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Famille Khamenei, morts et survivants : le bilan deux semaines après les frappes

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Famille Khamenei : qui est mort, qui a survécu ? Deux semaines après les frappes américano-israéliennes du 28 février, les zones d’ombre restent nombreuses. Mojtaba Khamenei a lui-même dressé jeudi un bilan partiel des pertes dans un message lu à la télévision d’État.

Famille Khamenei, morts en guerre : ce que l’on sait vraiment

Le 28 février, les frappes américano-israéliennes ont frappé le cœur du pouvoir iranien. Parmi les victimes : le guide suprême Ali Khamenei et plusieurs membres de sa famille proche. Deux semaines plus tard, le bilan humain reste flou. Les confirmations officielles sont rares. Les zones d’ombre, nombreuses.

Jeudi, Mojtaba Khamenei a brisé partiellement le silence. Dans un message lu par une présentatrice de la télévision d’État — sans image, sans audio de sa voix —, il a évoqué ses pertes personnelles. Il a cité son épouse, sa sœur, sa nièce et son beau-frère. Il n’a pas donné de noms pour tous.

Ali Khamenei : une mort niée, puis confirmée

Le guide suprême Ali Khamenei est mort le 28 février, à l’âge de 86 ans. Il dirigeait la République islamique depuis 1989. Les responsables iraniens ont d’abord nié son décès ce jour-là. Les médias d’État l’ont confirmé le lendemain.

Aucune image du corps n’a filtré. Le régime a repoussé les funérailles nationales, prévues quelques jours après le décès, sans fixer de nouvelle échéance.

Mojtaba Khamenei a indiqué dans son message avoir vu le corps de son père après son « martyre ». Il l’a décrit comme « une montagne de fermeté », le poing serré en signe de défi. Un détail précis : l’ayatollah ne pouvait utiliser qu’un seul bras, l’autre étant paralysé depuis un attentat à la bombe dans les années 1980.

Famille Khamenei, morts en guerre : les victimes confirmées

Zahra Haddad-Adel, épouse de Mojtaba Khamenei, figure parmi les morts confirmés. Son décès a été annoncé dans des déclarations télévisées. Elle était la fille de Gholam Ali Haddad-Adel, ancien président du Parlement et figure conservatrice influente. Ce type d’union entre familles religieuses et politiques est courant au sein de l’establishment iranien.

Mojtaba Khamenei a également confirmé la mort de sa sœur, qu’il a qualifiée de « dévouée jusqu’au sacrifice ». Sa nièce et le mari de son autre sœur ont aussi été tués. Aucun nom n’a été précisé pour ces trois victimes.

Mojtaba avait deux sœurs : Hoda et Boshra. Hoda a épousé Mesbah Bagheri Kani, fils du religieux éminent Mohammad-Bagher Bagheri. Boshra s’est mariée avec le fils de Mohammad Mohammadi Golpayegani, ancien chef de cabinet d’Ali Khamenei. Le régime n’a pas précisé le nom de la sœur tuée. Hoda et Boshra : laquelle des deux ? Impossible à confirmer.

Des informations non confirmées évoquent également la mort de plusieurs petits-enfants d’Ali Khamenei. Aucune source officielle ne l’a validé à ce stade.

Le sort incertain de l’épouse du guide suprême

Mansoureh Khojasteh Bagherzadeh, épouse d’Ali Khamenei, est présentée comme vivante. Dans les premières heures du 28 février, des médias iraniens avaient diffusé la nouvelle de sa mort. Ils se trompaient.

L’agence de presse Fars a rectifié jeudi : « L’épouse du guide suprême martyr est en vie et les premières informations annonçant son martyre étaient erronées. » Mojtaba Khamenei ne l’a pas citée parmi les victimes dans son message, ce qui confirme indirectement sa survie.

Son profil public était extrêmement discret. La position de son mari ne l’a pas rendue publique. Elle fuyait les apparitions officielles et échappait presque toujours aux photographes.

Mojtaba Khamenei : blessé, absent, contesté

Mojtaba Khamenei, nouveau guide suprême, n’a pas été vu en public depuis le début du conflit. Son message de jeudi — diffusé sans vidéo ni enregistrement audio — n’a pas dissipé les spéculations sur son état de santé.

Les médias d’État iraniens et plusieurs responsables avaient évoqué des blessures. L’ampleur de celles-ci reste inconnue. La question se pose : est-ce la gravité des blessures ou des impératifs de sécurité qui l’empêchent d’apparaître ?

Pete Hegseth, ministre américain de la Défense, a apporté sa propre réponse vendredi lors d’une conférence de presse. « Nous savons que le nouveau soi-disant dirigeant, pas si suprême que ça, est blessé et probablement défiguré », a-t-il déclaré. Une formulation délibérément agressive, qui cherche à fragiliser la légitimité du successeur.

Un bilan partiel, des silences lourds de sens

Le message de Mojtaba Khamenei soulève autant de questions qu’il n’en résout. Des morts dans sa famille directe : Mojtaba les confirme. Les victimes ne sont pas toutes nommées. Son propre état demeure sans explication.

Ce silence prolongé autour de la famille Khamenei morts guerre s’inscrit dans une stratégie de communication rodée. Le régime contrôle le flux d’information. Il choisit ce qu’il révèle et quand il le révèle.

L’absence de funérailles nationales pour Ali Khamenei en dit long. Reporter une cérémonie d’une telle portée symbolique, c’est admettre implicitement que la situation sécuritaire reste trop instable pour organiser un rassemblement de masse.

Le poids des alliances familiales dans le pouvoir iranien

Au-delà du deuil, le bilan humain au sein de la famille Khamenei révèle la densité des réseaux qui structurent l’establishment iranien. Les unions matrimoniales ne sont pas anodines. Elles scellent des alliances entre familles religieuses, politiques et militaires.

La mort de Zahra Haddad-Adel, bru du guide suprême et fille d’un ancien président du Parlement, illustre cette imbrication. Les victimes ne sont pas seulement des proches d’un homme. Elles appartiennent à un réseau de pouvoir intégré.

Cette réalité complique la lecture du régime de l’extérieur. Chaque mort dans la famille Khamenei affecte potentiellement plusieurs lignes d’influence simultanément.

Ce que l’on ignore encore

Deux semaines après les frappes, plusieurs points restent non élucidés. Les noms complets des victimes dans la fratrie de Mojtaba n’ont pas été rendus publics. Le sort des petits-enfants d’Ali Khamenei demeure non confirmé. L’état réel de santé de Mojtaba Khamenei reste opaque.

Le régime iranien ne communique pas par transparence. Il communique par calcul. Chaque information révélée, chaque silence maintenu, répond à une logique politique interne autant qu’à une stratégie de communication externe.

La famille Khamenei morts guerre restera un sujet d’incertitude aussi longtemps que le conflit durera — et probablement au-delà.

Source : Agence France-Presse

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