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Révision constitutionnelle : Le SDF rejette la vice-présidence

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Le Social Democratic Front (SDF) a boycotté la plénière du Congrès du Parlement le 4 avril 2026, après l’adoption du projet de loi révisant la Constitution. Le parti dénonce un texte adopté sans tenir compte des corrections proposées et critique la création d’un poste de vice-président nommé.

Le projet de révision constitutionnelle récemment adopté au Cameroun ne fait pas l’unanimité. Le Social Democratic Front (Sdf) dénonce un processus trop rapide et qui n’a pas vraiment consulté toutes les parties.

Prenant la parole à l’issue des travaux de la commission spéciale du Congrès du Parlement, le parti d’opposition a d’abord pointé les conditions d’examen du texte. « Nous avons disposé de moins de deux heures pour examiner un texte qui engage pourtant l’avenir institutionnel de notre pays« , a-t-il déploré, soulignant que la réforme a été examinée trop rapidement.

« Nous avons refusé de participer »

Dans ce contexte, le député Joshua Osih et ses pairs ont décidé de boycotter la plénière du Congrès prévue le samedi 4 avril au Palais de Verre Paul Biya. Convoqués pour examiner le projet de loi portant révision de la Constitution, les élus du Sdf ont refusé de prendre part aux travaux.

 » Nous, les députés du Sdf, avons refusé de participer à la plénière du Congrès du Parlement après l’adoption sans amendement, en commission, de la loi portant sur la modification de la Constitution « , a écrit Joshua Osih.

Malgré ce climat de contestation, le Sdf affirme avoir formulé des propositions. Parmi elles, un amendement visant à instaurer l’élection conjointe du président de la République et du vice-président. « Que le président et le vice-président soient élus conjointement sur un même ticket « , a défendu le parti, insistant également sur la nécessité de refléter « la réalité historique » du Cameroun.

Mais ces propositions n’ont pas été retenues. Pour le Sdf, la réforme aurait pu constituer un tournant. « Cette révision constitutionnelle aurait pu être un moment de courage politique, mais elle s’est transformée en une occasion historique manquée« , regrette le parti.

Bafoussam : Des cadres du Sdf démissionnent

Au cœur de la contestation figure surtout la création d’un poste de vice-président nommé. Le texte adopté prévoit en effet que ce dernier soit désigné et révoqué par le chef de l’État. Une disposition que le Sdf considère comme problématique sur le plan démocratique.

« Le pouvoir… se reçoit du peuple »

« Dans une démocratie, le pouvoir ne se donne pas, il se reçoit du peuple « , insiste le parti, qui dénonce la mise en place d’une fonction « sans aucune légitimité populaire ». À ses yeux, cette réforme ne constitue pas une avancée, mais « une concentration supplémentaire du pouvoir ».

Plus encore, le Sdf y voit une dérive institutionnelle. « Ce qui se met en place aujourd’hui, ce n’est pas une alternance démocratique, c’est une organisation de la succession sous le contrôle exclusif du pouvoir en place », alerte-t-il, évoquant « une forme d’alternance autocratique« .

Tout en affirmant ne pas être opposé au principe d’une réforme, le Sdf insiste sur la nécessité de renforcer la démocratie plutôt que de l’affaiblir. « Nous ne sommes pas opposés à la réforme, nous sommes opposés à une réforme qui affaiblit la démocratie au lieu de la renforcer« , précise-t-il. Dans un contexte tendu, cette position relance le débat sur les institutions et le bien-fondé des réformes.

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