Deux Grands Prix de Formule 1 disparaissent du calendrier d’avril. La guerre annule les Grands Prix dans le Golfe : les courses de Bahreïn et d’Arabie saoudite ne se tiendront pas. La Fédération internationale de l’automobile a officialisé la décision ce dimanche depuis Shanghai, en plein Grand Prix de Chine.
La FIA confirme les annulations depuis Shanghai
La Fédération internationale de l’automobile a publié son communiqué officiel en plein Grand Prix de Chine. Depuis Shanghai, où se déroulait ce dimanche le deuxième rendez-vous de la saison, elle a officialisé la suppression de deux étapes du Golfe. Les week-ends des 10, 11 et 12 avril à Sakhir, au Bahreïn, et des 17, 18 et 19 avril à Jeddah, en Arabie saoudite, sont définitivement annulés.
Ces deux événements comptaient parmi les plus importants du calendrier mondial de la Formule 1. Chaque année, des centaines de milliers de spectateurs convergeaient vers ces deux pays du Golfe pour assister aux essais, aux qualifications et aux courses. Ces week-ends généraient des retombées économiques et médiatiques considérables pour les pays hôtes et pour la discipline elle-même.
La décision n’a pas surpris les acteurs du paddock. Depuis une semaine, les rumeurs d’annulation circulaient activement. Elles avaient commencé lors du Grand Prix d’ouverture à Melbourne, en Australie, avant de se renforcer à l’arrivée à Shanghai.
La Guerre annule les Grands Prix : aucune épreuve de remplacement
Les deux Grands Prix supprimés ne seront pas remplacés par d’autres courses. Aucun circuit européen ni d’une autre région du monde ne prendra le relais. La saison 2026 comptera désormais 22 Grands Prix au lieu de 24 initialement prévus.
Vendredi, une source proche du dossier avait déjà indiqué à l’AFP que les courses de Sakhir et de Jeddah seraient « annulées ou reprogrammées ». La FIA a finalement tranché en faveur de l’annulation définitive. Ses « minutieuses évaluations » de la situation sécuritaire ont conduit à cette conclusion.
Des médias britanniques, dont la BBC et The Independent, évoquaient samedi un coût total de plusieurs dizaines de millions de dollars pour ces suppressions. La FIA n’a fourni aucun chiffre de son côté. Le silence de l’organisation sur les aspects financiers contraste avec la communication détaillée sur les raisons sécuritaires.
Un conflit qui frappe le Golfe depuis le 28 février
Bahreïn et l’Arabie saoudite sont régulièrement ciblés depuis le 28 février par des drones et des missiles iraniens. Ces attaques constituent les représailles de Téhéran à l’offensive militaire conduite par les États-Unis et Israël dans la région. Les deux pays du Golfe se trouvent ainsi dans une zone de tension militaire directe.
Le circuit de Sakhir occupe le centre d’une petite île du golfe Persique, face à l’Iran. Celui de Jeddah longe la côte de la mer Rouge. Ces deux localisations les placent directement dans le périmètre des frappes régionales.
Bahreïn et l’Arabie saoudite entretiennent des liens stratégiques étroits avec les États-Unis. Le petit royaume de Bahreïn abrite la Cinquième flotte des forces armées américaines. La monarchie saoudienne est un allié historique de Washington. Ces relations font des deux pays des cibles directes dans la logique de représailles iranienne.
Deux autres pays du Golfe figurent encore au programme de la saison. Le Qatar et Abou Dhabi, aux Émirats arabes unis, accueilleront les deux derniers Grands Prix fin novembre et début décembre. La FIA n’a pas évoqué de risque pour ces deux rendez-vous à ce stade.
Ben Sulayem : « La sécurité de nos équipes passe avant tout »
La FIA a justifié sa décision par la situation sécuritaire. « On a confirmé aujourd’hui qu’après de minutieuses évaluations, en raison de la situation en cours au Moyen-Orient, les Grands Prix de Bahreïn et d’Arabie saoudite n’auront pas lieu en avril », a déclaré l’organisation dans son communiqué.
Mohammed Ben Sulayem, président de la FIA et ressortissant des Émirats arabes unis, a précisé les priorités de l’institution. « La FIA fera toujours passer en priorité la sécurité et le bien-être de nos équipes », a-t-il assuré. Ben Sulayem a également dit « espérer le calme, la sécurité et un retour rapide de la stabilité dans la région ».
Le dirigeant a rappelé le poids de ces deux étapes dans l’économie de la saison. Bahreïn et l’Arabie saoudite sont « incroyablement importants pour l’écosystème de notre saison de courses », a-t-il affirmé. Il n’a chiffré aucune perte financière liée à ces suppressions.
Le circuit international de Bahreïn a soutenu la position de la FIA. Sa direction a indiqué qu’elle « soutenait » la décision prise par l’organisation mondiale. Elle a ajouté qu’elle avait « hâte d’accueillir à nouveau des fans du monde entier lorsque la F1 fera son retour » dans le pays.
La Guerre annule les Grands Prix : la saison F1 reprend au Japon
Le reste du calendrier demeure inchangé. Après Shanghai, la logistique imposante de la Formule 1 se déplacera à Suzuka, au Japon, fin mars. Miami, aux États-Unis, accueillera ensuite le paddock début mai.
La saison 2026 marque une rupture réglementaire importante pour la discipline. Les règles ont profondément évolué sur les moteurs et les châssis des monoplaces. Cette révolution technique a immédiatement redistribué les forces entre les écuries, au bénéfice de Mercedes.
La domination de Mercedes en toile de fond
Andrea Kimi Antonelli, pilote italien de 19 ans, a signé samedi la pole position sur le circuit de Shanghai. Il devient ainsi le plus jeune poleman de l’histoire de la Formule 1. Son coéquipier britannique George Russell, 28 ans, s’est qualifié en deuxième position sur la grille.
Russell avait remporté la course sprint du samedi à Shanghai. Il domine ce début de saison et s’affirme comme le principal candidat au titre mondial. Avant l’annonce des annulations, Antonelli avait reconnu que la situation au Moyen-Orient n’était « pas bonne », exprimant un malaise déjà perceptible dans le paddock depuis plusieurs jours.
Les Ferrari du septuple champion du monde Lewis Hamilton et du Monégasque Charles Leclerc talonnent le duo Mercedes. Suivent les McLaren-Mercedes du tenant du titre, le Britannique Lando Norris, et de l’Australien Oscar Piastri. La lutte pour le titre mondial s’annonce serrée entre ces quatre pilotes.
Les Red Bull, dominantes lors des saisons précédentes, sont à la peine. Le quadruple champion du monde néerlandais Max Verstappen et le jeune Français Isack Hadjar n’ont pas trouvé leur niveau habituel depuis le début de la saison. La nouvelle réglementation technique a clairement profité à Mercedes davantage qu’à l’écurie autrichienne.
Source : Agence France-Presse















