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Camerounais morts en Ukraine : Moscou confirme 16 décès, Yaoundé reconnaît l’enrôlement

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La Russie a officiellement confirmé la mort de 16 Camerounais engagés dans ses rangs sur le front ukrainien. Cette reconnaissance, transmise par l’ambassade russe à Yaoundé, force le gouvernement camerounais à admettre pour la première fois l’implication de ses ressortissants dans le conflit. Les familles des victimes ont été convoquées dès lundi.

La Russie confirme 16 Camerounais morts en Ukraine

Une note interne du gouvernement camerounais, diffusée lundi 6 avril, acte la confirmation russe. Les 16 soldats camerounais décédés servaient comme « militaires contractuels » au sein des forces armées russes. Ils opéraient dans ce que Moscou appelle la « zone d’opération militaire spéciale » — désignation officielle de l’offensive russe contre l’Ukraine.

La note émane du ministère camerounais des Relations extérieures. Elle accuse réception de la liste des défunts transmise par l’ambassade de Russie à Yaoundé. Aucun détail n’accompagne ce document : ni dates de décès, ni circonstances, ni localisation géographique des faits.

Les familles appelées à se manifester

Le gouvernement camerounais a diffusé un communiqué lundi sur les ondes de la radio publique CRTV. Les proches des 16 soldats morts y ont été invités à prendre contact avec le ministère des Relations extérieures. Cette démarche constitue la première reconnaissance officielle de Yaoundé sur ce dossier.

Jusqu’à présent, les autorités camerounaises n’avaient jamais admis publiquement l’engagement de ressortissants camerounais dans ce conflit. Plusieurs médias avaient pourtant relayé la détresse de familles camerounaises dont des proches avaient été enrôlés par la Russie.

Un contexte africain plus large

Les Camerounais morts en Ukraine ne constituent pas un cas isolé sur le continent. L’Ukraine estime que près de 1 800 Africains ont rejoint les forces russes depuis le début du conflit.

Mi-février 2026, le collectif All Eyes on Wagner (AEOW) a publié une liste de 1 417 Africains recrutés par Moscou entre janvier 2023 et septembre 2025. Parmi eux, plus de 300 sont morts sur le front. Selon ce recensement, les Égyptiens, les Camerounais et les Ghanéens forment les contingents les plus importants.

Ces chiffres illustrent une réalité que plusieurs gouvernements africains peinent encore à reconnaître officiellement. Le cas camerounais marque une rupture dans cette posture de déni.

Des recrutements sous couvert de fausses promesses

Les conditions d’enrôlement suscitent de vives inquiétudes. Dans plusieurs pays africains, des ressortissants ont signalé des pratiques trompeuses. Des intermédiaires leur auraient promis des formations professionnelles ou des offres d’emploi. Ces propositions masquaient en réalité un recrutement forcé dans l’armée russe.

Ce mode opératoire a provoqué une crise politique majeure au Kenya. Des centaines de familles kényanes ont découvert la supercherie après l’engagement de leurs proches. La réaction du gouvernement de Nairobi a été ferme et immédiate.

Camerounais morts en Ukraine : l’épisode kényan comme précédent

Le 16 mars 2026, le chef de la diplomatie kényane Musalia Mudavadi s’est rendu à Moscou. Il a obtenu de la Russie l’engagement d’arrêter tout recrutement de ressortissants kényans pour combattre en Ukraine. Cette démarche diplomatique constitue un précédent sur le continent.

Aucune initiative comparable n’a été annoncée par Yaoundé à ce stade. Le gouvernement camerounais se limite pour l’heure à recenser les victimes et à contacter les familles. Les 16 Camerounais morts en Ukraine restent sans explication officielle sur les conditions de leur décès.

Enjeux diplomatiques et réactions attendues

La divulgation de cette liste place le Cameroun face à une question diplomatique délicate. Yaoundé entretient des relations avec Moscou tout en maintenant des liens avec des partenaires occidentaux engagés aux côtés de l’Ukraine.

La reconnaissance de ces 16 décès ouvre plusieurs fronts. Les familles attendent des réponses sur les circonstances de la mort de leurs proches. La société civile et les médias camerounais réclament une transparence que l’État n’a pas encore offerte.L’ambassade de Russie à Yaoundé n’a rendu publique aucune déclaration à ce jour.

Le collectif All Eyes on Wagner continue de documenter l’enrôlement d’Africains par Moscou. Ses données alimentent un débat continental sur la responsabilité des États face aux engagements individuels de leurs ressortissants dans des conflits étrangers.

Source : Agence France-Presse

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