La fin de saison pour Mbappé n’est plus un scénario théorique. Touché au genou gauche et forfait contre Benfica, l’attaquant du Real Madrid arrive au bout de ce que son corps peut encaisser. Les mois d’efforts accumulés l’ont usé, et le dilemme devient brutal : continuer à jouer au risque d’aggraver la blessure, ou s’arrêter maintenant pour préserver l’objectif ultime, le Mondial‑2026.
Un genou qui lâche au pire moment
Le coup d’arrêt tombe au moment le plus critique. Touché au genou gauche, Kylian Mbappé renonce au match contre Benfica. Le Real Madrid perd son atout majeur, et la capitale espagnole retient son souffle. L’attaquant français paie des mois d’efforts pour porter l’équipe, souvent à bout de forces, parfois en serrant les dents.
À un peu plus de 100 jours du Mondial‑2026, marqué en rouge dans son calendrier, le capitaine des Bleus doit lever le pied. La blessure n’est pas nouvelle. Depuis fin 2025, une lésion du ligament externe du genou gauche le handicape. Il a continué malgré tout, par nécessité, par ambition, par devoir envers son club.
Cette fois, la douleur devient trop forte. Mardi, il déclare forfait après avoir ressenti « une douleur trop persistante » à l’entraînement, selon plusieurs sources jointes par l’AFP, confirmant les informations de L’Équipe. Le Real n’a plus le choix : Mbappé doit se reposer au moins une dizaine de jours. Une pause qu’il n’a jamais vraiment pu s’accorder.
Son entraîneur, Álvaro Arbeloa, l’admet publiquement. « Nous en avons discuté avec lui et avec les médecins, et nous croyons que le mieux pour lui c’est qu’il s’arrête, qu’il se rétablisse et qu’il revienne à 100% », déclare‑t‑il au micro de Movistar+ avant le match retour contre Benfica.
L’annonce de son absence, officialisée mercredi, refroidit Madrid. Le timing est terrible : quatre jours plus tôt, le Real s’inclinait 2‑1 en Liga face à Osasuna. La pression monte.
Un joueur indispensable, un club dépendant
Plus que sa quête personnelle de titres — après une première saison madrilène sans trophée majeur — c’est le contexte qui explique son acharnement à jouer. Le Real exige des résultats immédiats. Mbappé le sait. Il a voulu tenir son rang, même diminué.
Arbeloa le souligne : « C’est important de mettre en valeur l’immense effort de Kylian et le fait qu’il essaye de nous aider sur le terrain. Je pense que chaque défenseur qui l’a en face sait que, sur n’importe quelle action, il peut décider du scénario. » Mardi encore, le coach estimait Mbappé « prêt à jouer ».
Difficile d’imaginer où en serait le Real sans lui. Ses chiffres parlent d’eux‑mêmes : 38 buts en 33 matchs, toutes compétitions confondues. Depuis son arrivée à l’été 2024, il sauve régulièrement son équipe, parfois à lui seul.
Début janvier, il avait été laissé au repos lors de l’élimination à Albacete en Coupe du Roi. Une pause forcée, après avoir précipité son retour pour la finale de la Supercoupe d’Espagne perdue face au Barça (3‑2). Ensuite, il enchaîne six matchs complets, neuf buts à la clé. Une cadence intenable.
Le Real a parfois gagné sans lui, grâce au rebond de Vinicius Junior ou au sens du but du jeune Gonzalo García. Contre le Betis (5‑1) ou la Real Sociedad (4‑1), l’équipe a tenu. Mais ces éclaircies ne suffisent pas à masquer la dépendance madrilène. En Ligue des champions, Mbappé reste le meilleur buteur : 13 réalisations en huit matchs.
Sans lui, la Maison Blanche perd son accélérateur, son finisseur, son assurance‑vie.
Un calendrier explosif et un Mondial en ligne de mire
La suite s’annonce délicate. En cas d’élimination contre Benfica, le Real entrerait dans une nouvelle crise. Le staff pourrait alors être tenté de pousser Mbappé à revenir plus vite, comme l’an dernier. Une stratégie risquée, déjà tentée, déjà perdue.
Si le Real se qualifie, la pression ne retombe pas. Les huitièmes de finale arrivent vite, face à Manchester City ou au Sporting Portugal (10‑11 mars). La Maison Blanche aura besoin de lui.
La trêve internationale du 23 au 30 mars pourrait offrir une fenêtre de repos. L’équipe de France affrontera le Brésil et la Colombie aux États‑Unis, à deux mois et demi du Mondial. Un moment idéal pour souffler ? Rien n’est moins sûr.
Didier Deschamps doit annoncer sa liste le 19 mars. La tournée inclut aussi des opérations promotionnelles avec Nike, équipementier de la FFF et du joueur. Dans ce contexte, il n’est pas certain que Mbappé soit laissé au repos. Le risque de raviver le conflit club‑sélection existe.
Selon une source proche des Bleus, Mbappé reste en « contact régulier » avec Deschamps. Le dialogue est constant, mais la décision finale sera lourde de conséquences.
Un choix stratégique : s’arrêter maintenant ou jouer blessé ?
La situation place Mbappé devant un dilemme. Continuer, c’est risquer d’aggraver une blessure déjà ancienne. S’arrêter, c’est laisser son club dans la tourmente. Le Mondial approche. Le Real tremble. La France observe.
Le joueur, lui, avance sur une ligne de crête. Son corps envoie des signaux clairs. Le calendrier, lui, ne laisse aucun répit. La tension monte, match après match, décision après décision.
Le Real Madrid doit trancher. L’équipe de France aussi. Mbappé, surtout, doit choisir entre l’urgence du présent et l’enjeu colossal de l’été 2026.
Une saison peut basculer sur un ligament. Une Coupe du monde peut se perdre sur une rechute. Le débat ne fait que commencer.
Source: Agence France‑Presse
















