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Ali Hassan Mwinyi, président de la libéralisation économique et politique de la Tanzanie

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Ali Hassan Mwinyi, président de la libéralisation économique et politique de la Tanzanie, Magazine Pages Jaunes

Dar Es Salaam, Tanzanie

Perçu comme un dirigeant timide à son arrivée au pouvoir, Ali Hassan Mwinyi, décédé jeudi à l’âge de 98 ans, a mis la Tanzanie sur le chemin des réformes, rompant avec la politique économique socialiste du père de l’indépendance Julius Nyerere puis en introduisant le multipartisme.

Cet ancien instituteur et dirigeant de l’archipel semi-autonome de Zanzibar avait été désigné par Julius Nyerere pour lui succéder à la présidence après son départ du pouvoir. Candidat du parti unique Chama Cha Mapinduzi (CCM), Ali Hassan Mwinyi est élu aux élections de 1985, à l’âge de 60 ans.

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Il hérite d’un pays en proie aux difficultés économiques, après 24 ans de présidence de Julius Nyerere qui avait lancé le pays dans un projet socialiste basptisé “Ujamaa” (“fraternité” en swahili).

Alors que les Tanzaniens peinent à gagner leur vie et que les demandes de réforme se font plus pressantes, M. Mwinyi décide de rompre avec cette politique et libéralise l’économie.

Il ouvre notamment le pays aux importations et lève les restrictions sur la création d’entreprises privées, ce qui lui vaudra le surnom de “Mzee Rukhsa” (“M. Permission” en swahili).

Dans ses mémoires publiées en 2020, il expliquait notamment que la politique de l'”ujamaa” avait privé de revenus les petits commerçants.

“L’économie de la Tanzanie était confrontée à un certain nombre de problèmes qui ont été identifiés plus tard comme étant principalement causés par notre modèle économique, démontrant la nécessité de réformer ce modèle”, écrivait-il.

– Corruption –

Né le 8 mai 1925 dans l’ancienne colonie britannique du Tanganyika, Ali Hassan Mwinyi grandit ensuite dans l’archipel de Zanzibar, où il étudie l’islam.

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Son père voulait qu’il devienne un chef religieux, mais le jeune homme choisit l’enseignement, avant de bifurquer vers la politique dans les années 1960 après l’indépendance du Tanganyika en 1961.

En 1964, Tanganyika et Zanzibar fusionnent pour former la République de Tanzanie.

Ali Hassan Mwinyi en gravit rapidement les échelons, occupant les postes d’ambassadeur en Egypte et de ministre de la Santé, de l’Intérieur et des Ressources naturelles dans les années 1970 et au début des années 1980.

En 1984, il devient président de Zanzibar, un an avant que Julius Nyerere ne le désigne comme successeur. Il restera dix ans au pouvoir.

Outre une libéralisation économique, il sera également à l’origine de l’instauration du multipartisme en 1992, permettant à des partis d’opposition de se présenter aux élections trois ans plus tard, après sa démission.

Mais sa décennie à la tête du pays a été émaillée de controverses.

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Certains lui ont reproché d’avoir favorisé les musulmans pour les plus hauts postes gouvernementaux. Une accusation qu’il a toujours récusée, et qui l’a touchée, avait-il déclaré.

Sa libéralisation de l’économie s’est aussi accompagnée de nombreux scandales de corruption, qui ont amené plusieurs bailleurs internationaux à suspendre leurs aides en 1994.

L’ancien dirigeant s’est fait discret depuis son retrait de la scène politique en 1995.

Lors du lancement de son autobiographie “Le voyage de ma vie”, la présidente Samia Suluhu Hassan lui avait rendu un vibrant hommage, le décrivant comme une source d’inspiration.

“Je peux personnellement le décrire comme un réformiste et un modèle pour beaucoup d’entre nous”, avait-elle déclaré.

 

Source: Agence France-Presse

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