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Détroit d’Ormuz les alliés réticents : Trump met en cause l’Europe et le Royaume-Uni

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Détroit d’Ormuz les alliés réticents : Donald Trump a dénoncé lundi les résistances de plusieurs partenaires occidentaux à envoyer des navires de guerre dans ce couloir maritime stratégique, bloqué par l’Iran depuis le début du conflit. Le président américain a particulièrement ciblé le Royaume-Uni, l’Allemagne et la France. En moins de trois semaines, la guerre lancée par Israël et les États-Unis contre la République islamique a causé la mort de plus de 2 200 personnes.

Détroit d’Ormuz alliés réticents : Trump interpelle ses partenaires

Pour lever le blocus iranien sur le détroit d’Ormuz, Donald Trump a exigé que des pays membres de l’Otan — et la Chine — dépêchent des bâtiments militaires dans ce couloir maritime. Par ce passage transite habituellement un cinquième du trafic mondial d’hydrocarbures.

Lors d’un échange avec des journalistes à la Maison Blanche, Trump n’a pas ménagé ses mots. « Depuis quarante ans, nous vous protégeons et vous ne voulez pas vous impliquer dans quelque chose de très mineur », a-t-il lancé, sans identifier précisément les pays visés.

Sa frustration s’est concentrée sur le Royaume-Uni. Il a qualifié l’attitude de Londres de « décevante », rappelant que « le Royaume-Uni était considéré comme la Rolls Royce des alliés ». Il a aussi cité la présence de soldats américains en Allemagne, au Japon et en Corée du Sud pour étayer son argumentation.

Malgré ces critiques, Donald Trump a affirmé croire que le Royaume-Uni et la France prêteraient finalement main forte aux États-Unis, en dépit des réserves affichées par leurs dirigeants. Il a indiqué que plusieurs autres pays avaient déjà répondu favorablement à son appel, sans en révéler les noms.

Détroit d’Ormuz alliés réticents : Berlin et Londres ferment la porte à l’Otan

Le chancelier allemand Friedrich Merz a été catégorique lundi. « Nous ne participons pas à cette guerre », a-t-il affirmé. « Ce n’est pas une affaire de l’Otan », a-t-il insisté, excluant toute opération de l’Alliance atlantique pour débloquer le détroit.

Le Premier ministre britannique Keir Starmer a adopté une position similaire sur l’essentiel. Il a écarté tout scénario qui entraînerait le Royaume-Uni dans « une guerre plus vaste », mais dit travailler avec ses partenaires à un plan « viable » pour rouvrir le détroit à la navigation commerciale. Sa formulation est restée délibérément prudente.

Cinq dirigeants occidentaux — la France, le Royaume-Uni, l’Allemagne, l’Italie et le Canada — ont par ailleurs publié une déclaration commune. Ils ont appelé à « éviter » une offensive terrestre israélienne de grande envergure au Liban, estimant qu’elle « aurait des conséquences humanitaires dévastatrices et pourrait conduire à un conflit prolongé ».

Un conflit déclenché le 28 février

La guerre a éclaté le 28 février, lorsqu’Israël et les États-Unis ont lancé leur campagne militaire contre la République islamique. Ce même jour, le guide suprême iranien Ali Khamenei a été assassiné. Son meurtre a conduit le Hezbollah, mouvement chiite pro-iranien, à entrer en guerre pour « venger » sa mort.

Le bilan dépasse 2 200 morts en moins de trois semaines. Les victimes sont en grande majorité iraniennes et libanaises, selon les autorités. Le conflit alarme la communauté internationale. Les marchés pétroliers vacillent. La stabilité géopolitique de la région s’effrite.

Israël continue de bombarder Téhéran. De nouvelles explosions ont secoué Téhéran à la mi-journée lundi. Des journalistes de l’AFP présents sur place en ont attesté. L’armée israélienne a simultanément frappé des « infrastructures du régime » à Chiraz, dans le sud du pays, et à Tabriz, dans le nord-ouest.

L’Iran a riposté par des tirs de missiles dans le centre d’Israël, blessant huit personnes. Des débris sont tombés sur des lieux saints de la Vieille ville de Jérusalem, selon la police israélienne.

Réactions des belligérants et des capitales

Au Liban, deuxième front principal du conflit, l’armée israélienne a annoncé des « opérations terrestres limitées et ciblées » contre le Hezbollah. Plusieurs incursions au sol ont déjà eu lieu dans le sud du pays depuis le début du mois. Plus d’un million de personnes ont été déplacées depuis le début des frappes israéliennes sur le territoire libanais. Le Hezbollah a pour sa part affirmé avoir ciblé des troupes et des véhicules israéliens dans au moins trois villes frontalières.

Le président israélien Isaac Herzog a appelé lundi les pays européens à « soutenir tout effort visant à éradiquer » le Hezbollah. Il a par ailleurs accueilli favorablement l’offre de médiation française entre Israël et le Liban.

Du côté iranien, le chef de la diplomatie Abbas Araghchi a affiché sans ambiguïté la détermination de Téhéran. Les États-Unis et Israël « ont compris à quel genre de nation ils avaient affaire : une nation qui est prête à poursuivre la guerre jusqu’au bout, où qu’elle mène, et à aller aussi loin que nécessaire », a-t-il déclaré.

Conséquences économiques et nouvelles frappes dans le Golfe

Le blocage du détroit d’Ormuz pèse lourdement sur les marchés mondiaux. Les membres de l’Agence internationale de l’Énergie (AIE) ont décidé la semaine dernière de débloquer collectivement 400 millions de barils issus de leurs réserves stratégiques. C’est une décision sans équivalent depuis un demi-siècle. L’AIE s’est déclarée prête à libérer davantage de volumes si la situation l’exige.

Un signal d’accalmie partielle est apparu dimanche. Un pétrolier pakistanais a franchi le détroit avec son système de traçage activé. Selon le site MarineTraffic, cela « suggère que certains transports bénéficient peut-être d’un passage sécurisé négocié » avec l’Iran. Les cours du pétrole reculaient lundi en réaction à cette annonce.

L’Iran frappe parallèlement les pays du Golfe qui hébergent des bases et des intérêts américains. L’aéroport de Dubaï a cessé toute activité pendant plusieurs heures lundi. Un drone a frappé ses installations, déclenchant l’incendie d’un réservoir de carburant.

Ce hub figure parmi les plus fréquentés du trafic aérien mondial. Aux Émirats arabes unis, les frappes ont continué. Une attaque a paralysé un terminal pétrolier. Une autre a mis le feu à un important champ de pétrole.

Les Gardiens de la Révolution, armée idéologique de la République islamique, ont désigné les entreprises américaines dans la région comme leurs prochaines cibles « bientôt ». Ils ont appelé leurs employés à évacuer, sans préciser lesquelles étaient concernées.

Sur le plan diplomatique, Donald Trump a annoncé avoir demandé à Pékin de repousser d’environ un mois la visite officielle prévue fin mars. La Chine demeure fortement dépendante du pétrole de la région, ce qui lui confère un intérêt direct dans l’issue de la crise.

Source : Agence France-Presse

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