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Pakistan médiateur en Iran pour la paix : Islamabad s’impose à la table des négociations

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Pakistan médiateur en Iran pour la paix : Islamabad a sécurisé un cessez-le-feu temporaire entre Washington et Téhéran. Le pays accueillera dès vendredi des négociations directes entre délégations américaine et iranienne. Ce succès diplomatique repose sur des atouts stratégiques uniques que le Pakistan a su mobiliser.

Un succès diplomatique inédit

Le Pakistan a joué un rôle décisif dans l’obtention d’un cessez-le-feu temporaire entre l’Iran et les États-Unis. Islamabad accueillera dès vendredi des négociations entre les deux parties pour tenter de mettre fin aux combats au Moyen-Orient. Le succès du Pakistan médiateur Iran paix confirme le poids diplomatique d’Islamabad sur la scène internationale.

« Le Pakistan a obtenu l’un de ses plus grands succès diplomatiques depuis des années », a déclaré le chercheur américain Michael Kugelman sur X. Spécialiste de l’Asie du Sud, il souligne qu’Islamabad « a fait mentir de nombreux sceptiques » qui doutaient de sa capacité à mener une telle mission.

L’entreprise était à la fois complexe et risquée. Le Pakistan l’a menée à son terme.

Pakistan médiateur en Iran pour la paix : des atouts géopolitiques rares

L’ancien ambassadeur pakistanais à Téhéran, Asif Durrani, résume la position unique d’Islamabad : « Le Pakistan est le seul pays de la région à entretenir de bonnes relations à la fois avec les États-Unis et l’Iran. »

Ces liens ne sont pas récents. Le Pakistan et l’Iran partagent 900 kilomètres de frontière commune. Des liens historiques, culturels et religieux profonds en découlent. Téhéran a été le premier État à reconnaître le Pakistan après son indépendance en 1947. Islamabad a rendu la pareille en reconnaissant la République islamique après la révolution de 1979.

Leur coopération s’est ensuite étendue au terrain militaire. Les deux pays ont coordonné leur action contre l’Union soviétique pendant l’occupation de l’Afghanistan. Aujourd’hui, ils partagent une même préoccupation face aux groupes armés actifs dans la région du Baloutchistan.

Sur le plan diplomatique, le Pakistan représente les intérêts iraniens à Washington. Téhéran n’y dispose pas d’ambassade. Le rôle d’intermédiaire d’Islamabad s’en trouve naturellement consolidé. Par ailleurs, le Pakistan abrite la deuxième plus grande population musulmane chiite au monde.

Une relation personnelle au cœur de la médiation

Le maréchal Asim Munir, chef de l’armée pakistanaise, a noué une relation directe avec Donald Trump. Cette proximité a pesé dans le déroulement de la médiation.

Munir s’était rendu à Washington avec le Premier ministre Shehbaz Sharif après les tensions militaires avec l’Inde. Sharif avait alors salué l’intervention « audacieuse et visionnaire » du président américain. Munir, pour sa part, avait soutenu ouvertement les ambitions de Trump pour le prix Nobel de la paix.

Trump a lui-même reconnu la valeur du partenaire pakistanais. « Le Pakistan connaît l’Iran mieux que la plupart », a déclaré le président américain.

Ces liens personnels consolidaient une relation bilatérale déjà façonnée par des intérêts stratégiques. Le passé entre les deux pays n’est pourtant pas exempt de frictions. Pendant la « guerre contre le terrorisme », Washington a accusé Islamabad d’abriter des jihadistes responsables d’attaques contre les troupes de la coalition en Afghanistan, malgré le statut d’allié majeur non membre de l’Otan du Pakistan.

La relation s’est encore tendue en 2011. Des militaires américains ont tué Oussama ben Laden sur le sol pakistanais sans prévenir Islamabad. Washington a ensuite soupçonné le Pakistan d’avoir protégé le chef d’al-Qaïda, auteur intellectuel des attentats du 11 septembre 2001.

Pakistan médiateur en Iran pour la paix : Pékin et Riyad en appui

La diplomatie pakistanaise ne s’est pas déployée seule. Elle a bénéficié d’un soutien régional et international structuré.

Le ministre des Affaires étrangères Ishaq Dar a réuni le mois dernier ses homologues d’Arabie saoudite, de Turquie et d’Égypte pour discuter de la désescalade. Il s’est ensuite envolé vers Pékin pour de nouveaux pourparlers. La Chine, premier partenaire commercial de l’Iran, a apporté son soutien explicite. Pékin a déclaré soutenir « le rôle unique et important du Pakistan dans l’apaisement de la situation ».

Selon Donald Trump, la Chine a contribué à convaincre l’Iran de venir à la table des négociations. Cette déclaration souligne l’imbrication des réseaux diplomatiques mobilisés par Islamabad.

Le Pakistan entretient par ailleurs des liens étroits avec l’Arabie saoudite. Les deux pays ont signé en 2025 un accord stratégique de défense mutuelle. Cet accord consolide des liens anciens mais réduit aussi la marge de manœuvre du Pakistan dans son soutien à Téhéran. Sharif s’est récemment rendu à Riyad pour rencontrer le prince héritier Mohammed ben Salmane.

Le Premier ministre pakistanais a remercié publiquement la Chine, l’Arabie saoudite, la Turquie, l’Égypte et le Qatar pour leur « soutien en vue d’aboutir au cessez-le-feu ».

Des intérêts économiques vitaux pour Islamabad

La médiation pakistanaise répond aussi à des impératifs économiques. Le Pakistan importe des hydrocarbures transitant par le détroit d’Ormuz. Toute perturbation prolongée du trafic maritime menaçait directement son approvisionnement en carburant.

Des prix en hausse auraient contraint un gouvernement déjà fragilisé financièrement à imposer de nouvelles mesures d’austérité. La neutralité n’était donc pas seulement un choix stratégique. Elle constituait une nécessité économique.

Un règlement durable du conflit renforcerait aussi la stature internationale d’Islamabad. Le Pakistan fait face à un conflit armé avec l’Afghanistan voisin. Moins d’un an s’est écoulé depuis ses échanges de frappes avec l’Inde. Consolider son image de médiateur crédible repositionne le Pakistan sur la scène mondiale.

Les négociations attendues vendredi à Islamabad

Le Premier ministre Sharif a confirmé qu’il accueillerait des délégations américaines et iraniennes dès vendredi dans la capitale pakistanaise.

Asif Durrani explique le choix de cette ville : « L’Iran se sentira plus à l’aise à Islamabad, c’est pourquoi il a accepté la médiation du Pakistan. » Si les pourparlers sont directs, « le Pakistan pourrait aider les parties à peaufiner leur langage en cas d’impasse », précise-t-il. Des responsables pakistanais pourraient également servir d’intermédiaires si les deux parties refusent une rencontre en face à face.

Israël a annoncé soutenir la décision de Trump de suspendre les attaques contre l’Iran. Mais Tel-Aviv a précisé que la trêve n’incluait pas le Liban. Cette position contredit directement une annonce antérieure de Sharif, qui affirmait que le cessez-le-feu s’appliquait « partout, y compris au Liban ».

Cette divergence constitue un point de tension non résolu à la veille des pourparlers. L’enjeu reste considérable : la paix au Moyen-Orient dépend désormais, en partie, de la table de négociation qu’Islamabad s’apprête à dresser.

Source : Agence France-Presse

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