Le Maroc avance en tremblant, mais avance encore. Archi‑favori de sa CAN‑2025, qu’il organise et qu’il doit impérativement conquérir, il s’en remet plus que jamais à son duo Hakimi et Brahim, devenu la colonne vertébrale de son ambition. Brahim Diaz, facteur X incontournable, et Achraf Hakimi, capitaine star revenu à temps après sa blessure à la cheville, portent désormais l’espoir d’un pays qui veut tenir son rang.
Face au Cameroun, vendredi (20 h) à Rabat, ce duo incarne bien plus que des atouts offensifs : il symbolise l’espoir d’un pays qui veut tenir son rang, malgré les doutes, malgré les critiques, malgré les secousses d’un parcours encore hésitant.
« Brahim fait partie de ces joueurs capables de te faire gagner la CAN », a lâché sans détour Walid Regragui après la victoire des Lions de l’Atlas contre la modeste Tanzanie (1‑0) en huitièmes.
– Brahim Diaz, patron inattendu –
L’attaquant du Real Madrid, ménagé depuis l’arrivée de Xabi Alonso, a sorti le Maroc du piège tanzanien en marquant l’unique but à la 64e minute. Son quatrième dans cette CAN, qu’il domine au classement des buteurs.
Privé d’un Hakimi encore convalescent en phase de groupes, « Brahim » — comme l’affichent les maillots — s’est imposé en patron. Il a marqué à chaque match et a, par ses éclairs, masqué les failles d’une équipe pourtant victorieuse mais sous le feu des critiques, venues autant de la presse que de ses propres supporters.
Avec le retour du latéral du Paris SG comme titulaire en huitièmes, l’attaquant a conservé les clés du jeu marocain. Il a tenté de combler l’absence d’Azzedine Ounahi, forfait pour le reste du tournoi, celui que Regragui décrit comme le « leader technique » des Lions.
« Le joueur avec lequel je suis le plus exigeant, c’est Brahim. Je sais ce qu’il peut apporter : il peut encore faire mieux », a tranché le sélectionneur marocain. Et malgré les critiques qui s’abattent sur lui, il reste fidèle à ses convictions.
« Il sait désormais que, près de la surface, il peut exprimer tout son talent. Mais plus loin du but, il doit réduire les risques, car chaque ballon perdu nous met en danger », a‑t‑il résumé. Une lecture du jeu qui rejoint très clairement celle de Patrick Mboma, interrogé par l’AFP.
« Souvent, les joueurs d’Afrique du Nord en rajoutent. Brahim Diaz, par exemple, se met à jongler devant son public quand tout tourne bien », a expliqué l’ancien Lion Indomptable. Et cette tendance, Diaz — né à Malaga et formé en Espagne — s’efforce désormais de la corriger.
– Le Maroc retrouve son leader –
Vendredi, face au Cameroun, le Maroc jouera son premier vrai test de sa CAN, une compétition qu’il doit absolument gagner. Et cette fois, l’attaquant ne sera plus isolé. Achraf Hakimi, figure de proue du tournoi et leader incontesté des Lions, est de retour.
Sa blessure du 4 novembre contre le Bayern Munich appartient désormais au passé. Et il l’a prouvé. Quelques minutes face à la Zambie (3‑0), puis un match complet en huitièmes contre la Tanzanie ont suffi pour montrer au monde entier qu’il est de retour.
Alternant le bon et le moins bon, Hakimi a parfaitement servi Diaz pour l’ouverture du score. Et son flanc droit est devenu l’arme fatale du Maroc. Un peu plus tôt, il avait frôlé le but en envoyant un coup franc puissant sur la barre (60e), sous les « Hakimi ! Hakimi ! » d’un Stade Prince Moulay Abdellah totalement acquis à sa cause.
« Le meilleur d’Achraf, on le verra en quarts de finale », a assuré Regragui. Et le sélectionneur sait ce que cela implique. Il joue gros. Malgré ses succès passés, il serait le premier sanctionné en cas d’échec vendredi face aux Indomptables camerounais. Et ces derniers, ragaillardis depuis leur arrivée dans le royaume chérifien, semblent plus dangereux que jamais.
Source: Agence France-Presse
















