La Fondation camerounaise des consommateurs somme les enseignes Santa Lucia et Spar de cesser la facturation des sacs avec leurs logos, jugée abusive.
La pression monte sur les grandes surfaces. Dans une correspondance datée du 7 avril 2026, la Fondation Camerounaise des Consommateurs met en demeure les enseignes Santa Lucia et Spar. En cause, la facturation des emballages portant leurs logos.
Selon l’organisation, plusieurs plaintes de consommateurs ont été enregistrées ces dernières semaines. Après vérification, la Focaco affirme que ces enseignes imposent aux clients l’achat d’emballages publicitaires au moment du passage en caisse. Pour elle, cette pratique pose problème. Elle estime que le consommateur devient, sans son consentement, un support de communication. « Le client est transformé en vecteur publicitaire payant », dénonce l’organisation.
« Vente contrainte »
La Focaco s’appuie sur la loi de 2011 sur la protection du consommateur. Elle évoque notamment une atteinte au droit à une information claire. Selon elle, un sac portant un logo ne peut être assimilé à un simple consommable. L’organisation pointe également des pratiques commerciales jugées abusives. Elle parle d’une « vente contrainte », dans la mesure où le client n’a souvent pas d’alternative pour transporter ses achats. Elle évoque aussi un « enrichissement sans cause », les enseignes tirant profit d’un support qui sert leur image.
Dans sa mise en demeure, la fondation exige trois mesures. D’abord, l’arrêt immédiat de la facturation des sacs logotés. Ensuite, la mise à disposition d’emballages neutres, gratuits. Enfin, un affichage clair en caisse pour distinguer les types d’emballages. Les enseignes concernées disposent de huit jours pour se conformer. Passé ce délai, la Focaco envisage des poursuites judiciaires. Elle n’exclut pas non plus de saisir le Ministère du Commerce pour d’éventuelles sanctions administratives.
D’autres enseignes impliquées
Sur les réseaux sociaux, la réaction des consommateurs ne s’est pas fait attendre. Plusieurs internautes estiment que Santa Lucia et Spar ne sont pas les seules concernées. D’autres enseignes seraient également impliquées.
Contacté, le président de la Focaco, Alphonse Ayissi Abena, indique que cette action repose d’abord sur les dénonciations des usagers. Il précise que des descentes de terrain sont également menées pour vérifier les pratiques.















