Le mandat des députés au Cameroun vient d’être prolongé pour la deuxième fois en moins d’un an. Les membres de l’Assemblée nationale ont voté jeudi en faveur d’une reconduction jusqu’au 20 décembre 2026. Cette décision repousse encore les élections législatives et municipales, dont le calendrier reste à ce stade indéterminé.
Un vote adopté en séance plénière le 19 mars 2026
Les députés camerounais ont voté, jeudi 19 mars 2026, la prolongation de leur mandat jusqu’au 20 décembre 2026. L’Assemblée nationale a entériné la décision lors d’une séance plénière tenue à Yaoundé. Le média officiel Cameroon Tribune a annoncé le résultat le soir même.
Théodore Datouo a présidé la séance. Élu à la tête de la Chambre deux jours plus tôt, le mardi 17 mars, il dirigeait pour la première fois une séance plénière. Cameroon Tribune a relayé l’information sur sa page Facebook. Aucun député n’a exprimé de contestation formelle lors de la séance.
Le texte de prolongation a été déposé et adopté dans la même journée. Aucun délai notable n’a séparé le dépôt du projet de son adoption définitive.
Le mandat des députés au Cameroun : une deuxième prolongation en moins d’un an
Ce vote constitue la deuxième reconduction consécutive du mandat de l’Assemblée nationale camerounaise. Le 10 mars 2025, les députés avaient déjà voté une première prolongation d’un an.
Le mandat des députés Cameroun devait initialement prendre fin en mars 2025, cinq ans après les élections législatives de janvier 2020. Cette échéance n’a pas été respectée.
La prolongation adoptée jeudi porte le terme du mandat au 20 décembre 2026. En remontant aux élections de janvier 2020, la durée totale atteint ainsi près de sept ans, soit presque deux années supplémentaires par rapport au mandat légal d’origine de cinq ans.
En moins d’un an, les députés ont repoussé à deux reprises consécutives les élections législatives et municipales. Le calendrier électoral camerounais s’en trouve durablement décalé.
Le Cameroun n’a plus organisé d’élections législatives depuis plus de six ans. Aucun renouvellement du corps législatif n’est intervenu depuis janvier 2020.
Un texte déposé et voté le même jour
Selon Cameroon Tribune, le texte a été « déposé cet après-midi (…) avant d’être adopté (…) au cours d’une séance plénière ». Aucun délai n’a précédé le vote.
Cette célérité traduit la dynamique d’une Chambre présidée par un élu de la majorité présidentielle. Le texte n’a pas suscité d’opposition formelle rapportée.
Un nouveau président installe la Chambre dans la continuité présidentielle
Théodore Datouo, élu président de l’Assemblée nationale le mardi 17 mars, a présidé la séance du 19 mars. Ce député issu de la majorité présidentielle remplace Cavaye Yéguié Djibril.
Djibril, âgé de 86 ans, occupait ce poste depuis 34 ans. Son départ met fin à trois décennies de continuité à la présidence de la Chambre.
Le calendrier est direct : Datouo prend la tête de l’Assemblée le mardi, et préside deux jours plus tard le vote de prolongation du mandat des élus. Ce premier acte majeur de présidence s’inscrit dans la continuité des orientations de l’exécutif. La coïncidence de calendrier souligne la coordination entre les deux événements.
L’élection de Datouo marque une rupture générationnelle avec 34 ans de présidence inchangée. Sa prise de fonction coïncide immédiatement avec le vote qui consolide le mandat de ses pairs.
Le mandat des députés au Cameroun dans le contexte électoral annoncé par Biya
Paul Biya avait lui-même préparé le décalage. Le 10 février 2026, lors de son discours annuel adressé à la jeunesse, il avait annoncé un « léger réajustement » du calendrier des élections législatives et municipales.
Cette formulation prudente ne précisait ni délai ni nouvelles dates. Le vote du 19 mars en constitue la traduction législative directe.
Biya dirige le Cameroun depuis 1982. Réélu le 12 octobre pour un huitième mandat avec 53,66 % des voix selon les résultats officiels, il est le doyen des chefs d’État en exercice dans le monde. Aucun autre dirigeant actuellement en poste n’exerce ses fonctions depuis aussi longtemps.
Une réélection marquée par des violences reconnues par le gouvernement
Cette réélection a donné lieu à des manifestations dans plusieurs grandes villes du pays. Les autorités ont procédé à leur répression.
Le gouvernement a officiellement reconnu « plusieurs dizaines » de morts, sans fournir de bilan précis. Cette reconnaissance partielle, portée par les autorités elles-mêmes, atteste de la gravité des violences post-électorales.
Ces événements constituent le fond politique dans lequel s’inscrit la prolongation du mandat législatif. Le Cameroun aborde cette période sans calendrier électoral défini, dans un contexte de tensions non résolues.
Réactions et déclarations officielles
L’information repose sur Cameroon Tribune, seul média cité dans les éléments disponibles. Organe de presse officiel camerounais, il a publié sur Facebook que le texte avait été « déposé cet après-midi (…) avant d’être adopté (…) au cours d’une séance plénière présidée par le nouveau chef de la Chambre, Théodore Datouo ».
Cette déclaration confirme deux points : la rapidité de la procédure et le rôle de Datouo dès son premier acte de présidence.
Du côté de l’exécutif, Biya n’a pas exprimé de réaction publique spécifique au vote du 19 mars. Le Parlement a suivi la ligne politique que Biya avait tracée dans son annonce du 10 février.
Conséquences et suite attendue
La décision s’impose comme un fait institutionnel : en l’espace de douze mois, l’Assemblée nationale camerounaise a voté à deux reprises pour prolonger son propre mandat.
Le mandat des députés camerounais court désormais jusqu’au 20 décembre 2026. Les autorités n’ont rendu public aucun calendrier précis pour les prochaines élections législatives.
Les élections municipales, également concernées par le « léger réajustement » annoncé par Biya en février, n’ont pas davantage de date fixée. Législatives et municipales restent sans échéance officielle.
L’Assemblée nationale camerounaise n’aura connu aucun renouvellement de ses membres entre janvier 2020 et le prochain scrutin. Cette période excède six ans. Les deux prolongations successives portent la durée totale du mandat à près de sept ans.
La formule de Biya, « léger réajustement », laisse entendre que des élections sont attendues avant ou aux alentours de décembre 2026. Aucun texte n’officialise à ce jour une date ferme pour les législatives.
Théodore Datouo présidera la Chambre tout au long de cette transition institutionnelle. Il prend la tête d’une assemblée dont le mandat a été prolongé à deux reprises et dont les membres n’ont pas été soumis au suffrage depuis plus de six ans.
Le prochain scrutin législatif se tiendra dans un pays marqué par les violences post-électorales qui ont suivi la présidentielle d’octobre. Les conditions de son organisation restent à définir.
Source : Agence France-Presse
















