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Cour suprême : La condamnation à vie d’Ayuk Tabe annulée

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Le 19 mars 2026, la Cour suprême du Cameroun a annulé l’arrêt de la Cour d’appel du Centre. Cet arrêt avait confirmé la condamnation à perpétuité du leader séparatiste Sisiku Ayuk Tabe Julius et de ses coaccusés, pour terrorisme et hostilité contre la patrie. Une décision majeure qui ouvre la voie à un nouveau jugement à la cour d’appel.

La Cour suprême du Cameroun a rendu une décision importante dans l’affaire impliquant le leader séparatiste Sisiku Julius Ayuk Tabe. Elle concerne également dix de ses coaccusés. Le 19 mars 2026, elle a cassé l’arrêt de la Cour d’appel du Centre. Cet arrêt avait confirmé leur condamnation à la réclusion criminelle à perpétuité. La décision a été rendue par la Chambre criminelle de la section judiciaire de la Cour suprême.

Elle a été saisie à la suite d’un pourvoi introduit par Sisiku Ayuk Tabe et neuf autres coaccusés. Ils sont souvent désignés sous le nom de « NERA 10 ». Cette appellation fait référence à l’hôtel Nera à Abuja au Nigeria, où ils avaient été interpellés, avant d’avoir été  transférés au Cameroun pour y être jugés.

La décision de la Cour suprême relance la procédure

Pour rappel, l’affaire remonte au 20 août 2019. À cette date, le tribunal militaire de Yaoundé avait déclaré les accusés coupables de plusieurs chefs d’accusation, notamment de sécession, de terrorisme et d’hostilité contre la patrie.

Ils avaient alors été condamnés à la réclusion criminelle à perpétuité, assortie de lourdes sanctions financières, dont 250 milliards de Fcfa de dommages-intérêts civils et 12 milliards de Fcfa de frais de justice. En septembre 2020, la cour d’appel du Centre avait confirmé ces peines.

Depuis lors, les avocats de Sisiku Ayuk Tabe ont multiplié les démarches et arguments pour contester la procédure. Ils soutenaient notamment que plusieurs avis rendus au niveau international mettaient en doute la régularité du procès. Selon eux, les règles ayant encadré le jugement de leur client ne respectaient pas les standards juridiques internationaux.

Face à ces différentes requêtes, la Cour suprême a examiné attentivement les arguments soulevés. Elle a ainsi porté une attention particulière aux éléments évoqués par la défense, ce qui a contribué à l’analyse du dossier et à la décision finale de cassation. Une décision qui n’a pas tardé à provoquer de vives réactions dans la salle d’audience.

Dans la salle d’audience, l’annonce de cette décision a suscité une vive émotion. Ayuk Tabe et neuf de ses coaccusés, présents à la barre, affichaient un large sourire. Le leader séparatiste s’est rapproché de ses proches venus assister à l’audience, laissant éclater son soulagement. À l’une d’elles, il aurait lancé : « Tes prières ont été entendues ! ».

Cour suprême : l’affaire Ayuk Tabe en suspens

La satisfaction est également palpable côté défense

Du côté de la défense, la satisfaction est également palpable. Les avocats ont salué une décision « historique » et « courageuse », rendue sous la présidence de la magistrate Marie-Louise Abomo. Ils estiment que cette cassation confirme les irrégularités dénoncées depuis plusieurs années, évoquant notamment un procès tenu de nuit et des conditions dans lesquelles les accusés n’auraient pas pu pleinement s’exprimer.

« Ce qu’il faut retenir, c’est que la Cour suprême a décidé de casser une décision, de reconnaître qu’il y a eu des injustices », a réagi Me Akere Muna.

L’affaire est désormais renvoyée devant la cour d’appel du Centre, avec un nouveau groupe de juges et un nouveau regard sur l’affaire, pour être rejugée. Une nouvelle étape judiciaire s’ouvre. Les avocats de la défense comptent en profiter pour faire valoir leurs arguments.

Ils espèrent, à terme, obtenir la libération de leurs clients. Au-delà de la procédure, cette décision marque un tournant dans ce dossier sensible. L’affaire est suivie de près au Cameroun et à l’international.

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