La Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul), déployée depuis 1978, maintient la paix entre Israël et le Liban. Elle est aujourd’hui confrontée à une recrudescence de violences. Plusieurs Casques bleus ont été tués ces derniers jours. Ils se trouvent pris en étau entre l’armée israélienne et le Hezbollah. Les tensions dans le sud du pays s’intensifient.
La Finul (Force intérimaire des Nations unies au Liban) a perdu plusieurs soldats ces derniers jours et reste active. Elle sert de force de maintien de la paix entre Israël et le Liban depuis 1978. Aujourd’hui, elle se retrouve sous le feu croisé de l’armée israélienne et du Hezbollah. Cette force compte près de 8.200 soldats issus de 47 pays différents. Elle est prise en étau entre Israël et la formation pro-iranienne Hezbollah.
Le Hezbollah a entraîné le Liban dans la guerre entre Israël et les États-Unis d’une part, et l’Iran d’autre part, depuis le 2 mars. Depuis, la Finul a essuyé des tirs à plusieurs reprises
Un Casque bleu indonésien a été tué dimanche par l’explosion d’un projectile d’origine inconnue près de la ville frontalière d’Adchit Al Qusayr. Lundi, deux autres soldats ont été tués dans « une explosion d’origine inconnue » près de Bani Hayyan, autre ville frontalière, et plusieurs autres ont été blessés.
Le 6 mars, trois soldats ghanéens avaient été grièvement blessés dans une attaque sur leur base à al-Qaouzah, attribuée à Israël par le président libanais Joseph Aoun. Quelques jours après, des obus israéliens avaient touché le quartier général du bataillon népalais. Lors de la dernière guerre entre le Hezbollah et Israël à l’automne 2024, la Finul avait accusé les troupes israéliennes de tirs « répétés » et « délibérés » sur ses positions.
L’Irlande et la France sont également contributrices
La Finul est déployée entre le fleuve Litani et la frontière libano-israélienne, et son quartier général est installé à Ras al-Naqoura, près de la frontière avec Israël. Ses principaux contingents sont fournis par l’Indonésie, l’Inde, le Ghana, l’Italie et le Népal. La Malaisie, l’Espagne, l’Irlande et la France sont également contributrices en hommes.
Son mandat, renouvelé chaque année par le Conseil de sécurité de l’ONU, expirera le 31 décembre 2026. Fin août, sous la pression des États-Unis et d’Israël, le Conseil de sécurité a programmé son retrait pour 2027. Cette décision est jugée prématurée par certains observateurs. La Finul appelle à appliquer la résolution 1701 du Conseil de sécurité. Cette résolution a mis fin à la guerre entre Israël et le Hezbollah en 2006.
Cette résolution stipule la cessation des hostilités des deux côtés de la frontière et prévoit que seules les forces de maintien de la paix de l’ONU et l’armée libanaise soient déployées dans le sud du Liban. Ce texte a permis le déploiement de l’armée libanaise le long de la frontière jusqu’alors tenue par le Hezbollah.
Mais le parti a conservé une présence dans la région, où il a, selon des experts, creusé un important réseau de tunnels, qui constituent une violation de la résolution 1701. En 2020, l’ONU avait réclamé au Liban, en vain, un accès à ces tunnels sous la Ligne bleue, qui marque la frontière entre les deux pays.
Des tirs et des tensions ont continué de se produire
Après 2006, des tirs et tensions entre Israël et le Hezbollah ont continué, bien que sporadiquement, jusqu’en octobre 2023. La Finul est chargée d’appuyer le travail humanitaire, mais elle peut décider de toute action nécessaire pour déployer ses forces. Son objectif est d’assurer que sa zone d’opérations ne soit pas utilisée pour des actes hostiles.
La Finul a été créée en 1978 pour maintenir la paix et stabiliser le sud du Liban. Elle avait déployé 6.000 hommes après une première invasion par Israël d’une partie du sud libanais. Israël affirmait vouloir protéger le nord de son territoire contre les combattants de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP). En 1982, les troupes israéliennes étaient allées jusqu’à Beyrouth avant de se retirer en 1985.
Sommés par le Conseil de sécurité, selon la résolution 425, Israël devait retirer ses forces de tout le territoire libanais. Malgré cette résolution, Israël a conservé une bande frontalière. En août 2000, la Finul, jusque-là témoin impuissant face à Israël dans le sud du Liban, s’est finalement déployée. Ce déploiement est intervenu après la fin de l’occupation israélienne en mai de la même année.
La Finul a perdu au moins 340 hommes
La Finul a perdu au moins 340 hommes, des soldats pour la plupart, depuis 1978. Des incidents ont opposé des patrouilles de Casques bleus à des habitants du sud du Liban, notamment des partisans du Hezbollah. Le dernier incident de ce type remonte à décembre 2022, lorsqu’un Casque bleu irlandais a été tué et trois autres blessés dans l’attaque de leur véhicule.
Les autorités libanaises ont indiqué fin janvier vouloir une présence internationale, de préférence sous mandat onusien. Elles ont demandé aux contingents européens de rester au Liban pour soutenir la mission de la Finul. Début février, le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a estimé que l’armée libanaise devrait se substituer à la Finul.
La Finul compte actuellement 700 militaires français déployés au Liban pour ses opérations de maintien de la paix. L’Italie a indiqué vouloir conserver une présence militaire au Liban après le départ de la Finul.
© Agence France-Presse
















