Des élections municipales se sont tenues samedi dans plus de 350 bureaux de vote en Libye, un scrutin perçu comme un signe d’espoir dans un pays miné par les divisions politiques depuis la chute en 2011 du dictateur Mouammar Kadhafi.
Selon la Haute commission nationale des élections (HNEC), 186.055 électeurs étaient invités à élire leur représentants locaux.
Ce scrutin concerne 58 conseils municipaux où 2.331 candidats étaient en lice pour 426 sièges dont 68 réservés aux femmes et 58 aux personnes en situation d’handicap, a précisé la HNEC, l’une des rares institutions qui a su préserver sa neutralité.
« Le taux de participation a atteint 74% après réception des données de 96% ds centres de vote », s’est félicité Salem Bin Tahia, conseiller de la HNEC pour les élections municipales lors d’une conférence de presse samedi soir.
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« Nous n’avons constaté aucune infraction significative dans les centres électoraux où 24.000 officiers et agents de sécurité étaient mobilisés pour sécuriser les élections », a-t-il ajouté.
Depuis la fin du régime Kadhafi, la Libye est plongée dans l’instabilité. Elle est gouvernée depuis plusieurs années par deux exécutifs rivaux: l’un à Tripoli (ouest) est dirigé par Abdelhamid Dbeibah et reconnu par l’ONU, l’autre dans l’Est, est incarné par le Parlement et affilié au maréchal Khalifa Haftar, dont le fief est à Benghazi.
« Nous devons tous nous rendre aux bureaux de vote et participer à la désignation de (gens) compétents pour nous accompagner vers l’avenir », avait exhorté M. Dbeibah, évoquant « un devoir national ».
Pour la première fois depuis une décennie, les scrutins se sont déroulés dans des localités réparties sur tout le territoire, y compris dans l’Est comme à Al-Qobba, fief de l’influent chef du Parlement Aguila Saleh qui s’est déplacé pour voter.
A Misrata (ouest), troisième ville libyenne avec environ 400.000 habitants, la mobilisation restait encore trop faible en matinée aux yeux des électeurs interrogés par l’AFP.
« Nos concitoyens sont réticents à participer au processus démocratique pour choisir leurs représentants locaux. Nous espérions plus d’affluence », a regretté Hamida al-Mangoush, 45 ans. Elle a jugé toutefois positif que trois femmes soient candidates dans sa circonscription: « cela encourage les Libyennes à participer ».
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Pour Salma Ismaïl, une autre électrice de 42 ans, « c’est une expérience nouvelle pour les Libyens mais c’est l’aboutissement des espoirs de la révolution (de 2011) et des sacrifices de nos jeunes, il faut donc participer ».
Stéphanie Koury, cheffe par intérim de la Mission d’appui de l’ONU en Libye (Manul), s’est rendue, accompagnée du ministre de la Gouvernance locale, Badreddine el-Toumi, dans un bureau de vote à Gasr Ben Ghachir, au sud de Tripoli. Ce scrutin « prouve que la tenue d’élections est possible en Libye en tant qu’outil de transfert pacifique du pouvoir », a-t-elle souligné sur X.
Des élections présidentielle et législatives étaient prévues en décembre 2021 mais ce processus de réconciliation a été reporté à maintes reprises en raison de divergences Est-Ouest.
Mohamad Al-Ghirani, un autre électeur de Misrata de 72 ans, ne perd pas espoir: « tôt ou tard, nous rejoindrons les peuples de la démocratie », dit-il.
Source: Agence France-Presse
















