conflit. Des ajustements comparables sont en cours ou envisagés pour les autres économies citées.

La réponse du FMI prendra plusieurs formes selon les cas. Elle inclura l’accélération des déboursements dans les programmes déjà actifs. Des financements complémentaires restent envisageables, en fonction de l’ampleur du choc dans chaque économie nationale.

Les réunions de Washington ne se limiteront pas à l’aspect énergétique. L’impact du conflit sur les secteurs stratégiques de chaque économie nationale sera également passé en revue. Georgieva entend faire de cette semaine un moment de diagnostic rigoureux autant que de mobilisation politique.

Source : Agence France-Presse

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