Sécuriser le détroit d’Ormuz est devenu la priorité déclarée de Donald Trump. Deux semaines après le déclenchement, le 28 février, de la guerre menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran, le conflit n’affiche aucun signe d’accalmie. Plus de 2 000 morts ont été recensés. Le blocage du passage stratégique a fait flamber le pétrole à 100 dollars le baril.
Sécuriser le détroit d’Ormuz : l’appel urgent de Trump à ses alliés
Donald Trump a publié samedi un appel direct sur son réseau Truth Social. Il a exhorté les pays qui s’approvisionnent en pétrole via le détroit d’Ormuz à « veiller à la sécurité de ce passage » avec l’aide des forces américaines. Trump nomme explicitement ses cibles diplomatiques : la Chine, la France, le Japon, la Corée du Sud et le Royaume-Uni.
La veille, le président américain avait affirmé que la marine américaine commencerait « très bientôt » à escorter des pétroliers dans ce passage stratégique. Samedi, il a assuré que « de nombreux pays vont envoyer des navires de guerre, en collaboration avec les États-Unis, pour maintenir le détroit ouvert et sûr ».
Trump répète depuis le début du conflit que les États-Unis ont « vaincu et complètement anéanti l’Iran, tant sur le plan militaire qu’économique ». Cet appel à une coalition navale internationale révèle néanmoins l’ampleur du défi posé par le blocage iranien.
Un conflit entré dans sa troisième semaine sans accalmie
Le conflit a été déclenché le 28 février. La mort du guide suprême iranien Ali Khamenei a marqué ses premières heures. En deux semaines, les belligérants ont enchaîné quotidiennement des attaques, ponctuées de déclarations menaçantes de part et d’autre.
Le bilan humain dépasse désormais 2 000 morts, essentiellement en Iran et au Liban selon les autorités. Les États-Unis et Israël assurent avoir « fortement affaibli » le pouvoir iranien au fil des opérations. Aucun signe d’accalmie n’est visible à ce jour.
Le blocage du détroit fait flamber le baril
L’Iran a quasi totalement bloqué le détroit d’Ormuz depuis l’ouverture du conflit. Ce passage voit ordinairement transiter 20 % de la production mondiale d’hydrocarbures. Son interruption a déclenché une flambée immédiate et durable des cours du pétrole.
Le baril de Brent, référence internationale, s’est envolé de plus de 42 % depuis le début de la guerre. Il s’échange désormais autour de 100 dollars. Cette hausse pèse directement sur les économies les plus dépendantes des importations d’énergie.
Sécuriser le détroit d’Ormuz représente donc un enjeu autant économique que militaire. Chaque journée de blocage prolonge la pression sur les marchés mondiaux et accentue les tensions entre puissances consommatrices de pétrole.
Kharg bombardée, Téhéran menace de riposter
L’armée américaine a « complètement détruit » des cibles militaires sur l’île de Kharg, a déclaré Trump. Cette île est située à environ 30 kilomètres des côtes iraniennes. Elle abrite le plus grand terminal d’exportation de pétrole brut du pays.
Quinze explosions ont retenti sur l’île samedi. L’agence iranienne Fars affirme qu’aucune infrastructure pétrolière n’a subi de dommages. Trump a néanmoins menacé de frapper les installations énergétiques de l’île si l’Iran ne rétablissait pas le passage libre et sûr des navires dans le détroit.
Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a répondu avec fermeté. Il a averti que l’Iran viserait des entreprises américaines au Moyen-Orient si ses infrastructures énergétiques étaient bombardées. Araghchi a également appelé les pays de la région à « expulser » les forces américaines, estimant que le « prétendu parapluie de sécurité américain » ne les avait pas protégés.
La région s’embrase de Riyad à Ispahan
L’instabilité s’est propagée à l’ensemble de la région samedi. Les Gardiens de la Révolution iraniens ont annoncé avoir tiré une salve de missiles contre la base aérienne Prince Sultan, à proximité de Riyad. Les autorités saoudiennes n’ont pas confirmé cette attaque, mais ont signalé l’interception de six missiles visant Al-Kharj.
Au Koweït, le système radar de l’aéroport international a été touché par des drones en soirée. Les Émirats arabes unis ont revendiqué le « droit de se défendre » contre l’« agression » iranienne, tout en maintenant une position de « retenue ».
À Bagdad, l’ambassade américaine a été visée pour la deuxième fois de la journée. Des frappes préalables contre un groupe armé pro-iranien avaient fait trois morts selon des sources de sécurité. L’ambassade a appelé les ressortissants américains à quitter l’Irak « maintenant ». En soirée, des drones ont frappé une base militaire à l’aéroport international de la capitale irakienne, selon deux responsables de sécurité.
Une frappe israélo-américaine a visé samedi soir une zone industrielle d’Ispahan, dans le centre de l’Iran. Elle a causé 15 morts selon l’agence Fars. L’Iran a ensuite annoncé le lancement d’une nouvelle salve de missiles sur Israël.
Liban : négociations en vue, combats dans le sud
Au Liban, pilonné par Israël qui dit cibler le Hezbollah pro-iranien, les autorités souhaitent former une délégation pour négocier une cessation des hostilités avec leur voisin, selon une source officielle.
Sur le terrain, le mouvement chiite a signalé samedi soir des affrontements « directs » avec l’armée israélienne à Khiam, dans le sud du Liban. La confrontation se poursuit sans interruption depuis deux semaines.
Incertitudes sur le nouveau guide suprême iranien
Mojtaba Khamenei a pris la succession de son père le 8 mars, après qu’une frappe a blessé ce dernier. Depuis sa désignation, le nouveau guide suprême n’a effectué aucune apparition publique. Vendredi, le ministre américain de la Défense Pete Hegseth l’avait déclaré non seulement « blessé », mais aussi « probablement défiguré ».
Abbas Araghchi a démenti ces informations samedi. Il a assuré qu’il n’y avait « pas de problème avec le nouveau guide suprême » et que celui-ci « s’acquitte de ses fonctions conformément à la Constitution ». L’absence publique du nouveau dirigeant nourrit néanmoins les interrogations sur la continuité du commandement iranien.
Sécuriser le détroit d’Ormuz face à une semaine d’escalade annoncée
Donald Trump a averti que les États-Unis frapperaient l’Iran « très fort au cours de la prochaine semaine ». Après un déploiement militaire sans précédent depuis des décennies, Washington prévoit d’envoyer de nouveaux renforts, selon la presse américaine.
Sécuriser le détroit d’Ormuz demeure l’objectif stratégique central du président américain. La multiplication des fronts actifs — Irak, Liban, Iran, Arabie saoudite, Koweït, Israël — rend toute accalmie peu probable. Le conflit entre dans sa troisième semaine avec une intensité qui ne faiblit pas.
Source : Agence France-Presse
















