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Vice-président nommé : Kamto dénonce une réforme « dangereuse »

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Au lendemain du projet de loi instituant un vice-président nommé, Maurice Kamto alerte sur un « coup d’État constitutionnel » et appelle à la mobilisation citoyenne.

À Yaoundé, le 3 avril 2026, Maurice Kamto est sorti de sa réserve. Le président du Mrc a vivement réagi à l’initiative du pouvoir visant à créer un poste de vice-président de la République. Une réforme qu’il juge lourde de conséquences pour l’équilibre institutionnel.

D’entrée de jeu, l’opposant évoque une « nouvelle phase politique critique et plus dangereuse que jamais ». Il inscrit cette séquence dans le prolongement de la présidentielle d’octobre 2025, dont il continue de contester les conditions. Au centre de son propos, le projet de révision constitutionnelle introduit récemment. Celui-ci prévoit la création d’un vice-président nommé par le chef de l’État. Pour le professeur, cette disposition constitue une rupture majeure.

Il dénonce « une prise de pouvoir anticonstitutionnelle » et parle sans détour de « coup d’État constitutionnel et institutionnel ». Selon lui, cette réforme ouvre la voie à une transmission du pouvoir « de gré à gré », sans passage par les urnes. L’ancien candidat à la présidentielle estime que ce mécanisme pourrait permettre à une personnalité non élue d’accéder à la magistrature suprême. « Même un individu n’ayant jamais exercé un mandat électif pourrait devenir président », affirme-t-il.

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Une réforme jugée opaque

Dans son adresse, Maurice Kamto insiste également sur la méthode. Il regrette l’absence de débat public autour d’une réforme qu’il considère pourtant majeure. « Aucun débat n’a été organisé », déplore-t-il, pointant un manque de concertation avec les forces politiques. Il rappelle que le chef de l’État, investi en novembre 2025, avait juré de protéger la Constitution. « Moins de six mois après, il piétine cette même Constitution », lance-t-il, dénonçant un « mépris pour le peuple camerounais ».

Au-delà de la réforme, Kamto élargit son propos à l’ensemble des institutions. Il estime que plusieurs d’entre elles souffrent désormais d’un déficit de légitimité. Il évoque notamment la prorogation des mandats des députés et des conseillers municipaux.

Selon lui, ces décisions traduisent une volonté du pouvoir de se maintenir. « Le seul but poursuivi demeure la conservation du pouvoir à vie », affirme-t-il. Il décrit une situation où « plus aucune institution ne peut revendiquer une assise populaire ». Dans cette logique, il parle d’une « crise politique et institutionnelle sans précédent ». Une crise qui, selon lui, se déroule « sous des dehors de tranquillité et de stabilité ».

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Appel aux parlementaires et aux citoyens

Face à cette situation, le Professeur Maurice Kamto interpelle directement les élus. Il appelle les parlementaires à ne pas adopter une réforme qu’il juge contraire aux principes démocratiques. « Vous ne pouvez pas voter une loi qui détruit les fondements constitutionnels », martèle-t-il.

Il estime qu’une telle modification aurait nécessité une consultation populaire. L’option référendaire, selon lui, aurait permis d’impliquer directement les citoyens dans une décision majeure. Enfin, le leader du Mrc annonce une initiative concrète. Il prévoit le lancement d’une pétition en ligne pour recueillir l’avis des Camerounais. L’objectif affiché est de permettre une expression citoyenne au-delà des clivages politiques. « Nous devons exprimer clairement, haut et fort, notre rejet », insiste-t-il. Il invite les citoyens à rester « confiants et forts » face à ce qu’il considère comme une dérive institutionnelle.

Vigilance accrue

Dans sa conclusion, Kamto appelle à une vigilance accrue. Il encourage les Camerounais à « mettre un terme au coup d’État constitutionnel » lors des prochaines échéances électorales. Cette déclaration intervient dans un contexte politique marqué par des tensions persistantes. Le projet de création d’un vice-président continue de susciter des réactions contrastées au sein de la classe politique.

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