À l’occasion de la visite du pape Léon XIV, le gouvernement a décidé de mettre à l’honneur. Une œuvre musicale réalisée par la voix du Cénacle du professeur Gervais Mendo Ze de regrettée mémoire.
Par un communiqué officiel, le directeur du cabinet civil de la présidence a décidé de mettre à l’honneur une œuvre musicale réalisée par la voix du Cénacle du professeur Gervais Mendo Ze lors de la visite papale au Cameroun.
Une initiative qui n’a pas manqué de soulever une vague d’indignation au sein du landerneau politique. D’aucuns estimant à tort ou à raison qu’on est face à une hypocrisie d’État. Pour ces pourfendeurs du régime en place, on se saurait aujourd’hui honorer le créateur de La Voix du Cénacle après l’avoir laissé agoniser, soutiennent-ils, dans l’indifférence carcérale.
Contradiction macabre
« L’ex-directeur général de la Crtv est en effet décédé en 2021, affaibli et déshumanisé. Après que toutes ses demandes d’évacuation sanitaire ont été systématiquement rejetées par le sommet de l’État, disent-ils.
Et d’estimer que cette récupération posthume d’un héritage artistique. Par ceux-là mêmes qui ont orchestré sa déchéance physique et morale, cela relève d’un cynisme absolu. En célébrant l’artiste après avoir brisé l’homme, affirment-ils, le pouvoir s’enferme dans une contradiction macabre. Pour de nombreux observateurs, cet hommage tardif n’est rien de moins qu’une offense. À la mémoire d’un serviteur de l’État sacrifié sur l’autel de la raison politique.
Certains pourfendeurs du régime y ont immédiatement vu « un cynisme d’État au service de la mémoire de Mendo Ze ». Faux ! rétorquent des caciques du parti au pouvoir qui parlent plutôt d’un hommage posthume à l’ex-DG de la Crtv de regrettée mémoire lors de la visite papale prévue du 15 au 18 avril prochain. « Cette célébration officielle ne sonne pas comme une insulte à la mémoire de l’ancien patron de la CRTV », dénoncent ces derniers.
Figure marquante
Gervais Mendo Zé, né le 25 décembre 1944 à Nkongmekak, dans l’arrondissement de Meyomessala, région du Sud Cameroun. Est décédé le 9 avril 2021 à Yaoundé. Figure marquante de la vie intellectuelle, médiatique et culturelle camerounaise. Ce linguiste, professeur d’université, homme politique et musicien a profondément influencé plusieurs domaines de la société camerounaise.
Après des études supérieures brillantes à l’université de Yaoundé puis en France, il devient enseignant-chercheur en stylistique et linguistique française. Discipline dans laquelle il s’illustre par ses travaux sur la langue et la culture camerounaises.
Professeur titulaire, il forme de nombreux étudiants qui deviendront à leur tour des cadres et enseignants reconnus. En 1988, il est nommé directeur général de la Cameroon Radio Television (CRTV), poste qu’il occupera jusqu’en 2004.
















