Les perturbations climatiques, avec à la clé l’absence de pluies, font planer le doute dans la tête des agriculteurs rencontrés dans le département du Moungo. Les travaux champêtres tournent au ralenti.
Loun, Nbanga, Mombo, Mbonjo et Dibombari, les pleurs sont les mêmes ou presque. Les champs défrichés tardivement pour la plupart attendent toujours. Et les raisons évoquées sont l’absence des pluies ou tout au moins la saison sèche qui joue les prolongations.
Des semaines de soleil
« J’ai fait défricher mon champ depuis la mi-février et à un moment on a vu la pluie tomber On a cru que cela devait continuer pour nous permettre de mettre nos semences de maïs. De pistache et même les boutures de manioc. Seulement entre une pluie, c’est des semaines de soleil et cela nous perturbe tellement. On ne peut rien faire.
« Parce que si vous mettez le maïs au sol, il ne va rien produire. Trop de soleil ne favorise pas la bonne croissance de cette graine qui ne met pas longtemps sous terre. C’est la même chose pour les graines de pistaches qui vont certainement pousser. Mais ne vont rien donner », déclare Bertin Mukwele, cultivateur à Mbanga.
Des épis insignifiants
Eliane Missè, est agricultrice à Mbonjo, elle attend une suite de pluies pour s’engager. « Il faut que la pluie tombe au moins trois jours en une semaine pour qu’on voie au champ. Ce que je fais là maintenant, c’est juste un essai et puis je prépare le terrain dans l’attente des pluies qui ne viennent toujours pas. Il pleut à Douala, alors que nous attendons la pluie ici au village. On ne comprend pas ce genre de situation », explique-t-elle.
Pour Dame Anne Essepo, depuis son village à Dibombari, « on verra comment cette année sera. J’ai commencé à faire des sillons, j’y mets quelques graines sans trop de conviction. L’année dernière les premières pluies m’ont trompée. Quand il a plu deux fois en février, je me suis empressée de cultiver le maïs et les pistaches. Seulement, le maïs était de très petite taille avec des épis insignifiants. »
« Sur près de 700 mètres, je n’ai pas pu avoir une cuvette. Pour les pistaches alors, c’était des petites cabosses avec presque rien dedans. Quand j’ai mis les semences au sol, le soleil a redoublé d’intensité. Les pluies sont revenues plus tard et sans utilité pour les plantes. »
« Cette année nous sommes au mois d’avril et c’est de pluies intempestives. Il pleut une nuit et il fait soleil 5 jours. Curieusement, à Douala où on ne fait pas les champs comme nous ici, il pleut un peu plus. Il faut simplement craindre que nous n’attendions pas sans suite favorable », dit-elle aussi.
Baisse de production
A Loum, les inquiétudes persistent. Olga et Alain, des associés, voient la situation un peu floue. « Les temps ont vraiment changé, c’est au mois de février que la culture du maïs commençait. Mais jusqu’ici, nous sommes obligés d’attendre. Nous avons peur de cultiver et de ne pas récolter grand-chose. Nous suivons les moments des pluies. »
« Nous nous sommes rapprochés des agronomes qui nous ont demandé de ne pas nous précipiter au champ. D’attendre qu’il pleuve un peu plus. Qu’on prépare seulement les espaces », nous-ont-ils expliqué.
Selon les experts, « les perturbations climatiques risquent d’avoir des conséquences énormes sur le plan agricole. Notamment la baisse de la production. On l’a vu avec la production des mangues. La production était insignifiante. A peine deux semaines qu’on en trouve plus dans les villages. je crois qu’il faut que l’Irad s’active à trouver des semences qui vont s’adapter aux saisons. »
« Pour le maïs. Les éleveurs vont avoir beaucoup de soucis pour nourrir les poulets. Et là il faut craindre le coût dans les marchés Pour dire vrai, il y a plus de soleil que de pluies ces derniers temps », va soutenir l’agronome.















