Un avion de combat américain s’est écrasé dans le sud-ouest de l’Iran. Les forces des deux camps se livraient samedi à une course contre la montre pour retrouver les deux membres d’équipage. Avion américain abattu en Iran : c’est le premier revers sérieux de l’aviation américaine depuis le déclenchement de la guerre le 28 février par les États-Unis et Israël contre la République islamique.
Premier chasseur américain abattu en Iran depuis le début du conflit
Un chasseur-bombardier F-15E américain s’est écrasé dans le sud-ouest de l’Iran, ont rapporté des médias américains vendredi. Les deux membres d’équipage ont éjecté de l’appareil. C’est la première perte d’un avion de combat américain sur le sol iranien depuis l’ouverture des hostilités.
L’un des deux aviateurs a été secouru dans la zone du crash, ont précisé ces mêmes médias. Le sort du second restait inconnu samedi. Des hélicoptères et avions américains survolaient à basse altitude les environs, selon des photos et vidéos circulant sur les réseaux sociaux et dans les médias iraniens, authentifiées par le New York Times et le Washington Post.
La télévision d’État iranienne dans la région de Kohgiluyeh et Boyer-Ahmad a diffusé des images présentées comme celles de l’épave. Elle a en parallèle promis une « généreuse récompense » à quiconque livrerait les pilotes aux autorités. L’appel a été diffusé sur l’antenne régionale de la chaîne publique Irib.
Avion américain abattu Iran : les Gardiens de la Révolution revendiquent, un second appareil touché
Les Gardiens de la Révolution, l’armée idéologique de la République islamique, ont détruit le F-15E à l’aide d’un système de défense antiaérienne. Un porte-parole des forces armées iraniennes a confirmé l’information. « Des recherches supplémentaires sont en cours », a-t-il déclaré.
Ce même jour, l’armée iranienne a annoncé avoir touché un second avion américain, de type A-10. L’appareil s’est ensuite abîmé dans le Golfe, selon une déclaration relayée par la télévision d’État (Irib). Le New York Times avait auparavant signalé la chute d’un avion américain près du détroit d’Ormuz, son unique pilote ayant été secouru sain et sauf.
Pour les aviateurs éjectés, chaque minute est décisive. Selon un pilote de chasse occidental interrogé par l’AFP, la première chose à faire en cas d’éjection en territoire hostile « est de se planquer et d’essayer de se signaler à ses camarades ». Chaque pilote porte un gilet de combat contenant une balise codée radio-GPS capable de transmettre sa position aux équipes de secours.
Contexte : une guerre lancée le 28 février, des milliers de morts
Plus d’un mois s’est écoulé depuis le début du conflit. Les États-Unis et Israël ont déclenché la guerre le 28 février contre la République islamique. Des milliers de personnes ont péri depuis, en grande majorité en Iran et au Liban.
Avant cet incident, aucun soldat américain n’avait été tué ni capturé sur le sol iranien. Treize militaires américains ont néanmoins perdu la vie au Koweït, en Arabie saoudite et en Irak. L’écrasement du F-15E constitue un premier contact direct entre l’aviation américaine et les défenses iraniennes en Iran même.
L’Iran poursuit simultanément ses frappes de missiles contre Israël et les monarchies du Golfe, alliées des États-Unis. Ces attaques sont présentées par Téhéran comme des représailles aux frappes sur son territoire. Elles répondent également aux menaces répétées de Donald Trump de ravager les infrastructures iraniennes.
Un ressortissant égyptien a été tué aux Émirats arabes unis lors d’une attaque contre un complexe gazier de Habshan, dans l’émirat d’Abou Dhabi. Des frappes iraniennes ont touché une raffinerie, une centrale électrique et une installation de dessalement au Koweït. Au Liban, autre front actif du conflit, l’armée israélienne a détruit un pont dans l’est du pays.
Réactions et citations : Washington minimise, un ingénieur iranien témoigne
La Maison Blanche a tardé à réagir. Après un long silence, elle s’est contentée d’indiquer que Donald Trump avait « été tenu informé » de la perte de l’appareil. Aucun détail militaire supplémentaire n’a été communiqué.
Dans une brève interview téléphonique à NBC, le président américain a affirmé que cet incident ne changeait « rien du tout » à la tenue d’éventuelles négociations avec Téhéran. Cette déclaration tranche avec la réalité du terrain. La perte d’un F-15E représente un précédent inédit depuis le début du conflit.
Sur les lieux d’un pont en construction détruit jeudi près de Téhéran par des bombardements américano-israéliens, l’AFP a rencontré l’ingénieur Roozbeh Yazdi. « Nous avons travaillé dur pour assembler ces éléments, nous avons versé des larmes », a-t-il déclaré, entouré de tiges d’acier et de blocs de béton suspendus dans le vide.
Donald Trump a désigné ponts et centrales électriques comme cibles potentielles de futures frappes. Le droit international interdit le ciblage délibéré d’infrastructures civiles. De telles actions pourraient exposer les États-Unis à des accusations de crimes de guerre. Trois Casques bleus ont par ailleurs été blessés dans le sud du Liban par une explosion dont l’origine restait indéterminée samedi.
Conséquences et suite attendue : avion américain abattu en Iran, crise économique mondiale
La guerre alimente une crise économique planétaire. La quasi-fermeture du détroit d’Ormuz par l’Iran a fait s’envoler les cours des hydrocarbures, des engrais et d’autres marchandises stratégiques. Le spectre d’une spirale inflationniste mondiale se précise.
La Russie et la Turquie ont appelé à un cessez-le-feu immédiat, citant la crise énergétique. Les pays du Golfe ont demandé au Conseil de sécurité de l’ONU d’autoriser une libération par la force du détroit. Le Conseil a reporté le vote faute de consensus entre ses membres.
Le trafic maritime montrait néanmoins ses premiers signes de reprise. Un porte-conteneur européen du groupe français CMA CGM a traversé le détroit jeudi, en affichant via son signal de navigation la mention « propriétaire français ». Trois autres navires, dont un méthanier japonais, avaient emprunté la même route en longeant la côte omanaise.
Les effets du conflit se propagent bien au-delà du Moyen-Orient. Le Bangladesh a réduit les horaires des bureaux et des commerces pour économiser l’énergie. À Islamabad, les autorités ont décrété la gratuité des transports en commun pour un mois face à la flambée des prix des carburants. Ces mesures témoignent de l’impact global d’un conflit qui, plus d’un mois après son déclenchement, continue de remodeler les équilibres économiques mondiaux.
Source : Agence France-Presse
















