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Réforme constitutionnelle : Une pure provocation, selon l’opposition  

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Réforme constitutionnelle  le débat est chaud. Jean Michel Nintcheu, Serges Espoir Matomba et Maurice Kamto soutiennent que cette réforme renforce  la concentration du pouvoir entre les mains de l’exécutif, tout en encadrant étroitement les mécanismes de succession.

À Yaoundé, les tensions politiques s’intensifient autour de la question de la succession. Au sommet de l’État, les luttes d’influence se multiplient, sur fond de rivalités internes et de repositionnements stratégiques. En toile de fond : l’après-Paul Biya, au pouvoir depuis plus de 40 ans.

La récente révision constitutionnelle vient raviver les débats. Avec l’institution d’un poste de vice-président, nommé par le chef de l’État. Le pouvoir affirme vouloir garantir la continuité de l’État et des institutions. Mais pour l’opposition, cette réforme renforce surtout la concentration du pouvoir entre les mains de l’exécutif. Tout en encadrant étroitement les mécanismes de succession.

Une pure provocation

Les deux chambres du parlement camerounais réunis en congrès ont adopté en majorité l’article 1 du projet modifiant et complétant la loi. Sur les 280 parlementaires attendus, seuls 222 votants ont répondu à l’appel. 200 voix pour, 18 contre et 4 bulletins nuls. Mais la grogne au sein de l’opposition est grandissante.

Au cours de son Intervention lors de cette plénière spéciale consacrée à l’examen du projet de loi portant modification de la Constitution, Jean Michel Nintcheu a craché du venin. Affirmant farouchement que le projet de loi no 2094 modifiant certaines dispositions de la constitution est une pure provocation.

« C’est un coup d’État constitutionnel. Le Cameroun n’a pas été créé pour monsieur Biya. La Constitution dans une République qui se respecte, forme un tout dans lequel toute modification incongrue peut détruire sa cohérence. Ce projet de loi renforce et consacre de façon démentielle l’hégémonie sans limite du président de la République et l’affaiblissement abyssal corrélatif du Souverain qu’est le peuple », tonne le député.

Observations critiques

Pour Serges Espoir Matomba du Purs, une telle réforme appelle plusieurs observations critiques. En effet, en consacrant la possibilité pour un vice-président, nommé et non élu, d’achever le mandat présidentiel en cas d’empêchement grave, cette révision vide en grande partie de sa substance la notion même de vacance du pouvoir.

« Le mandat électif, censé découler de la volonté populaire, serait ainsi exercé jusqu’à son terme par une autorité qui ne tire pas sa légitimité directement du suffrage universel », dit-il.

Et Maurice Kamto d’affirmer qu’on se retrouve ainsi dans une situation où le pouvoir actuel est dépourvu de toute légitimité et, normalement ne peut plus gouverner le pays. «  En effet, l’ensemble des institutions nationales et locales désignées par voie d’élections sont illégitimes. Plus aucune d’entre elle ne peut revendiquer une assise populaire. Parmi la majorité des électeurs camerounais», convient le président national du Mrc.

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