Centrales électriques de l’Iran en guerre : l’équation s’est durcie le 22 mars 2026. Washington a menacé de frapper les installations de production d’énergie iraniennes si Téhéran ne rouvrait pas le détroit d’Ormuz avant lundi soir. Trois semaines après le déclenchement des hostilités, le risque d’une destruction massive des infrastructures civiles iraniennes est désormais réel.
La menace américaine sur les centrales énergétiques
Washington a formulé un ultimatum précis à l’adresse de Téhéran. Si l’Iran ne rouvrait pas le détroit d’Ormuz avant lundi soir, les États-Unis s’en prendraient à ses centrales électriques. Ce passage maritime est indispensable à l’approvisionnement mondial en pétrole.
Le détroit d’Ormuz relie le golfe Persique au golfe d’Oman. Une part considérable du pétrole mondial y transite. Sa fermeture constitue l’un des leviers de pression les plus puissants dont dispose Téhéran face aux puissances occidentales.
La guerre a débuté le 28 février 2026 par des attaques israélo-américaines sur Téhéran. Depuis lors, les hostilités frappent les infrastructures stratégiques de toute la région. Sites gaziers, pétroliers et nucléaires essuient déjà des frappes répétées.
Cibler les centrales électriques constituerait une étape qualitativement nouvelle. Ces installations ne relèvent pas seulement de l’économie. Elles conditionnent directement le quotidien des populations civiles et la capacité de l’État iranien à fonctionner.
Les centrales électriques de l’Iran en guerre : un parc de plus de 90 installations
L’Iran exploite plus de 90 centrales électriques réparties sur l’ensemble de son territoire. Certaines se situent sur les rives du Golfe Persique, au cœur des zones de combat actives. Leur destruction provoquerait une déstabilisation immédiate du réseau national.
La production repose avant tout sur les centrales à cycle combiné. Ces installations associent turbines à gaz et turbines à vapeur et assurent environ 38 % de la production nationale d’électricité, selon l’agence Irna citant des responsables iraniens en décembre 2024. Les centrales à gaz classiques fournissent 26 % supplémentaires.
Les énergies renouvelables couvrent 13 % de l’approvisionnement total. L’énergie nucléaire ne représente qu’1 % des sources de production du pays. Ce chiffre marginal contraste avec les ambitions nucléaires affichées par Téhéran depuis plusieurs décennies.
L’unique centrale nucléaire opérationnelle est celle de Bouchehr, dans le sud du pays. Construite par la Russie, elle dispose d’une capacité de 1 000 mégawatts. Sa localisation sur le littoral du Golfe en fait un site particulièrement exposé dans le contexte militaire actuel.
En septembre 2025, Téhéran et Moscou ont conclu un contrat évalué à 25 milliards de dollars. Ce texte prévoit la construction de quatre nouvelles centrales nucléaires dans le sud de l’Iran. Selon Irna, chacune sera dotée d’une capacité d’environ 1 255 mégawatts.
Les trois plus grandes centrales du pays
La centrale de Damavand est la plus puissante du réseau électrique national. Elle est implantée en périphérie de la province de Téhéran, qu’elle alimente en partie. Le groupe iranien Mapna, spécialisé dans le développement et la construction d’infrastructures énergétiques, indique qu’elle s’étend sur environ 193 hectares et produit près de 2 900 mégawatts.
Sa position à la périphérie de la capitale lui confère un rôle stratégique de premier plan. Une frappe sur cette installation entraînerait des défaillances massives pour des millions d’habitants. Aucune substitution rapide ne serait envisageable à cette échelle.
La deuxième centrale en capacité est Shahid Salimi, à Neka, dans la province septentrionale de Mazandaran. Sa puissance de production atteint 2 214 mégawatts. La troisième, Shahid Rajaï, est installée dans la province de Qazvin, au nord du pays, avec une capacité totale de 2 042 mégawatts.
Ces trois sites forment l’armature principale du réseau électrique iranien. Frapper l’une d’entre elles provoquerait des ruptures d’approvisionnement en cascade sur l’ensemble du système national.
Centrales de électriques de l’Iran guerre : un secteur structurellement fragilisé
L’Iran est un pays aride, régulièrement touché par des épisodes de sécheresse. Les étés y sont souvent caniculaires, ce qui augmente mécaniquement la consommation d’électricité pour alimenter les systèmes de climatisation. La pression sur le réseau est donc structurelle, bien avant tout contexte de conflit.
Malgré des ressources pétrolières et gazières parmi les plus importantes au monde, le pays souffre de pénuries d’énergie chroniques. La vétusté des infrastructures en constitue la cause principale. Les sanctions internationales aggravent la situation en limitant l’accès aux technologies nécessaires à l’entretien des centrales.
Le pays est parfois contraint de rationner l’électricité, faute de gaz suffisant pour alimenter ses propres centrales thermiques. Ce paradoxe est récurrent pour l’un des premiers exportateurs mondiaux d’hydrocarbures. Les coupures de courant font partie du quotidien d’une large partie de la population iranienne.
La guerre qui dure depuis le 28 février 2026 fragilise davantage un réseau déjà sous tension permanente. Les centrales électriques Iran guerre constituent désormais un front à part entière dans ce conflit.
L’enjeu nucléaire au cœur des tensions
Le dossier nucléaire reste une ligne de fracture fondamentale entre Téhéran et les puissances occidentales. Ces dernières soupçonnent l’Iran de chercher à se doter de l’arme atomique. La République islamique affirme son droit inaliénable au développement du nucléaire civil.
Cette tension ne date pas du conflit actuel. Elle structure depuis des décennies les relations entre l’Iran et l’Occident. La guerre ouverte depuis le 28 février lui donne une acuité nouvelle.
La centrale de Bouchehr illustre cette ambivalence persistante. Construite avec l’aide de Moscou, elle est le seul site nucléaire opérationnel du pays. Les quatre réacteurs supplémentaires prévus par le contrat russo-iranien de 2025, d’une valeur totale de 25 milliards de dollars, inscrivent cette coopération stratégique dans la durée.
Conséquences et suite attendue
La menace américaine ne se cantonne pas aux installations nucléaires. Elle vise l’ensemble du parc de production électrique iranien, y compris les centrales thermiques et à cycle combiné. Frapper ces sites toucherait directement la population civile dans tout le pays.
L’ultimatum expire lundi soir. Si Téhéran ne rouvrait pas le détroit d’Ormuz dans ce délai, Washington serait en position de déclencher des frappes. Un tel scénario ferait basculer le conflit dans une nouvelle phase de destruction à grande échelle.
Le réseau électrique iranien, affaibli par des décennies de sous-investissement et de sanctions, est particulièrement vulnérable à des attaques ciblées. La capacité de l’Iran à absorber de tels chocs reste limitée. La réponse de Téhéran à cet ultimatum déterminera en grande partie la trajectoire du conflit dans les jours à venir.
Source : Agence France-Presse
















