Le rapport « What a Waste 3.0 » de la Banque mondiale lance un avertissement clair. L’Afrique subsaharienne va connaitre un pic de 124 % de déchets d’ici 2050 en Afrique.
Et sans action immédiate, elle deviendra la région où la production de déchets augmente le plus rapidement au monde. Entre menace sanitaire et potentiel économique, le continent va faire face à un tournant décisif.
La propagation des maladies
Le constat est alarmant. Alors que le monde peine déjà à gérer ses déchets, l’Afrique subsaharienne s’expose à une crise environnementale majeure. Selon le rapport 2026 du Panorama mondial de la gestion des déchets solides vers une économie circulaire à l’horizon. La quantité de déchets dans la région devrait augmenter de 124 % d’ici 2050. Il s’agit de la hausse la plus importante au niveau mondial, devant l’Asie du Sud qui est à 99 %.
Aujourd’hui, le taux de collecte des déchets en Afrique subsaharienne est le plus faible au monde. Atteignant à peine 31 %. Une grande partie des déchets finit dans des décharges à ciel ouvert ou n’est tout simplement pas collectée. La région figure également parmi les plus grands producteurs de déchets plastiques mal gérés. Aux côtés de l’Asie du Sud et de l’Asie de l’Est et Pacifique.
Selon la Banque mondiale, les conséquences sont multiples. Sur le plan sanitaire, la mauvaise gestion des déchets favorise la propagation des maladies et dégrade la qualité de l’air. Elle contribue aussi aux inondations, les déchets plastiques obstruant les systèmes de drainage urbain. Sur le plan climatique, le secteur des déchets constitue la troisième source mondiale d’émissions de méthane. un gaz à effet de serre particulièrement puissant.
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Les principes de l’économie circulaire
Malgré ce tableau préoccupant, cette situation offre également des perspectives économiques importantes. À l’échelle mondiale, la gestion et le recyclage des déchets emploient déjà environ 18 millions de travailleurs urbains. Avec une forte contribution du secteur informel dans les pays à faible revenu.
En adoptant les principes de l’économie circulaire, les pays africains pourraient transformer ce défi en moteur de croissance. Comme le souligne Ming Zhang, directeur à la Banque mondiale, des politiques adaptées. Et un meilleur soutien aux travailleurs informels pourrait générer davantage d’emplois.
La gestion des déchets
Cependant, le financement reste un enjeu majeur. Pour garantir un service de base universel, les pays à faible revenu devraient consacrer environ 0,8 % de leur PIB. A la gestion des déchets. Si cet investissement peut sembler élevé. Le coût de l’inaction est bien supérieur : pollution accrue, dépréciation immobilière et pertes touristiques.
Le rapport recommande ainsi de mobiliser à la fois les ressources publiques, les investissements privés. Et des mécanismes innovants de financement climatique, tels que les marchés du carbone.
Plus que jamais, une action coordonnée s’impose. Comme le souligne l’étude, bien que les déchets soient produits localement. Leurs impacts et les opportunités qu’ils offrent dépassent désormais les frontières.
















