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Douala : Le cancer préoccupe médecins et chercheurs

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Le cancer et les défis de sa prise en charge ont été au centre des débats lors du tout premier congrès international de la société camerounaise d’oncologie ( Ciscon 1) qui s’est tenu à Douala du 23 au 27 mars 2026.

Pendant 3 jours donc, les médecins et les chercheurs ont débattu du sujet. Ils ont parlé des « défis de la prise en charge des cancers et couverture santé universelle en Afrique ». Un thème bien choisi pour lutter contre un mal qui continue de faire des ravages dans le monde et en Afrique. Le Cameroun compte 20 000 nouveaux cas de cancers.

Partager mutuellement les expériences

Et dans le Littoral, les informations parlent des « zones dans la région où l’on retrouve plus de cancers féminins » Il s’agit du district de santé de Deido, de Logbaba, et du district de santé d’Edéa », apprend-on.

A Douala donc, les oncologues se sont retrouvés pour partager mutuellement les expériences cliniques et scientifiques en oncologie. Et présenter toutes les innovations. Restant dans les défis. Florence Zeh Kakanou va se poser plusieurs questions.

« Est-ce que nous voulons adopter un langage scientifique pour pouvoir les envoyer. Ou bien un langage qui peut nous permettre d’adhérer aux soins, d’adhérer aux conseils? Est-ce que c’est un langage convaincant? C’est un défi très important », dit la secrétaire permanente du comité national de lutte contre le cancer au Cameroun.

Communication entre les collègues

C’est pour évoquer la dimension communication. Un nodule présenté par le Pr Paul Ndom qui a captivé l’attention de tous.  « Le professeur a parlé parce que dans le cadre de la promotion qui est un gros chapitre dans la santé. On a la communication interpersonnelle, la communication entre les collègues. Comment est-ce que nous puissions nous échanger et la communication aussi sur le plan global. »

« Ça veut dire lors des campagnes, comme le professeur l’a dit, quel est le message que nous communiquons ? Est-ce que nous adaptons le message en fonction des zones spécifiques, en fonction de notre problème culturel? Je crois que la problématique du cancer doit être abordée en fonction des contextes », dit-elle et avec raison.

Puisque « ce que l’on pense du cancer à l’Extrême-Nord, ici au Cameroun, ce n’est pas la même manière que ce que l’on pense du cancer au Sud-Ouest », dit-elle.

Autre défi, la participation de la population.  « Parce que vous luttez contre le cancer, est-ce que nous avons demandé la vie de la population? Comment est-ce que nous pourrons mieux l’accompagner? Est-ce que nous avons fait ce que l’on appelle les focus groupes communautaires, les approches communautaires, afin de pouvoir contextualiser leurs propositions? »

« Je crois que ça, c’est une des voies qui pourra nous aider. L’un des défis aussi, c’est les soins palliatifs. On a pris les soins palliatifs pour quelque chose d’accompagner, quelqu’un pour nourrir. On a oublié que les soins palliatifs ont plusieurs piliers. Et les soins palliatifs commencent à partir du premier jour quand on voit le malheur. »

« Même quand il y a une consultation, parce qu’il y a l’aspect psychologique, cette approche qui est très importante. Et je crois que si nous pensons que les soins palliatifs doivent faire partie de tout le parcours du soin. Nous aurons gagné quelque chose ».

Convaincre le malade de guérir

Pour elle encore, il n’est pas facile de convaincre le malade à guérir. « On prend du temps. La partie éducation thérapeutique a été un peu omise dans le parcours de soin du patient. C’est le médecin ou l’oncologue ou le chirurgien qui va appuyer le côté familial, le côté entourage, le côté confident». Pourtant « Chaque malade a un rôle ».

« Chaque malade a quelqu’un qui le fera plus oublier par rapport à la personne qu’il a amenée à l’hôpital en premier lieu. Tout ça, ce sont des choses sur lesquelles nous devons plancher ensemble. L’autre défi, c’est qu’on a mis la prise en charge du cancer au niveau des formations sanitaires de première catégorie. On a oublié la communauté des soins de santé primaires, les centres de santé intégrés.

Et c’est pour cela que ces patients sont découverts tardivement. Comment est-ce que nous pouvons développer certaines interventions qui feront partie du paquet minimal d’activités de la communauté, des centres de santé intégrés, des CMA et comment développer, cette référence et contre-référence.

Référence et contre-référence

On sait qu’avant, il y avait un grand système de référence et de contre-référence. Mais la verticalisation des prises en charge a tué ce système de contre-référence. On refait encore les mêmes examens pour les mêmes résultats. Donc ça, ce sont des choses sur lesquelles nous devons plus nous pencher et c’est ça qui va réduire les coûts. Et je crois que ça, c’est l’un des points qui doit entrer dans la médecine santé universelle »

Et justement pour le volet couverture santé universelle. Les congressistes ont suggéré l’enrôlement des cancers dans le panier des soins de la couverture santé universelle. En cours au Cameroun puisque «  le pays a lancé la CSU. Et le cancer n’est pas encore dans le pipe. »

«  Mais en prélude à son intégration dans la CSU camerounaise, on voulait voir les défis lancés par les autres pays. Ce qu’ils ont trouvé comme solution, c’est de pouvoir se préparer. Pour viabiliser les malades camerounais qui souffrent de cancer », avons-nous suivi dans la salle des travaux.

Trois professeurs contre le cancer

Caractère individualiste des oncologues

Et pour finir, les experts ont parlé du caractère individualiste des oncologues au Cameroun : « En cancérologie et autres, il y a trop d’individualistes, il y a trop d’égos. Nous ne pouvons pas avancer si nous ne nous tenons pas la main. L’oncologue ne peut pas être un bon s’il n’est pas associé avec un chirurgien oncologue. »

« Le chirurgien oncologue ne peut pas avoir de place s’il n’y a pas le médecin généraliste. S’il n’y a pas le biologiste, s’il n’y a pas le radiologue. Toutes ces personnes sont importantes. Dans beaucoup de pays, il y a des études de recherche qui sont plurielles. Et c’est ça qui montre la visibilité d’un pays et la force d’un pays », a dit Florence Zeh Kakanou.

Ciscon 1, un grand moment de partage et de réflexion. Tout a été dit pour mener la lutte contre le cancer en Afrique. On a vu la participation de quelques pays africains. On peut citer entre autres le Bénin, la RDC, le Gabon. Le prochain congrès est annoncé en mars 2028 et c’est la ville Bafoussam qui a été choisie pour les travaux.

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