Annoncée par le ministre de l’Eau et de l’Énergie, Gaston Eloundou Essomba, la vaste offensive contre la fraude à l’électricité débute ce 16 mars sur l’ensemble du territoire. L’opération fait suite à une réunion de concertation tenue le 12 mars à Yaoundé avec les acteurs du secteur et les associations de consommateurs.
La lutte contre la fraude à l’électricité entre dans une nouvelle phase. Les opérations dites « coup de poing » annoncées par le ministère de l’Eau et de l’Énergie sont officiellement lancées ce lundi 16 mars sur l’ensemble du territoire national.
Pertes de près de 60 milliards de Fcfa chaque année
Cette offensive vise à endiguer un phénomène qui fragilise durablement le système électrique camerounais. Selon les autorités, les pertes liées aux branchements illégaux et aux manipulations d’installations atteignent près de 60 milliards de Fcfa chaque année.
Quelques jours avant ce lancement, le ministre de l’Eau et de l’Énergie avait réuni les principaux acteurs du secteur. La rencontre tenue le 12 mars a rassemblé les responsables de l’Arsel, d’Eneo, de la Sonatrel ainsi que plusieurs associations de consommateurs. L’objectif était de mobiliser l’ensemble des parties prenantes autour d’une action coordonnée contre la fraude. Les contrôles seront intensifiés dans plusieurs localités et viseront notamment les installations irrégulières et les branchements clandestins.
Fraude électrique : l’État lance des opérations coup de poing dès mars
Pour le ministre, ces pratiques constituent aujourd’hui l’un des principaux facteurs de déséquilibre financier du secteur de l’électricité. Les ressources perdues, a-t-il expliqué, représentent autant d’investissements qui ne peuvent être réalisés pour améliorer la qualité du service. La fraude a également des conséquences techniques importantes. Les branchements illégaux provoquent régulièrement la surcharge des transformateurs et entraînent des coupures d’électricité dans plusieurs quartiers.
Risques sécuritaires non négligeables
À ces difficultés s’ajoutent des risques sécuritaires non négligeables. Chaque année, des accidents graves, parfois mortels, sont enregistrés à cause d’installations électriques non conformes.
Au cours de la rencontre, Gaston Eloundou Essomba a également mis en garde contre les réseaux informels qui prospèrent autour de ces pratiques. Certains individus, souvent appelés « barons de la fraude », se présentent comme des intermédiaires capables de fournir de l’électricité illégalement. Le ministre a tenu à rappeler que ces personnes n’agissent ni pour le compte de l’État. Ni pour celui des opérateurs du secteur. Recourir à leurs services expose les usagers à des sanctions, mais aussi à de graves dangers.
De leur côté, les associations de consommateurs ont exprimé leur soutien à l’initiative gouvernementale. Elles se sont engagées à relayer auprès des populations un message de civisme et de responsabilité. Pour les autorités, la réussite de ces opérations dépendra aussi de l’implication des citoyens.
















