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Conseil de paix : Trump fixe un prix d’entrée

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Donald Trump a invité plusieurs dirigeants à rejoindre son « Conseil de paix », censé superviser la reconstruction de Gaza et intervenir dans d’autres conflits mondiaux. Mais l’initiative suscite des réserves, notamment en raison d’un ticket d’entrée d’un milliard de dollars pour un siège permanent, une formule jugée par des experts comme une version monnayée du Conseil de sécurité de l’ONU.

L’invitation adressée par Donald Trump à plusieurs dirigeants pour prendre part à son « Conseil de paix » était accueillie lundi avec réserve face au montant mirobolant requis pour y obtenir un siège permanent, des experts comparant le projet à une version payante de l’ONU.

Initialement conçue pour superviser la reconstruction de Gaza, cette initiative voulue et présidée par le président américain serait destinée à oeuvrer plus largement à la résolution des conflits dans le monde et disposerait d’un ticket d’entrée d’un milliard de dollars pour un siège permanent, selon une « charte » consultée lundi par l’AFP.

« Le Canada ne va pas payer pour un siège au Conseil », a réagi auprès de l’AFP une source au sein du gouvernement canadien, précisant toutefois qu' »aucune demande en ce sens » n’avait « été faite pour le moment » et que le Premier ministre Mark Carney continuait d’avoir « l’intention d’accepter l’invitation ». La France, membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU a elle déclaré qu’elle n’entendait « pas donner (de) suite favorable » à ce stade.

Cette initiative « soulève des questions majeures, en particulier quant au respect des principes et de la structure des Nations unies, qui ne sauraient en aucun cas être remis en cause », a relevé l’entourage d’Emmanuel Macron auprès de l’AFP.

Condamnant des « approches et institutions qui ont trop souvent échoué » dans une allusion claire aux Nations unies, la « charte » appelle en effet à avoir « le courage » de s’en « écarter » et apparaît se proposer comme alternative.

Promouvoir la stabilité

Le « Conseil de paix » de Donald Trump s’octroie ainsi la mission de « promouvoir la stabilité » dans le monde, selon ce document de huit pages consulté par l’AFP et qui a été envoyé à des pays invités.

La création de cet organe prévu par le plan de paix de Trump pour Gaza avait pourtant été endossé par le Conseil de sécurité des Nations unies, mais « strictement à cette fin », a rappelé lundi Farhan Haq, l’un des porte-paroles du chef de l’ONU.

Il existe déjà « une organisation universelle et multilatérale chargée des questions de paix et de sécurité, et c’est l’Organisation des Nations Unies », a insisté La Neice Collins, porte-parole de la présidence de l’Assemblée générale de l’ONU. Selon les détails de la « charte », Donald Trump présidera ce nouveau conseil et disposera de vastes pouvoirs.

Un mandat d’une durée maximale de trois ans

Les Etats membres exerceront eux un mandat « d’une durée maximale de trois ans (…) renouvelable par le président », à moins qu’ils ne versent « plus d’un milliard de dollars au comptant au Conseil de paix au cours de la première année suivant l’entrée en vigueur de la Charte », précise le texte.

Ce ticket d’entrée montre que Donald Trump « essaye d’en faire une alternative payante au Conseil de sécurité de l’ONU, où lui seul exerce le droit de veto », analyse auprès de l’AFP Paul Williams, professeur d’affaires internationales à l’université George Washington.

« Personne ne prétend que la composition actuelle du Conseil de sécurité, avec ses cinq membres permanents issus de la Seconde Guerre mondiale, reflète l’état des affaires mondiales (…) mais le fait d’acheter ouvertement des sièges permanents dans un club exclusif envoie un signal très inquiétant » sur ce que la diplomatie « pourrait signifier à l’avenir », abonde Daniel Forti, en charge des affaires relatives à l’ONU à l’International Crisis Group.

Plusieurs pays ou dirigeants ont annoncé ces derniers jours avoir été invités à rejoindre ce nouveau « Conseil », sans nécessairement dévoiler leur intention d’y répondre positivement ou pas. Parmi eux figurent le président russe Vladimir Poutine, son homologue argentin Javier Milei ou encore le Premier ministre hongrois Viktor Orban. Selon Daniel Forti, « au moins 60 chefs d’État ont été invités à rejoindre le conseil ».

Critique virulent des Nations unies, Donald Trump a ordonné depuis son retour au pouvoir début 2025 le retrait des Etats-Unis de nombreuses organisations internationales liées à l’ONU, dont l’Unesco (organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture), et l’Organisation mondiale de la santé.

© Agence France-Presse

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