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Israël intensifie les frappes au Liban : neuf morts à Nabi Sheet, Beyrouth sous les bombes, catastrophe humanitaire annoncée

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Israël frappe plus fort, plus loin, plus fort encore. La Bekaa compte ses morts. Dahiyeh brûle. Les Casques bleus de l’ONU sont blessés. Et le Premier ministre libanais prononce les mots que tout le monde redoutait : une catastrophe humanitaire se profile.

Nabi Sheet frappée onze fois, neuf morts dans la Bekaa

Vendredi, Israël intensifie ses frappes sur trois fronts simultanés : la banlieue sud de Beyrouth, le sud et l’est du Liban. Dans la région orientale de la Bekaa, les raids font au moins neuf morts.

Le ministère de la Santé libanais publie un communiqué sans détour : « Les raids de l’ennemi israélien sur la ville de Nabi Sheet, dans le district de Baalbek, ont fait neuf morts et dix-sept blessés. » Les recherches se poursuivent pour trouver des survivants sous les décombres.

Le chiffre révèle l’intensité de l’offensive : Nabi Sheet seule encaisse onze frappes dans la journée, selon l’Agence nationale d’information libanaise. Plus tôt, le ministère de la Santé avait porté le bilan total depuis lundi à 217 morts et 798 blessés dans des bombardements israéliens. Le Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme exige des enquêtes « rapides et approfondies » sur ces bombardements.

Dans le sud du pays, les frappes touchent Saïda et Tyr — cette dernière abrite des ruines romaines classées au patrimoine mondial de l’Unesco. Des sites millénaires dans le viseur d’une guerre de sept jours. Plusieurs villages de l’est subissent également des frappes. Le pays tout entier encaisse.

Les Casques bleus attaqués, le président libanais accuse Israël

Vendredi, une attaque de missile vise une position de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) dans le sud du pays. Deux Casques bleus ghanéens sont grièvement blessés, selon un média d’État et l’armée ghanéenne. Une ligne rouge franchie. Une attaque contre des soldats de la paix de l’ONU, déployés pour protéger une zone déjà en feu.

Le président libanais Joseph Aoun réagit dans la soirée. Il accuse Israël d’avoir mené une « attaque directe contre la Finul » et condamne des frappes israéliennes qui « continuent de s’intensifier » à travers le pays. Il parle en chef d’État dépassé par une guerre qu’il n’a pas déclarée et qu’il ne peut pas arrêter.

Le Premier ministre Nawaf Salam le dit avec amertume : le Liban a été « entraîné dans une guerre dévastatrice que nous n’avons pas choisie ». Le Hezbollah a attaqué Israël lundi pour « venger » la mort de l’ayatollah Khamenei. Israël a riposté avec une campagne de frappes aériennes d’une ampleur inédite. Et c’est le Liban entier qui paie le prix de ce choix qu’il n’a pas fait.

Dahiyeh vidée, des familles dorment en plein air

À Beyrouth, la banlieue sud — Dahiyeh — subit des frappes intenses. D’immenses colonnes de fumée grise s’élèvent dans le ciel. Des immeubles s’effondrent, laissant place à des tas de décombres. « L’armée israélienne frappe actuellement les infrastructures du Hezbollah dans le quartier de Dahiyeh à Beyrouth », confirme l’armée israélienne.

Ce bastion du Hezbollah compte ordinairement entre 600.000 et 800.000 habitants. Jeudi, un ordre d’évacuation d’une ampleur sans précédent pousse les résidents à fuir en masse. Des centaines de familles dorment désormais dehors — sur le front de mer, en centre-ville, place des Martyrs.

Fatmé El Massry, 45 ans, est assise en plein soleil sur cette place chargée d’histoire. Elle confie à l’AFP : « C’est un cauchemar : nous n’avons ni à manger, ni à boire et pas d’abris. Toutes les écoles sont pleines à craquer, alors nous sommes ici depuis quatre jours. » Quatre jours sous le soleil. Sans toit, sans eau, sans issue visible.

Le Premier ministre Nawaf Salam met des mots sur ce que les images montrent déjà : une « catastrophe humanitaire » se profile. Plus de 95.000 personnes ont été officiellement déplacées depuis lundi. Le Conseil norvégien pour les réfugiés avançait vendredi le chiffre de 300.000. La réalité dépasse sans doute les statistiques.

Le Hezbollah frappe, Smotrich menace, la guerre s’installe

Le Hezbollah ne reste pas passif. Vendredi, le mouvement pro-iranien revendique de nouvelles attaques contre le nord d’Israël, dont une frappe sur une base navale à Haïfa. Il appelle également les habitants des localités israéliennes situées à moins de cinq kilomètres de la frontière libanaise à évacuer — en raison du déploiement de l’armée israélienne dans la zone.

Selon Israël, le Hezbollah tire quelque 70 roquettes vers son territoire dans la journée. Huit soldats israéliens sont blessés, dont cinq grièvement.

Côté israélien, les ambitions s’affichent sans détour. L’armée a pénétré dans plusieurs localités du sud du Liban et affirme vouloir y établir une « zone tampon ». Le ministre israélien d’extrême droite des Finances, Bezalel Smotrich, va plus loin.

Il menace jeudi la banlieue sud de Beyrouth de subir « la même dévastation » qu’Israël a infligée à Gaza depuis le début de la guerre contre le Hamas. Une comparaison qui dit tout sur les intentions — et sur l’échelle de la destruction envisagée.

Gaza. Dahiyeh. Nabi Sheet. Tyr. Le Liban regarde les noms de ses villes s’ajouter à la liste des territoires dévastés. Le Premier ministre parle de catastrophe. Les familles dorment à la belle étoile. Et les bombes, elles, continuent de tomber.

Source : AFP – 6 mars 2026

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