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Le ministre français de l’Intérieur déroule sa politique pour maîtriser l’immigration

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« La régularisation n’est pas un droit » pour les sans-papiers : le ministre français de l’Intérieur Bruno Retailleau a lancé concrètement sa politique de « maîtrise » de l’immigration via de nouvelles consignes plus strictes qui suscitent d’ores et déjà des remous.

« Cette maîtrise de l’immigration est absolument fondamentale » et la régularisation « n’est pas un droit automatique, mais une mesure exceptionnelle », a jugé vendredi le ministre lors d’un déplacement en région parisienne, au lendemain de la diffusion d’un nouveau texte encadrant ces régularisations.

Le ministre conservateur, qui a fait de la lutte contre l’immigration sa priorité, exige avec cette nouvelle circulaire adressée aux préfets (représentants de l’Etat dans les régions françaises) de mettre fin aux « régularisations à tour de bras » avec application immédiate.

Si le texte ne change pas à proprement parler les critères pour obtenir une « admission exceptionnelle au séjour » (AES), ce tour de vis met fin à la circulaire d’un ex-ministre de l’Intérieur, qui laissait une marge de manœuvre aux préfets et pouvaient dénouer certaines situations en dérogeant aux règles classiques des régularisations.

La circulaire qui encadre l’accès aux titres de séjour des étrangers en situation irrégulière permettait ainsi depuis 2012 de régulariser quelque 30.000 personnes chaque année pour motif familial, économique, ou étudiant à « titre exceptionnel ».

Pourquoi une nouvelle circulaire ? « Depuis la précédente (…) en décembre 2012, beaucoup de choses ont changé », selon le ministre de l’Intérieur, rappelant que « le droit » et « plusieurs lois immigration » ont été votées depuis. « Je voulais aussi simplifier », a-t-il expliqué, en notant que l’ancienne circulaire comptait douze pages et 27 critères. « La nouvelle circulaire, c’est trois pages », a-t-il stipulé.

Sans-papiers : la France veut moins de régularisations

« Si on veut diminuer cette immigration, notamment illégale, il ne faut pas régulariser de façon trop quantitative, parce que (sinon) on donne une prime à l’irrégularité, à ceux qui ont fraudé », a insisté le ministre.

Interrogé par la presse, il a refusé de préciser les objectifs chiffrés: « Une circulaire donne des repères avec des critères. Si on donnait un chiffre à l’avance, on trahirait l’esprit d’une circulaire, (qui) deviendrait attaquable », a-t-il plaidé.

S’il n’a pas obtenu du Premier ministre une nouvelle loi sur l’immigration, comme il le souhaitait, Bruno Retailleau montre qu’il n’entend pas abandonner pas ce sujet, au coeur de son action, avec des premières mesures concrètes, quitte à braquer.

– « Un affront à nos valeurs » –

« Je pense qu’on va trop loin », a déploré le député de la coalition de partis Ensemble pour la République, Roland Lescure. « Je pense qu’il faut vraiment se méfier de la caricature », a-t-il ajouté.

« C’est un boulevard offert aux idées et aux politiques » du Rassemblement national (extrême droite), a réagi la députée La France insoumise (gauche radicale) Claire Lejeune.

Ce resserrement inquiète également les entreprises alors que le dispositif permettait à des patrons qui peinent à recruter de fidéliser leurs employés en les régularisant.

Régularisation des sans-papiers: les préfets doivent serrer la vis, demande Retailleau

Dans un communiqué, l’Umih (première organisation professionnelle dans l’hôtellerie-restauration), demande « une reconnaissance au niveau national de nos métiers dans la liste des métiers en tension », qui justifieraient une régularisation, selon un communiqué.

Dans cette nouvelle circulaire, la durée recommandée pour régulariser un travailleur sans papiers a été allongée à sept ans de présence en France contre cinq auparavant, voire parfois trois ans.

En outre, les critères de régularisation pour motifs familiaux (résider depuis cinq ans en France et avoir un enfant scolarisé depuis au moins trois ans, notamment) ont disparu dans le nouveau texte.

Le ministre prévoit par ailleurs une prochaine circulaire sur les naturalisations, « avec le même objectif ».

Celui qui avait tenté de durcir en vain, lorsqu’il était sénateur du parti Les Républicains (droite), la précédente loi immigration, bénéficie d’un contexte mondial de durcissement des politiques migratoires, notamment avec la montée des partis d’extrême droite.

Source: Agence France-Presse

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