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Attaques jihadistes à Maiduguri au Nigeria : une ville de nouveau sous les bombes

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Attaques jihadistes à Maiduguri au Nigeria : plusieurs explosions ont secoué lundi soir la capitale du Borno, frappant simultanément le marché principal et l’hôpital universitaire de la ville. Des dizaines de blessés ont afflué vers les soins d’urgence, selon un journaliste de l’AFP présent sur place. La ville, longtemps relativement épargnée, replonge dans une spirale de violence à l’approche de la fin du Ramadan, dans un contexte d’intensification des attaques dans le nord-est nigérian.

Attaques jihadistes Maiduguri Nigeria : le marché et l’hôpital visés

Des explosions ont frappé lundi soir plusieurs points de Maiduguri, la capitale de l’État de Borno, dans le nord-est du Nigeria. Le marché principal de la ville et l’hôpital universitaire comptent parmi les sites touchés. Ces deux lieux figurent parmi les plus fréquentés de la métropole régionale.

Dauda Iliya, porte-parole du gouvernement de l’État de Borno, a confirmé les faits à l’AFP. Les équipes de secours cherchaient encore à « confirmer s’il y a des victimes » dans les premières heures suivant les déflagrations. Le bilan initial restait donc incertain.

Ces explosions surviennent au lendemain d’une nuit déjà marquée par la violence. Vers minuit, des jihadistes présumés avaient lancé un assaut contre un poste militaire dans le quartier d’Ajilari Cross, à la périphérie de Maiduguri. Le site se trouve à quelques kilomètres de l’aéroport. Une autre attaque avait également visé la zone de Damboa, au sud de la ville.

Développement des faits : trois sites frappés, blessés par dizaines

Sur le terrain, les premières observations confirment la violence des déflagrations. Un journaliste de l’AFP présent à l’hôpital universitaire a constaté la présence de dizaines de blessés cherchant à se faire soigner. L’affluence soudaine de victimes a mis à l’épreuve les capacités des services d’urgence.

Alhaji Bukar Grema, propriétaire d’une boutique de téléphonie installée à proximité d’un des sites touchés, a livré son témoignage à l’AFP. « J’ai entendu une forte explosion et j’ai compris plus tard qu’il s’agissait d’une bombe », a-t-il déclaré. Présent sur les lieux au moment des faits, il a participé à l’évacuation des victimes.

Un troisième point d’impact a été identifié dans la ville. Idris Suleiman Gimba, employé de la Commission nationale du service du sang, a signalé une explosion près du bureau de poste de Maiduguri. La police de l’État de Borno a confirmé le déploiement d’équipes de déminage sur les lieux de trois attentats présumés à la bombe.

Seize ans de conflit dans le nord-est nigérian

Les attaques jihadistes à Maiduguri Nigeria s’inscrivent dans un conflit armé qui dévaste le nord-est du pays depuis seize ans. Boko Haram a lancé son insurrection au début des années 2010. L’État islamique en Afrique de l’Ouest (ISWAP), groupe rival, a ensuite développé ses propres opérations dans la région.

Ces deux organisations poursuivent l’instauration d’un califat islamique. Leurs campagnes meurtrières ont causé plus de 40 000 morts depuis le début du conflit. Environ deux millions de personnes ont été forcées de fuir leur foyer.

Ces dernières semaines, Boko Haram et l’ISWAP ont intensifié leurs offensives dans le nord-est du pays. Ville stratégique de la région, Maiduguri n’avait pas connu de telles violences depuis plusieurs années. Cette recrudescence marque une rupture nette après une période de relative accalmie en zone urbaine.

Maiduguri avait autrefois été au cœur des violences. Fusillades et attentats y ont culminé au milieu des années 2010. Ces dernières années, la ville avait bénéficié d’une certaine tranquillité.

Cette accalmie restait fragile. En 2021, une attaque de Boko Haram avait tué 10 personnes en ville. En décembre dernier, un attentat à la bombe non revendiqué avait fait sept morts dans une mosquée. Dans les campagnes environnantes, la violence n’avait jamais vraiment cessé.

La semaine précédant les explosions, l’armée nigériane avait confirmé des « attaques coordonnées » contre plusieurs bases militaires dans le nord-est du pays. Ces assauts ont causé la mort d’au moins 14 personnes, dont 10 soldats, selon des sources civiles et militaires locales.

Le gouverneur dénonce des actes « barbares »

Le gouverneur de l’État de Borno, Babagana Zulum, a vivement réagi aux explosions. Il a qualifié ces attentats présumés de « barbares ». Selon lui, « la récente recrudescence des attaques n’est pas sans lien avec les intenses opérations militaires menées dans la forêt de Sambisa », un bastion jihadiste notoire du nord-est nigérian.

Le gouverneur établit ainsi un lien direct entre les offensives militaires en cours et la multiplication des violences en zone urbaine. La forêt de Sambisa constitue depuis des années le cœur du dispositif jihadiste dans la région.

Le porte-parole de la police de Borno, Nahum Kenneth Daso, a réagi dans un communiqué officiel. « Les forces de sécurité conjointes, déjà en état d’alerte renforcée, ont affronté les insurgés et repoussé avec succès leurs attaques », a-t-il déclaré.

Selon ce même communiqué, aucune victime n’avait été enregistrée parmi les militaires ou les civils lors des assauts des nuits précédentes. Les insurgés auraient subi des pertes. Des habitants ont par ailleurs rapporté quatre morts du côté des assaillants.

Dauda Iliya a lancé un appel à la vigilance accrue de la population, notamment à l’approche de la fin du Ramadan attendue dans les prochains jours.

Attaques jihadistes Maiduguri Nigeria : riposte militaire et soutien américain

L’intensification des attaques jihadistes à Maiduguri Nigeria s’accompagne désormais d’une réponse sécuritaire à dimension internationale. En février 2026, les États-Unis ont entamé le déploiement de troupes sur le territoire nigérian. Ce soutien vise à apporter une assistance technique et une formation aux soldats engagés dans la lutte antijihadiste dans le nord-est.

Le Commandement américain pour l’Afrique (Africom) a précisé que 200 militaires américains devaient rejoindre ce déploiement au total. Cette décision intervient dans le sillage des déclarations du président américain Donald Trump. Il avait affirmé que les chrétiens du Nigeria étaient « persécutés » et victimes d’un « génocide » perpétré par des « terroristes ».

Le gouvernement nigérian et la grande majorité des experts rejettent fermement cette analyse. Les violences dans la région frappent indifféremment les populations chrétiennes et musulmanes, rappellent-ils. Cette divergence d’interprétation marque les échanges entre Washington et Abuja sur ce dossier.

La situation demeure volatile dans le nord-est nigérian. Boko Haram et l’ISWAP ont clairement intensifié leurs opérations ces dernières semaines. Les forces de sécurité maintiennent un état d’alerte renforcée sur l’ensemble du territoire concerné. Maiduguri, qui semblait avoir retrouvé une certaine stabilité, se retrouve à nouveau en première ligne d’un conflit loin d’être résolu.

Source : Agence France-Presse

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