Réclamant de nombreux mois d’arriérés de salaire, les travailleurs de la société de développement du Cameroun (CDC) ont donné de la voix le 12 novembre dernier à Tiko, dans la région du Sud-Ouest. Dos au mur, le gouvernement, comme à son habitude, tente de calmer les grévistes en promettant de régler la note.
Les travailleurs de la société de développement du Cameroun ( CDC) sont en colère et n’en peuvent plus de continuer de vivre dans une galère, une misère déconcertante. Certains qui y ont bossé depuis des lustres, ont le sentiment d’avoir été délaissé par l’Etat. Eux qui tous les jours, tels des laissés pour compte, mendient leur pitance. « Le gouvernement avait donné l’assurance de prendre en charge toutes les dettes dues par la CDC, y compris le paiement des arriérés de salaires de ses travailleurs. Nous en sommes où aujourd’hui ? Nous survivons, nos enfants ne vont pas à l’école, ne parviennent ni à manger, ni à se soigner pourtant nous avons passé de nombreuses années de notre vie à travailler pour l’Etat », se plaignent ces travailleurs de la Société de développement du Cameroun (CDC).
Qui sont descendus dans la rue le mardi 12 novembre à Tiko, dans la région du Sud-Ouest, pour réclamer le paiement de leurs salaires impayés. Des centaines, lesdits manifestants possédaient des plantes à la main. Ils sont remontés contre le directeur général de la CDC. Selon eux, ce dernier qui serait en partie responsable de leur malheur devrait être mis sur la touche. « Njei Franklin doit partir », scandaient les manifestants lors de la marche dans les rues de la ville . Face aux caméras et aux micro, ils ne décolèrent point: « Nous exigeons uniquement qu’on nous paie notre labeur pour que nous puissions en vivre », fulminent les travailleurs.
Conscient de la situation en ce moment où le Cameroun connait une morosité économique des plus accrues, Paul Biya, face à la montée des tensions sociales, sort de sa réserve. Aussi a-t-il immédiatement instruit le ministre des Finances, Louis Paul Motaze, d’accélérer le processus de paiement des arriérés dus aux travailleurs de la Cameroon Development Corporation (CDC). Une information rapportée par Cameroon News Agency.
Qui indique par ailleurs que selon des sources en haut lieu, une concertation gouvernementale se serait tenue dans l’urgence à Yaoundé sur instruction du chef de l’Etat. Elle, nous infirme-t-on aurait eu lieu juste après que Paul Biya ait été mis au parfum par ses canaux habituels de renseignements de la marche de protestation des travailleurs de la CDC. Le MINFI, apprend-on, devrait dans les tout prochains jours s’engager avec une banque de la place à l’effet de prendre les dispositions finales pour le paiement des arriérés des travailleurs de la CDC.
Il est important de souligner qu’entre 2021 et 2022, les effectifs de la Cameroon Development Corporation (CDC), l’agro-industriel public exploitant les plantations de bananes, de palmiers à huile et d’hévéa au Cameroun, ont enregistré une diminution significative de 34,7%, soit 5 518 employés ayant quitté l’entreprise au cours de cette période. C’est le rapport 2022 de la Commission technique de réhabilitation des entreprises du secteur public et parapublic (CTR) sur la situation des entreprises et établissements publics qui révèle ces chiffres qui donnent froid dans le dos.
















