L’ancien ministre et figure de l’opposition beninoise, Alassane Tigri, proche parent de l’auteur d’une tentative de coup d’Etat déjouée en décembre, a été écroué pour « complot contre l’autorité de l’État ».
Des militaires avaient tenté de renverser le président Patrice Talon – censé passer la main en avril. Mais le putsch avait été rapidement contré par la résistance de l’armée béninoise, appuyée ensuite par le Nigeria voisin et son allié la France. D’autres personnalités politiques ainsi que des militaires ont été écroués dans le cadre de cette affaire. Alassane Tigri a été interpellé mercredi soir à son domicile Cotonou, en exécution d’un mandat d’arrêt de la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET), selon des sources judiciaires.
Le 29 janvier dernier, il a été présenté devant des juges puis placé en détention provisoire, ont-elles ajouté. « À l’issue de l’audition, le juge des libertés et de la détention a décerné un mandat de dépôt à son encontre« , a confirmé un de ses proches. Alassane Tigri est poursuivi entre autres pour « complot contre l’autorité de l’État », selon ces sources.
Ancien ministre et vice-président du principal parti d’opposition Les Démocrates, Alassane Tigri est un proche parent du lieutenant-colonel Pascal Tigri. Il s’agit du meneur, toujours en fuite, des mutins ayant tenté un coup d’Etat en décembre. Contacté par l’AFP, le parti Les Démocrates n’avait pas encore réagi à l’annonce de son incarcération jeudi soir.
Romuald Wadagni, l’ultra-favori
Patrice Talon doit quitter le pouvoir en avril après deux mandats. C’est le maximum autorisé par la Constitution, lors d’une élection présidentielle. Les Démocrates sont exclus, faute d’un nombre suffisant de parrainages. Le ministre des Finances Romuald Wadagni, successeur désigné de M. Talon, est ultra-favori. Ce dernier n’aura qu’un seul adversaire. Il s’agit de l’opposant Paul Hounkpè des Forces cauris pour un Bénin émergent (FCBE), considéré comme modéré.
La tentative de coup d’Etat n’a pas empêché la tenue de récentes élections législatives et communales, entièrement remportées par les partis de la coalition au pouvoir.
© Agence France-Presse
















