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Pape Léon en tournée en Afrique : onze jours, quatre pays, un pontificat engagé

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Pape Léon, tournée en Afrique : du 13 au 23 avril, le pontife américain visite l’Algérie, le Cameroun, l’Angola et la Guinée équatoriale. Onze jours, 18 000 kilomètres, 11 discours et 7 messes attendent ce pape de 70 ans, pour son troisième voyage hors d’Italie depuis son élection en mai 2025. Dialogue interreligieux, paix, lutte contre les inégalités et droits humains : un programme dense, dans un contexte mondial tendu.

Un marathon de onze jours à travers le continent

Du 13 au 23 avril 2026, le pape Léon XIV sillonnera quatre pays africains : l’Algérie, le Cameroun, l’Angola et la Guinée équatoriale. Ce troisième voyage hors d’Italie depuis son élection en mai 2025 représente son déplacement le plus ambitieux à ce stade du pontificat.

Le programme accumule les défis : près de 18 000 kilomètres, une dizaine de villes visitées, 11 discours et 7 messes. Pour le pape américain de 70 ans, réputé en bonne forme physique, ce rythme s’apparente à un véritable marathon.

Les thématiques convoquées reflètent les priorités du pontificat : dialogue interreligieux, appel à la paix, gestion équitable des ressources naturelles, lutte contre les inégalités et défense des droits humains.

Pape Léon en tournée en Afrique : l’Algérie ouvre le voyage (13-15 avril)

L’Algérie constitue une étape historique : aucun pape ne s’y était jamais rendu. L’islam y est religion d’État, ce qui confère à ce déplacement une dimension interreligieuse particulière. Le dialogue entre les religions sera au cœur de cette étape inaugurale.

Le cardinal Jean-Paul Vesco, archevêque d’Alger, a résumé l’esprit du voyage dans un entretien accordé à l’AFP. Pour lui, le pape est « un frère qui vient visiter ses frères ».

Léon XIV visitera la Grande Mosquée d’Alger et rencontrera le président Abdelmadjid Tebboune. Le pontife se rendra ensuite à Annaba, l’ancienne Hippone, sur les traces de Saint Augustin (354-430). Cet héritage spirituel irrigue directement ce pontificat.

Le programme prévoit une halte dans la chapelle des 19 « martyrs d’Algérie », prêtres et religieuses assassinés durant la décennie noire de guerre civile (1992-2002), notamment les moines de Tibhirine. Léon XIV s’y recueillera en privé.

Quelques jours avant le départ, trois ONG internationales ont interpellé le pape. Elles l’exhortent à soulever les questions de droits humains et de liberté religieuse auprès des autorités algériennes.

Le Cameroun en quête de paix et de réconciliation (15-18 avril)

Au Cameroun, pays laïc et multiconfessionnel à majorité chrétienne, l’appel à la réconciliation dominera le séjour. Le nord-ouest anglophone traverse depuis près d’une décennie un conflit armé entre forces gouvernementales et groupes séparatistes.

L’étape la plus symbolique se déroulera le 16 avril à Bamenda, épicentre des violences. Léon XIV y prononcera un discours et célébrera une messe, dans une ville placée sous haute sécurité. Le conflit a provoqué des milliers de morts et des centaines de milliers de déplacés.

Environ 37 % des quelque 30 millions d’habitants du Cameroun sont catholiques. L’Église catholique gère sur place un vaste réseau d’hôpitaux, d’écoles et d’œuvres caritatives. Sa présence sur le terrain humanitaire lui confère un crédit moral que le Saint-Siège entend consolider.

Léon XIV célébrera aussi une messe au stade de Douala, capitale économique. À Yaoundé, il rencontrera le président Paul Biya, 93 ans, l’un des doyens des chefs d’État dans le monde, au pouvoir depuis 1982. Le clergé camerounais, influent sur la scène politique, s’est parfois montré ouvertement critique à l’égard du chef de l’État.

En Angola, les inégalités au cœur du message (18-21 avril)

L’Angola concentre les paradoxes que Léon XIV entend dénoncer. Ex-colonie portugaise indépendante depuis 1975, le pays abrite des ressources pétrolières et minières considérables. Pourtant, environ un tiers de la population vit sous le seuil de pauvreté international, fixé à 2,15 dollars par jour.

Quelque 44 % des Angolais — soit 15,2 millions de personnes — se déclarent catholiques dans ce pays lusophone à majorité chrétienne. Des décennies de guerre civile l’ont ravagé jusqu’en 2002.

Le pontife devrait insister sur la gestion équitable des ressources naturelles et la lutte contre la corruption. Ces deux thèmes structurent le discours social de son pontificat, et prennent ici une résonance particulière dans un pays pétrolier marqué par de profondes fractures sociales.

La visite suscite des critiques directes. Rosa Kanga, enseignante de 42 ans, déplore que « des millions de dollars seront ponctionnés dans les caisses de l’État pour les préparatifs, sans aucun bénéfice pour notre pays ».

Léon XIV se rendra à Luanda, la capitale sur les rives de l’Atlantique. Quartiers huppés et vastes bidonvilles s’y côtoient, reflet des contrastes urbains du pays. Le programme inclut également le sanctuaire marial de Muxima, principal lieu de pèlerinage national, et la ville orientale de Saurimo.

Pape Léon en tournée en Afrique : la Guinée équatoriale en clôture (21-23 avril)

La Guinée équatoriale referme la tournée sur une note délicate. Jean-Paul II avait foulé le sol de cette ex-colonie espagnole d’Afrique centrale en 1982. Quarante-quatre ans plus tard, Léon XIV y réalise la deuxième visite papale de l’histoire.

Ce petit pays de 2 millions d’habitants affiche un taux de catholicité de 80 %. Teodoro Obiang Nguema le dirige depuis 1979, et son régime fait l’objet d’accusations régulières de dérives autoritaires.

Le pontife devra tenir un équilibre délicat : soutenir les fidèles sans être perçu comme un cautionnement du pouvoir en place. À Malabo, l’ancienne capitale sur l’île de Bioko, le pape rencontrera des représentants du monde de la culture. Il visitera également le personnel et des patients d’un hôpital psychiatrique.

Le pape se rendra aussi à Mongomo, dans l’est du pays, fief natal du président Obiang. Dans les rues de Malabo, des photos géantes du pontife ornent déjà les façades. Les habitants arborent des objets à son effigie, et la télévision nationale diffuse en boucle des spots annonçant sa venue.

Un voyage aux résonances mondiales

Cette tournée africaine s’inscrit dans un contexte international tendu. La guerre au Moyen-Orient pèse sur la diplomatie mondiale, et le Saint-Siège cherche activement à y faire entendre sa voix.

Ce marathon africain dessine le profil international d’un pontificat ambitieux. Les thèmes retenus — dialogue interreligieux, paix, justice sociale — dépassent largement les frontières des quatre pays traversés.

Pour le pape américain, l’Afrique représente un terrain stratégique sur le plan confessionnel. Le continent figure parmi les régions les plus dynamiques du catholicisme mondial, et ce voyage en porte la pleine dimension symbolique.

Source : Agence France-Presse

Pourparlers Liban Israël Washington : des négociations sous haute pression américaine

Pourparlers Liban Israël Washington : Benjamin Netanyahu a annoncé jeudi l’ouverture de négociations directes avec Beyrouth. Une réunion se tiendra la semaine prochaine dans la capitale américaine pour discuter d’un cessez-le-feu. Les positions des deux camps restent cependant très éloignées sur des points fondamentaux.

Netanyahu se résout à négocier sous pression américaine

Benjamin Netanyahu a annoncé jeudi avoir donné l’ordre à son cabinet d’engager des « négociations directes » avec le Liban « dans les plus brefs délais ». Un responsable du département d’État américain a confirmé à l’AFP qu’une réunion se tiendrait la semaine prochaine à Washington pour « discuter des négociations de cessez-le-feu ».

Cette décision n’est pas spontanée. David Wood, expert à l’International Crisis Group, est direct : le gouvernement Netanyahu « a clairement accepté de négocier avec le Liban sous la pression des États-Unis, principal allié d’Israël ». Alex Grinberg, chercheur à l’Institut de Jérusalem pour la Stratégie et la Sécurité, confirme qu’Israël a accepté ces discussions « simplement pour répondre à la pression diplomatique internationale ».

Washington a pesé de tout son poids. Selon Wood, la priorité américaine dans la région est de « maintenir le détroit d’Ormuz ouvert au trafic maritime mondial ». Les attaques israéliennes sur le Liban « risquaient de compromettre cet objectif », précise l’analyste, alors que Téhéran conditionne le cessez-le-feu régional à l’inclusion du Liban dans l’accord.

Un contexte régional sous haute tension

Le Hezbollah pro-iranien a entraîné le Liban dans le conflit le 2 mars. Dès la semaine suivante, le président libanais Joseph Aoun s’était prononcé en faveur de « négociations directes sous parrainage international ». Beyrouth et Tel-Aviv sont techniquement en état de guerre depuis des décennies.

Depuis le début des hostilités, les frappes israéliennes ont fait près de 1 900 morts au Liban et provoqué le déplacement d’un million de personnes. Cette semaine, Washington et Téhéran ont conclu une trêve régionale de deux semaines. Israël et l’Iran s’affrontent désormais sur la question de l’inclusion du Liban dans cet accord.

Pourparlers Liban Israël Washington : des demandes irréconciliables

Les positions des deux parties divergent sur plusieurs points essentiels. Beyrouth réclame un cessez-le-feu avant tout début de négociations, selon un responsable libanais ayant requis l’anonymat auprès de l’AFP. Le gouvernement libanais exige également le retrait complet des troupes israéliennes de son territoire.

Israël n’a pas montré de disposition à arrêter la guerre. Ses responsables répètent leur intention d’établir une « zone de sécurité » dans le sud du Liban. Netanyahu a précisé que les négociations porteraient sur « le désarmement du Hezbollah et l’établissement de relations de paix entre Israël et le Liban ».

Ces deux agendas sont difficilement compatibles. Beyrouth arrive à la table en position défensive, sous pression militaire constante. Tel-Aviv entend dicter les termes d’un réaménagement sécuritaire profond dans le sud du pays.

Le Hezbollah rejette toute concession

Le chef du Hezbollah, Naïm Qassem, a haussé le ton vendredi. Il a appelé les responsables libanais à ne pas faire de « concessions gratuites à Israël ». La veille, un député du parti avait affiché le rejet par le mouvement de toute négociation directe entre le Liban et Israël.

Sur le terrain, le Hezbollah continue de combattre les forces israéliennes progressant dans le sud. Le mouvement maintient également ses tirs de roquettes et de missiles sur le territoire israélien. Ces faits illustrent la persistance d’une capacité militaire intacte, malgré les engagements formels pris par les autorités libanaises.

La décision gouvernementale du 2 mars d’interdire les activités militaires du Hezbollah est restée sans effet. En janvier, l’armée libanaise avait pourtant annoncé avoir achevé le démantèlement des structures militaires du parti dans le sud du pays, entre la frontière israélienne et le fleuve Litani, à une trentaine de kilomètres au nord.

Pourparlers Liban Israël Washington : l’impasse structurelle du gouvernement libanais

David Wood résume l’obstacle central : la guerre a démontré à nouveau « que le gouvernement libanais ne pouvait pas appliquer des décisions politiques majeures sans l’accord du Hezbollah ». Pour que les pourparlers aboutissent, estime l’analyste, « le Hezbollah doit être présent à la table des négociations, même si ce n’est que de manière indirecte ».

Cette réalité n’est pas nouvelle. Après la précédente guerre entre Israël et le Hezbollah, conclue en novembre 2024, Beyrouth s’était engagé à désarmer le mouvement. Le Hezbollah reste pourtant le seul groupe armé à avoir conservé ses armes à l’issue de la guerre civile libanaise de 1990.

Le précédent de 1983 comme signal d’alarme

L’histoire offre un avertissement. En 1983, un gouvernement libanais fragile avait signé un accord avec Israël dans la foulée d’une invasion israélienne ayant chassé les combattants palestiniens du pays. Ce texte mettait fin à l’état de guerre entre les deux États et prévoyait le retrait des forces israéliennes.

L’accord a été abrogé moins d’un an plus tard, en mars 1984, sous la pression de la Syrie et des partis libanais alliés à Damas. Cet épisode illustre la fragilité de tout accord signé sans le soutien des acteurs armés présents sur le territoire. La question du Hezbollah, en 2026, reproduit exactement cette configuration.

Source : Agence France-Presse

Rôle de la Chine dans la trêve Iran–États-Unis : Pékin, acteur discret mais décisif

Le rôle de la Chine dans l’obtention du cessez-le-feu entre Washington et Téhéran est désormais confirmé par plusieurs sources officielles. Pékin a convaincu l’Iran de s’engager dans des négociations à un moment où les espoirs de dialogue s’amenuisaient. La Chine se garde pourtant de toute communication triomphante et maintient une ambivalence calculée sur l’étendue de son engagement futur.

Trump confirme le rôle de la Chine dans les négociations

Donald Trump a annoncé mardi un cessez-le-feu de deux semaines entre les États-Unis et l’Iran. Peu après cette annonce, le président américain a déclaré à l’AFP que la Chine avait joué un rôle clé pour amener Téhéran à la table des négociations.

Cette déclaration trouve une confirmation indépendante. Une source officielle pakistanaise de haut rang a affirmé que la Chine « est intervenue et a convaincu l’Iran » d’ouvrir des pourparlers, à un moment où les perspectives de dialogue semblaient compromises.

Pékin n’a pas démenti. Liu Pengyu, porte-parole de l’ambassade de Chine à Washington, a indiqué que Pékin « salue tous les efforts propices à la paix et soutient le Pakistan dans ses efforts de médiation ». Il a précisé que la Chine « continuera à jouer un rôle constructif et à s’efforcer d’apaiser les tensions et de mettre fin au conflit ».

Mais la Chine s’abstient de toute rhétorique victorieuse. Elle soutient le cessez-le-feu sans valoriser sa propre action diplomatique. Cette retenue n’est pas accidentelle : elle reflète un calcul politique délibéré.

Le Pakistan, pivot de la séquence diplomatique

Le vice-président américain JD Vance doit entamer samedi des pourparlers avec l’Iran au Pakistan. Ce pays entretient des relations étroites avec Pékin. Il courtise activement Donald Trump, notamment pour obtenir un soutien face à l’Inde.

Le Pakistan joue un rôle central dans ce dispositif diplomatique. Sa position entre Pékin et Washington lui confère une influence particulière dans la séquence en cours.

Liu Pengyu a expressément salué, dans sa déclaration, « le Pakistan dans ses efforts de médiation ». Cette formulation reconnaît la centralité d’Islamabad dans le processus. Elle traduit aussi la préférence de Pékin pour un engagement indirect, via des intermédiaires, plutôt qu’une implication directe et visible.

La configuration actuelle sert les intérêts de plusieurs acteurs simultanément : le Pakistan gagne en visibilité diplomatique, la Chine préserve son influence sans s’exposer, et les États-Unis avancent dans les négociations.

Des experts mesurent le rôle de la Chine

Les analystes tempèrent cependant l’ampleur réelle de l’engagement chinois. Yun Sun dirige le programme Chine au Stimson Center à Washington. Elle observe que l’Iran perçoit la Chine comme un garant potentiel de sa sécurité. L’Iran « a tout intérêt à donner l’impression que la Chine joue un rôle important, dans l’espoir que celle-ci s’implique dans le respect du cessez-le-feu », analyse-t-elle.

Pékin refuse pourtant d’endosser ce rôle. « La Chine n’offre pas de garanties de sécurité, et comment pourrait-on même essayer de garantir quoi que ce soit avec le président Trump ? Cela ne ferait que créer des problèmes pour la Chine à l’avenir », ajoute Yun Sun.

Lyle Morris, de l’Asia Society Policy Institute, apporte un autre éclairage sur la posture américaine. En saluant publiquement l’action de Pékin, Trump chercherait à apaiser les tensions avant sa visite prévue en Chine le mois prochain. Morris relativise néanmoins le poids réel de Pékin dans ce dossier. La Chine a moins d’intérêts en jeu que les États-Unis, l’Iran, Israël ou les États du Golfe.

« La Chine n’est pas un acteur principal dans cette affaire. En fin de compte, elle joue un rôle secondaire en raison de ses capacités et de ses intérêts dans ce conflit », conclut Morris.

Cette lecture converge avec celle d’autres experts : Pékin a su exercer une influence diplomatique réelle, mais son engagement reste circonscrit à ses intérêts directs.

La stratégie chinoise : priorité à la stabilité économique

La Chine, deuxième économie mondiale, importe environ la moitié de ses besoins en pétrole depuis le Moyen-Orient. Elle a réduit cette dépendance ces dernières années en accélérant le développement de ses capacités en énergies renouvelables.

En 2023, Pékin a accueilli la réconciliation diplomatique entre l’Iran et l’Arabie saoudite. Les États-Unis, alors dirigés par Joe Biden, avaient minimisé le rôle de la Chine dans cet accord. Cet épisode avait pourtant démontré que Pékin pouvait peser sur les équilibres régionaux sans mobilisation militaire.

Un diplomate issu d’un pays du Moyen-Orient résume la logique chinoise : « La stratégie de la Chine au Moyen-Orient a été magistrale. Elle y fait des affaires sans jamais tirer un seul coup de feu mais face aux changements dans la région, elle sait qu’elle a besoin d’un volet politique. »

Henry Tugendhat, du Washington Institute for Near East Policy, confirme cette lecture. Pékin maintient ses forces militaires concentrées en Asie, notamment près de la mer de Chine méridionale et de Taïwan. Malgré ses critiques récurrentes de l’hégémonie américaine, la Chine ne déploie pas ses forces en dehors de l’Asie. Pour Tugendhat, « le principal intérêt de la Chine dans la région est simplement la stabilité nécessaire aux relations économiques qu’elle cherche à développer ».

Cette approche économico-diplomatique définit l’ensemble de la posture chinoise au Moyen-Orient : maximiser les bénéfices commerciaux en minimisant les coûts sécuritaires.

Conséquences : un modèle préservé, une influence confirmée

Le calcul stratégique de Pékin repose sur une logique éprouvée. Les États-Unis assurent depuis des décennies la sécurité dans le Golfe. Cette présence libère la Chine de toute obligation militaire coûteuse dans une région où ses intérêts économiques sont considérables.

Tugendhat estime que Pékin pourrait « accepter un retour aux garanties de sécurité américaines comme la moins mauvaise des options ». Un engagement direct comporterait trop de risques pour des bénéfices incertains.

Cette crise confirme la cohérence du modèle chinois. Pékin a démontré sa capacité à exercer une influence diplomatique déterminante sans s’exposer militairement ni créer d’obligations nouvelles difficiles à tenir.

Son implication dans la trêve Iran–États-Unis reste calibrée : suffisante pour peser sur l’issue des négociations, insuffisante pour contraindre Pékin à en garantir le respect. Ce positionnement, affiné depuis plusieurs années, illustre une stratégie de puissance qui privilégie la discrétion sur la visibilité, et la stabilité sur l’hégémonie.

Le rôle de la Chine dans cette crise n’est ni anecdotique ni central. Il est, selon les experts, précisément ce que Pékin souhaitait qu’il soit.

Source : Agence France-Presse

Croissance record pauvreté au Bénin : le prochain président face à un défi social persistant

Croissance record pauvreté au Bénin : le contraste est frappant dans ce pays d’Afrique de l’Ouest. Le Bénin affiche une expansion économique supérieure à 6% par an, un déficit public maîtrisé et des milliers de kilomètres de routes tracées. Pourtant, plus de 30% de la population vit encore sous le seuil de pauvreté. Le président élu dimanche hérite de cette tension entre dynamisme économique et difficultés sociales persistantes.

Un boom économique qui fait des envieux

Sous la présidence de Patrice Talon, le Bénin a engagé une transformation économique de grande ampleur. La croissance annuelle dépasse 6%. Le déficit public a été ramené à 3% du PIB. Quelque 3 000 kilomètres de routes ont été construits à travers le pays. Des levées de fonds réalisées sur les marchés internationaux ont renforcé la crédibilité financière du pays à l’étranger.

Le climat des affaires s’est profondément assaini. Les procédures administratives ont été numérisées. La création d’entreprise, jadis longue et bureaucratique, peut désormais s’effectuer en ligne en une heure. Ces réformes ont produit des effets concrets pour de nombreux acteurs économiques.

À Abomey-Calavi, dans la proche banlieue de Cotonou, Mathias Tottin dirige une entreprise agroalimentaire qui emploie aujourd’hui une quarantaine de salariés. Ses incubateurs contiennent des milliers d’œufs destinés à devenir des poussins vendus sur le marché local. Sa trajectoire illustre l’impact des réformes menées sous Talon.

« Le climat des affaires est bien assaini au Bénin. Avant, à la douane, il y avait des tarifs à la tête du client pour le même produit. Aujourd’hui, c’est fini », se félicite-t-il.

Des entrepreneurs portés par les réformes

Au cœur de Cotonou, Caludia Togbe dirige une marque de cosmétiques locale dont la boutique a quadruplé de superficie en quelques années. Elle attribue cette progression à la simplification des démarches administratives.

« On peut créer son entreprise en une heure en ligne ! Plusieurs formalités sont digitalisées, il y a beaucoup de facilités pour les entrepreneurs et ça nous permet de rester focalisés sur notre métier au lieu de courir dans les administrations », détaille-t-elle.

Le développement économique a également favorisé l’émergence d’une clientèle nouvelle. Togbe observe l’apparition d’une « certaine classe moyenne » au Bénin, qui alimente désormais ses ventes. Ce phénomène, encore fragile, témoigne d’une transformation structurelle en cours.

Patrice Talon cède sa place après dix ans au pouvoir. Son bilan est salué dans le monde des affaires. Son successeur devra toutefois convaincre ceux que la croissance n’a pas encore atteints.

Croissance record pauvreté au Bénin : les chiffres qui nuancent le tableau

Ces performances macroéconomiques dissimulent des réalités sociales difficiles. Le taux de pauvreté dépasse encore 30% dans le pays. Le Bénin se classe 173e sur 193 à l’indice de développement humain. La croissance n’a pas profité à l’ensemble de la population.

Le secteur informel occupe une place considérable dans l’économie béninoise, comme dans la plupart des pays d’Afrique de l’Ouest. Beaucoup de travailleurs exercent sans filets de protection sociale. Leurs revenus restent proches du minimum légal.

Dans le quartier Zongo de Cotonou, le couturier Moucharaf Fassassi emploie quatre salariés, rémunérés environ 60 000 francs CFA par mois (91,50 euros). Ce montant dépasse à peine le salaire minimum légal, fixé à 52 000 francs CFA (79 euros). La capacité d’épargne demeure très limitée.

La modernisation urbaine a aussi produit des effets inattendus. Les marchés informels de Cotonou ont été remplacés par des halles modernes, plus propres et mieux organisées. Mais les charges plus élevées se sont répercutées sur les prix à la consommation, pénalisant les ménages les plus modestes.

« Tout est cher ! » : le quotidien sous pression

À la faculté des sciences de la santé de Cotonou, Aliou Falilatou prépare du dégué, un populaire dessert lacté à la semoule. Devant ses marmites, elle dresse un tableau sombre du pouvoir d’achat.

« Tout est cher ! Au marché, le gingembre, la tomate… Plus rien n’est abordable », déplore-t-elle.

Elle reconnaît pourtant que des progrès ont eu lieu. « On ne peut pas dire qu’il n’y a pas de développement, beaucoup de choses ont changé. Mais à la fin du mois, si je vous disais qu’il me reste de l’argent, je mentirais », ajoute-t-elle. Elle appelle à des prêts plus accessibles pour les revenus modestes.

Moucharaf Fassassi partage cette inquiétude. « Mon souhait, c’est que le prochain président diminue le coût de la vie, notamment les taxes et l’électricité. C’est difficile de mettre de côté aujourd’hui », confie-t-il à l’AFP.

Aristide Fadegnon, commerçant de produits céréaliers, résume le sentiment général avec franchise : « Toute cette croissance dont on se vante ne se ressent pas dans l’assiette du pauvre à l’heure du repas. »

Aristide Medenou, directeur général de l’Économie au ministère dédié, reconnaît l’urgence. « Notre croissance n’a de sens que si elle est inclusive, c’est notre priorité absolue », affirme-t-il. Selon lui, le « but ultime » de l’action gouvernementale reste « l’éradication de l’extrême pauvreté ».

Croissance record pauvreté au Bénin : les enjeux de la présidentielle

L’élection de dimanche cristallise ces tensions entre dynamisme économique et difficultés sociales. Le grand favori, Romuald Wadagni, occupe le poste de ministre des Finances depuis 2016. Architecte reconnu du boom économique béninois, il entend inscrire son mandat dans la continuité des réformes engagées.

Son rival, Paul Hounkpè, a répondu directement aux attentes des classes populaires. Il a promis des baisses de prix sur les produits de première nécessité, une proposition qui tranche avec la doctrine officielle.

Le gouvernement, par la voix de M. Medenou, écarte l’idée d’un contrôle direct des prix. « Dans une économie de marché, notre doctrine n’est pas d’administrer les prix de façon arbitraire, mais d’agir sur les fondamentaux de l’offre et d’assumer notre rôle de bouclier en cas de crise », explique-t-il.

Trois leviers guident la stratégie du camp Wadagni : davantage de production agricole, un mécanisme de stabilisation des prix du carburant et un pragmatisme fiscal en cas de choc économique. Pour encourager la sortie du secteur informel, il propose également « la mise en place d’un mécanisme de crédit allant de 50 000 (76 euros) à 50 millions de francs CFA » (76 200 euros), précise M. Medenou.

Le prochain chef de l’État dispose d’atouts économiques solides. Sa mission centrale sera de rendre cette croissance tangible pour les populations les plus fragilisées.

Source : Agence France-Presse

Négociations de paix Iran–États-Unis : Islamabad en attente, le doute plane

Les négociations de paix Iran–États-Unis débutent ce week-end à Islamabad. La délégation iranienne a atterri au Pakistan vendredi, mais des conditions posées par Téhéran font peser l’incertitude sur la tenue même des discussions. La ville est placée sous haute sécurité en prévision de pourparlers au résultat incertain.

La délégation iranienne sur place, les discussions restent suspendues

La délégation iranienne a atterri à Islamabad vendredi soir. Mohammad Bagher Ghalibaf, président influent du Parlement iranien, la conduit. Abbas Araghchi, ministre des Affaires étrangères, figure également parmi les participants, selon la télévision d’État iranienne.

Mais l’arrivée physique des délégués ne garantit pas l’ouverture des discussions. Ghalibaf a posé deux conditions préalables, décrites comme des mesures « sur lesquelles les parties se sont mises d’accord » : un cessez-le-feu au Liban et le déblocage des actifs iraniens gelés à l’étranger. Ces deux exigences restent non satisfaites à l’heure où les délégations se retrouvent sur le sol pakistanais.

La délégation américaine n’est pas encore sur place. Le vice-président JD Vance, qui dirige les représentants des États-Unis, n’est attendu que samedi matin. Il sera accompagné de l’émissaire spécial Steve Witkoff et de Jared Kushner, gendre de Donald Trump.

Islamabad transformée en ville fantôme avant les pourparlers

La capitale pakistanaise présente un visage inhabituel. Les autorités ont déployé un dispositif de sécurité massif avant les négociations, prévues dans un hôtel de luxe. Les rues habituellement animées se sont vidées, formant un décor de ville sous cloche.

Le Premier ministre Shehbaz Sharif a pris la parole vendredi pour dissiper les doutes. « En réponse à mon invitation sincère, des dirigeants des deux pays viendront à Islamabad, où des négociations se tiendront pour instaurer la paix », a-t-il affirmé dans une allocution à la nation. Son intervention visait à contrebalancer les signaux contradictoires émis par Téhéran depuis plusieurs jours.

Le Pakistan assume ici un rôle de médiateur central. Islamabad s’offre comme terrain diplomatique entre deux puissances que séparent des décennies d’hostilité déclarée.

Washington affiche l’ouverture, Trump maintient la pression

JD Vance a livré un double message avant son départ pour Islamabad. Il a appelé Téhéran à « ne pas se jouer » de Washington, tout en affirmant vouloir « essayer de mener des négociations positives ». « Si les Iraniens sont prêts à négocier de bonne foi, nous sommes tout à fait disposés à leur tendre la main », a-t-il déclaré.

Donald Trump a choisi un registre plus frontal. Il a estimé que l’Iran n’avait « aucune carte en main » autre que le blocage du détroit d’Ormuz, point de passage stratégique pour le commerce mondial des hydrocarbures. En cas d’échec des discussions, Trump a explicitement menacé l’Iran de nouvelles frappes militaires.

Cette posture américaine associe un signal d’ouverture et une pression maximale. Elle définit le rapport de force dans lequel s’engagent les pourparlers.

Le scepticisme iranien pèse sur les négociations de paix Iran

À Téhéran, la population accueille l’initiative avec méfiance. Un habitant de 30 ans, s’exprimant sous couvert d’anonymat auprès de l’AFP, résume l’état d’esprit de nombreux Iraniens. « On ne devrait pas prendre Trump aussi au sérieux. Il veut rayer une civilisation de la carte et douze heures plus tard, met en place un cessez-le-feu qui ne repose sur rien », dit-il.

Ce scepticisme traduit une défiance structurelle à l’égard de la parole américaine. La trêve de deux semaines, conclue mardi, n’a pas suffi à installer un climat de confiance entre les deux capitales. Les pourparlers s’ouvrent donc sur fond de suspicion réciproque affichée.

Les bombardements au Liban fragilisent les négociations de paix Iran

La trêve a été violée dès le mercredi suivant sa signature. Des frappes israéliennes ont tué 357 personnes au Liban ce jour-là, selon un nouveau bilan. Israël a affirmé avoir neutralisé 180 combattants du Hezbollah lors de ces opérations.

Ces bombardements constituent les plus meurtriers au Liban depuis le début de la guerre au Moyen-Orient. Ce conflit a éclaté le 28 février à la suite d’une attaque israélo-américaine contre l’Iran, avant de se propager à l’ensemble de la région, faisant des milliers de morts. Vendredi, de nouvelles frappes ont tué 13 membres des forces de sécurité libanaises dans le sud du pays, selon l’agence de presse d’État libanaise.

Téhéran et Washington s’affrontent sur l’inclusion du Liban dans le périmètre du cessez-le-feu. Israël maintient sa détermination à poursuivre sa lutte contre le Hezbollah pro-iranien. Le mouvement chiite rejette les négociations directes entre Beyrouth et Tel Aviv, prévues mardi à Washington — une initiative que Benjamin Netanyahu avait approuvée. Son chef Naïm Qassem a appelé vendredi les dirigeants libanais à refuser toute « concession gratuite » à Israël.

Vendredi encore, une trentaine de tirs ont frappé le territoire israélien depuis le Liban, causant des dégâts matériels, selon l’armée israélienne.

Détroit d’Ormuz et nucléaire, obstacles aux négociations de paix Iran

Deux dossiers de fond compliquent davantage les pourparlers. Le premier est le détroit d’Ormuz. Sa réouverture constituait une condition explicite du cessez-le-feu, mais le trafic maritime y reste entravé. La principale association européenne d’aéroports a tiré la sonnette d’alarme vendredi : une pénurie de kérosène menace le continent « si le passage par le détroit d’Ormuz ne reprenait pas de manière stable et significative dans les trois prochaines semaines ». Les conséquences économiques d’un blocage prolongé dépassent largement le cadre militaire.

Dans le Golfe, les tensions restent vives. Le Koweït a annoncé vendredi que des membres de sa Garde nationale avaient été blessés à la suite d’attaques survenues la veille. Téhéran a nié toute implication.

Le nucléaire constitue l’autre fracture. Le chef de l’Organisation iranienne de l’énergie atomique a exclu toute restriction du programme d’enrichissement d’uranium. Cette limitation figure pourtant parmi les exigences prioritaires des États-Unis et d’Israël, qui accusent Téhéran de chercher à se doter de l’arme atomique. La République islamique défend son droit au nucléaire à usage civil.

Sur ce point, aucun compromis n’est en vue. Les négociations de paix Iran–États-Unis s’engagent donc à Islamabad avec un agenda chargé, des lignes rouges fermement posées de part et d’autre, et une région qui continue de brûler.

Source : Agence France-Presse

Mission Artémis II sur la Lune : records, premières et images d’une mission historique

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Mission Artémis II sur la Lune : du 10 avril 2026, quatre astronautes — trois Américains et un Canadien — ont bouclé le premier vol habité autour de la Lune en plus d’un demi-siècle. En dix jours, l’équipage a battu des records de distance, produit des images déjà iconiques et ouvert une nouvelle ère de la conquête spatiale.

 Un équipage historique autour de la Lune

Pour la première fois dans l’Histoire, une femme, un homme noir et un non-Américain ont volé ensemble autour de la Lune. Christina Koch, Victor Glover et le Canadien Jeremy Hansen ont rejoint le commandant Reid Wiseman à bord du vaisseau Orion, propulsé par la fusée SLS. Ce vol marque une rupture nette avec l’ère Apollo.

Entre 1968 et 1972, seuls des hommes blancs américains s’étaient aventurés jusqu’au satellite naturel de la Terre, situé à environ 400 000 km de distance — soit 1 000 fois plus loin que la Station spatiale internationale. Plus de cinquante ans plus tard, le visage des équipages a changé.

La question de la représentation reste toutefois sensible. Le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche a semé le doute sur la composition des futurs équipages spatiaux américains.

 Un record de distance pulvérisé

L’équipage d’Artémis II s’est éloigné à plus de 406 000 km de la Terre. Aucun être humain n’était allé aussi loin. Ce chiffre dépasse d’environ 6 000 km le précédent record, établi lors de la mission Apollo 13 — celle du célèbre message « Houston, nous avons un problème ».

À l’occasion de ce record, les astronautes ont lancé un appel direct aux jeunes générations, les défiant de faire en sorte que cette marque « soit de courte durée ». Un geste symbolique, mais ancré dans une ambition concrète : préparer les missions suivantes, en direction cette fois de la surface lunaire, puis de Mars.

 Mission Artémis II sur la Lune : des images déjà dans l’Histoire

Durant les dix jours de vol, les quatre astronautes ont pris des milliers de photographies. Une image se distingue déjà par son impact visuel et symbolique : un « Coucher de Terre » capturé depuis l’orbite lunaire.

Cette photographie fait directement écho au « Lever de Terre » pris 57 ans plus tôt par un astronaute d’Apollo 8, lors du premier survol humain de la Lune. Sur les deux clichés, l’horizon désolé de la Lune occupe le premier plan. La Terre, avec son bleu lumineux, se détache de l’obscurité de l’espace.

La Nasa a diffusé le vol en direct. Des millions de personnes ont suivi la mission en temps réel.

 Éclipse solaire et météorites : un spectacle rarissime

L’équipage a assisté à une éclipse du Soleil derrière la Lune. Le pilote Victor Glover a qualifié ce spectacle de « science-fiction ». La Lune leur est apparue comme une sphère noire, entourée d’un halo de lumière vive, sur fond d’obscurité absolue.

Ce n’est pas le seul phénomène exceptionnel observé. Des météorites ont percuté la surface lunaire sous leurs yeux, provoquant des flashs de lumière. Un spectacle rarissime, qui a suscité la curiosité des scientifiques.

Ces impacts ont aussi mis en lumière un enjeu concret : mieux comprendre la fréquence et la violence de ces collisions, afin de limiter les risques auxquels seront exposés les futurs astronautes amenés à séjourner sur la surface de la Lune.

 La face cachée de la Lune vue de près

En passant derrière la face cachée de la Lune, les astronautes ont observé des régions lunaires depuis une altitude inédite de 6 500 km. Leurs prédécesseurs d’Apollo ne survolaient l’astre qu’à une centaine de kilomètres d’altitude. Ces zones n’avaient jusqu’ici été explorées que par des sondes automatiques.

Cette perspective nouvelle ouvre des possibilités scientifiques inédites pour les prochaines missions. Elle illustre aussi l’ambition portée par le programme Artémis : ne plus seulement frôler la Lune, mais l’explorer et s’y installer durablement.

 Mission Artémis II sur la Lune : le début d’une nouvelle course à l’espace

Artémis II constitue le premier vol habité de la fusée SLS et du vaisseau Orion. Cette mission ouvre la voie à un retour des Américains sur la surface lunaire, avec un objectif explicite : y établir une présence humaine durable et préparer de futures missions habitées vers Mars.

La compétition spatiale se joue désormais sous pression. La Chine ambitionne d’envoyer des astronautes sur la Lune d’ici 2030. Washington a construit le programme Artémis sur une architecture collaborative, avec ses partenaires européens, canadiens et japonais. Mais le retour de Donald Trump au pouvoir a jeté le doute sur la dimension internationale du programme.

La question de la continuité des alliances spatiales reste ouverte, alors que la fenêtre pour établir une présence humaine sur la Lune se resserre face à la montée en puissance du programme spatial chinois.

Source : Agence France-Presse

Visite du Pape à Douala : Samuel Kleda fait le point

En prélude à la visite du pape Léon XIV au Cameroun, l’archevêque métropolitain de Douala, Samuel Kleda, a donné un point de presse le 9 avril 2026. Il était question d’expliquer l’objectif principal de la venue du Pape, et de présenter les dispositions prises pour sa bonne tenue.

Dans un point de presse du 9 avril 2026, à la cathédrale Saint-Pierre-et-Saint-Paul, Monseigneur Samuel Kleda a clairement expliqué le but de la 4ᵉ visite papale au Cameroun. En effet, le pape Léon XIV en tournée mondiale arrive au Cameroun par Yaoundé le 15 avril, et dans la ville de Douala le 17 avril 2026.

Messager de paix

Pour ce faire, il était question pour l’archevêque de Douala d’apporter des précisions sur cette visite spirituelle de grande envergure.  « Le Pape, en tant que successeur de l’apôtre Pierre, vient d’abord principalement pour annoncer la bonne nouvelle, l’évangile, sa parole. Le Christ nous a appelés nous aussi pour le suivre ».  Et pour l’archevêque, la bonne nouvelle dont il est question est la paix au Cameroun. « En ce moment, nous en avons tous besoin dans le pays, et dans la sous-région », poursuit-il.

« Le Pape vient inviter chacun d’entre nous à proclamer la paix. Car notre pays a connu beaucoup de crises, et certaines sont encore en cours. Beaucoup n’ont plus de travail… manquent de logement et vivent dans des conditions précaires et difficiles. Alors c’est l’occasion pour nous de montrer, effectivement, qu’après avoir reçu le pape, nous sommes capables de transformer notre pays ». Pour arriver à cette fin, Monseigneur Kleda, en accord avec le livre des actes des apôtres dans la Bible, prône le partage et l’égalité des richesses de notre pays.

« Il y en a beaucoup qui sont encore en prison… »

Et ceci va de pair avec ce qui s’est récemment passé lors de la période préélectorale.  « Beaucoup de personnes sont en prison. Nous sommes à Douala, nous connaissons la crise postélectorale. Il y en a beaucoup qui sont encore en prison, et qui n’ont jamais été jugés. Nous voulons aussi qu’après la visite du pape, nous nous engagions à changer cette situation, à tout faire pour la libération de nos frères ».

Crise post-électorale : Mgr Kleda accuse le régime en place

En dehors des problèmes socio-économiques et des méfaits de la crise postélectorale, l’archevêque a insisté sur le phénomène de corruption qui gangrène le pays. Pour l’homme de Dieu, la corruption détruit tout et empêche la construction de notre pays. « Si le pays n’est pas construit, ce n’est pas par faute d’argent. Il y en a assez. Mais voyez nos routes aujourd’hui. Cela ne se comprend pas, quand on voit la richesse de notre pays. Il y a un paradoxe. Donc que chaque Camerounais se convertisse et s’engage à vivre pour la justice. Nous devons tous prier pour cela ».

Un appel à la mobilisation

Par ailleurs, durant le séjour du Pape dans la ville de Douala, Monsieur Kleda invite les populations à se mobiliser, le long du trajet de l’aéroport au stade Japoma.  Et ce, à partir de 8 h. « Mais le plus important est de se rendre au stade Japoma, dans le parking, là où aura lieu la célébration eucharistique. Pour ceux qui ne pourront pas se rendre au stade Japoma, ils pourront se mettre le long de la route pour recevoir la bénédiction du Saint-Père », a-t-il précisé.

En attendant que ce jour arrive, la cathédrale Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Douala organise des messes, des nuits de prières et prépare les fidèles de certaines paroisses à l’évènement.

Football : Aliou Cissé prend les rênes de l’Angola

Nommé sélectionneur des Palancas Negras, le technicien sénégalais Aliou Cissé entame un nouveau défi avec l’ambition de relancer une équipe en perte de vitesse.

Aliou Cissé ouvre un nouveau chapitre de sa carrière. Le technicien sénégalais a été officiellement présenté le 10avril 2026 à Luanda comme sélectionneur de l’Angola. À 50 ans, l’ancien capitaine des Lions de la Teranga relève un défi inédit, quelques jours seulement après avoir quitté son poste à la tête de la Libye.

Libre de tout engagement, il n’a pas tardé à rebondir. Son arrivée intervient dans un contexte particulier pour les Palancas Negras, en quête de stabilité après des résultats en dents de scie. Quart de finaliste de la Can 2023, la sélection angolaise n’a pas su confirmer lors de l’édition suivante disputée au Maroc.

Foot: le sélectionneur du Sénégal Aliou Cissé limogé

Passage récent à la tête de la Libye

Cissé succède ainsi au Français Patrice Beaumelle, dont le contrat est arrivé à expiration après la Can 2025. Il hérite d’un groupe talentueux, mais en manque de repères. Sa mission est de reconstruire une dynamique compétitive et installer une culture de la gagne. Fort de son expérience avec le Sénégal, qu’il a conduit au sacre continental en 2021, le technicien apporte crédibilité et rigueur. Son passage récent à la tête de la Libye, bien que bref, lui a permis de rester actif sur la scène africaine.

Dès le mois de juin, il dirigera ses premiers matchs amicaux. Ces rencontres serviront de base pour évaluer son effectif et poser les fondations de son projet de jeu. L’objectif principal reste la qualification pour la Can 2027, prévue en Afrique de l’Est. Ambitieux, Cissé affiche déjà ses intentions. Il dit vouloir écrire une nouvelle histoire avec l’Angola.

Calendrier scolaire : Rentrée du secondaire repoussée au 27 avril

Initialement prévue le 20 avril prochain, la rentrée du troisième trimestre dans l’enseignement secondaire est reportée au 27 avril. Une décision liée à la reprogrammation des finales nationales des Jeux Fenassco Ligue A, et qui suscite des réactions contrastées chez les parents.

La rentrée du troisième trimestre dans les établissements secondaires n’aura finalement pas lieu à la date prévue. Dans un communiqué rendu public le 9 avril, le ministre des Enseignements secondaires annonce son report au lundi 27 avril 2026. Initialement fixée au 20 avril, cette reprise des cours est décalée d’une semaine, en raison du réaménagement du calendrier des finales nationales des Jeux Fenassco Ligue A.

En effet, ces compétitions scolaires, d’abord programmées du 8 au 15 avril, se tiendront désormais du 19 au 26 avril à Bafoussam et Bangangté. Ce glissement entraîne automatiquement un ajustement du calendrier académique. Les autorités éducatives entendent toutefois préserver le bon déroulement de l’année scolaire. Des cours de rattrapage sont ainsi annoncés dans tous les établissements secondaires afin de limiter l’impact de ce report.

Le gouvernement ferme 171 établissements secondaires

Réactions des parents

Sur le terrain, la décision ne laisse pas indifférents les parents. Certains y voient une mesure peu adaptée aux réalités familiales. C’est le cas de Maryline Ngatchou, qui regrette l’absence de prise en compte du cycle primaire. Selon elle, les rythmes scolaires des aînés influencent directement ceux des plus jeunes, souvent à la maison.

À l’inverse, d’autres parents accueillent favorablement cette semaine supplémentaire de congé. Marie-Noëlle, dont les enfants sont uniquement au secondaire, se dit satisfaite de cette pause prolongée, qu’elle considère bénéfique.

Mais pour Bengono Aline, cette prolongation est loin d’être idéale. Elle estime que les congés favorisent l’oisiveté et les bavardages chez ses enfants. Une semaine de plus selon elle complique davantage l’encadrement à domicile. Il faut dire que ce report de la rentrée illustre les défis d’un calendrier scolaire en constante adaptation.

communiqué ministre rentrée secondaire

Médicaments humanitaires en Afrique menacés : le conflit au Moyen-Orient fragilise l’accès aux soins

Médicaments humanitaires en Afrique menacés : le conflit au Moyen-Orient fragilise les routes d’approvisionnement médical vers le continent. Le secteur subissait déjà les effets des coupes massives dans l’aide américaine à l’international. ONG médicales, organisations internationales et experts alertent sur un risque de rupture de stock imminent dans les zones de crise.

Une rupture de stock annoncée pour fin avril

Rodrigue Alitanou, directeur des opérations de l’ONG médicale Alima, pose la situation en termes nets et sans ambiguïté. Son organisation intervient dans 13 pays africains, principalement dans des zones de crise ou de conflit armé. Depuis son bureau dakarois, il prévient : « À la fin du mois d’avril, on n’aura pas de médicaments. »

La menace dépasse les simples perturbations logistiques. Les tensions actuelles pourraient, si elles persistent, déclencher des ruptures opérationnelles concrètes. Si la crise dure « un mois et demi, deux mois », prévient Alitanou, « ces alertes-là vont se transformer en impacts directs sur la continuité de nos activités ».

L’impact se chiffre de façon concrète. Chaque surcoût de 2 000 dollars sur les importations de médicaments prive 200 enfants souffrant de malnutrition d’une prise en charge médicale. Cette équation traduit directement les conséquences humaines de la désorganisation logistique.

Les premières ruptures s’observent déjà sur le terrain africain. « Ça se voit déjà au Soudan, ça se voit déjà en RDC », signale le directeur d’Alima. Selon lui, la situation commence à toucher la plupart des pays du continent.

L’augmentation du coût du carburant aggrave encore la situation. Le prix des transports logistiques bondit, réduisant mécaniquement les capacités d’approvisionnement des ONG opérant en Afrique. Ce facteur vient s’ajouter aux perturbations des routes maritimes et aériennes déjà en cours depuis le début du conflit.

Le Moyen-Orient, plaque tournante de l’approvisionnement médical

À la croisée de l’Asie — principale productrice mondiale de médicaments — et de l’Afrique, le Moyen-Orient constitue le passage central de la chaîne d’approvisionnement humanitaire. Cette position géographique stratégique en fait aussi le maillon le plus exposé à toute instabilité régionale. Toute perturbation dans la zone se répercute directement sur les livraisons vers le continent africain.

Plusieurs centrales d’approvisionnement humanitaire, installées dans la zone franche de Dubaï, ont subi des interruptions majeures. La plateforme logistique d’urgence de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), qui fournit des médicaments à plus de 150 pays dans le monde, a annulé des cargaisons dès le début du conflit. La fermeture de l’espace aérien a contraint l’organisation à réviser l’ensemble de ses itinéraires d’acheminement.

Le contournement forcé du détroit d’Ormuz représente un défi logistique considérable. Damien Dubois, coordinateur approvisionnement chez MSF Supply — l’une des centrales d’achat de Médecins Sans Frontières —, chiffre cet impact : les cargos passant par le Cap de Bonne-Espérance perdent « de 15 jours à un mois » sur les délais habituels. Les coûts de transport bondissent en parallèle, accentuant la pression financière sur les organisations humanitaires.

Ces surcoûts fragilisent directement les budgets déjà contraints des ONG médicales. La double pression — hausse du carburant et allongement des routes — réduit mécaniquement les volumes de médicaments disponibles pour les populations en crise. Les organisations ne disposent d’aucune marge budgétaire pour absorber ces chocs.

Une dépendance structurelle qui expose le continent

L’Afrique importe plus de 70 % de ses médicaments et plus de 90 % de ses actifs pharmaceutiques. Cette dépendance extrême aux approvisionnements extérieurs expose le continent à chaque turbulence géopolitique. La crise actuelle en révèle, une fois de plus, toute l’ampleur.

Ines Alaoui, responsable des politiques internationales de santé chez Coalition Plus — organisation regroupant les principales associations de lutte contre le VIH —, décrit un fonctionnement sans marge de sécurité. « Sur le continent africain, on fonctionne à flux tendu », résume-t-elle. Les stocks n’excèdent jamais le niveau strictement nécessaire à la continuité des soins.

Cette logique de flux tendu ne laisse aucun filet de sécurité face aux chocs extérieurs. Les coupes massives dans l’aide américaine à l’international avaient déjà fragilisé les approvisionnements avant même le déclenchement du conflit. Les associations membres de Coalition Plus constataient déjà des pénuries d’antirétroviraux et de traitements de prévention sur le terrain.

La nouvelle crise logistique « érode encore plus l’offre de santé », selon Alaoui. Elle craint des arrêts de traitement pour les personnes vivant avec le VIH. Cette perspective représente une menace directe sur la survie de ces patients.

L’accumulation des crises fragilise l’ensemble des acteurs humanitaires présents sur le continent. Les organisations travaillent désormais dans un contexte de ressources réduites, de routes perturbées et de besoins croissants. Chaque nouveau choc réduit leur capacité à protéger les populations les plus exposées.

Médicaments humanitaires en Afrique menacés : le diagnostic des acteurs de santé

Le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme confirme les premières perturbations. Sa porte-parole, contactée par l’AFP, « observe déjà des retards et une augmentation des coûts ». L’organisation ne constate pas encore de pénurie généralisée, mais la dynamique préoccupe.

Anne Sénéquier, co-directrice de l’Observatoire de la santé mondiale à l’Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS), pose un cadre d’analyse nuancé. « On ne parle pas d’une pénurie de médicaments à cause du conflit », précise-t-elle. Elle décrit plutôt « une contrainte supplémentaire sur une fragilité déjà intrinsèque », avec des risques de tendre vers la pénurie dans les régions les plus exposées.

Sénéquier identifie également un risque indirect mais grave. Les populations les plus vulnérables pourraient, faute d’accès aux traitements officiels, se tourner vers de faux médicaments. Ce recours risque de « mettre en péril leur santé », prévient-elle.

Médicaments humanitaires en Afrique menacés : un cessez-le-feu encore insuffisant

Le cessez-le-feu conclu mardi soir entre les États-Unis et l’Iran n’a pas dissipé les inquiétudes du secteur humanitaire. Les frappes se sont poursuivies mercredi dans le Golfe. Le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz subit encore de fortes perturbations.

Rodrigue Alitanou reconnaît un premier pas, mais juge la trêve insuffisante. « Ce cessez-le-feu est une première étape, mais elle n’est pas suffisante », déclare-t-il. Les conflits actifs dans les pays du Golfe continuent de fragiliser les opérations des ONG médicales sur le terrain.

Agathe Lamouret, coordinatrice expéditions chez MSF Supply, partage ce scepticisme. « Ça va rester très instable », estime-t-elle. Elle redoute l’incertitude pesant sur la période suivant les deux semaines de trêve : « on ne sait pas ce qui va se passer. »

L’OMS inscrit la sortie de crise dans la durée. Son porte-parole Christian Lindmeier estime qu’il « faudra plusieurs semaines pour surmonter les perturbations causées par la fermeture du détroit d’Ormuz« . Pour les ONG médicales en première ligne, chaque semaine supplémentaire fragilise davantage la continuité des soins dans les zones de crise africaines.

Source : Agence France-Presse

Trafic au détroit d’Ormuz : des centaines de navires toujours bloqués malgré la trêve

Le trafic au détroit d’Ormuz reste quasi nul deux jours après l’entrée en vigueur du cessez-le-feu entre les États-Unis et l’Iran. Seuls dix navires ont franchi ce passage stratégique depuis l’annonce de la trêve dans la nuit du 8 au 9 avril. Environ 800 bâtiments de commerce demeurent immobilisés dans le Golfe persique.

Une trêve qui ne relance pas le trafic au détroit d’Ormuz

Depuis l’annonce du cessez-le-feu, quatre pétroliers et six vraquiers seulement ont franchi le détroit d’Ormuz. Ce bras de mer avait pratiquement cessé de fonctionner depuis le déclenchement des hostilités entre les États-Unis et l’Iran. Sa réouverture figurait pourtant parmi les conditions explicites posées pour l’arrêt provisoire des combats.

Sur ces quatre pétroliers, un seul ne présente aucun lien avec l’Iran. Le « MSG », battant pavillon gabonais, a emprunté ce passage jeudi. Il transportait près de 7 000 tonnes de fioul, soit 44 000 barils, chargés à Sharjah, aux Émirats arabes unis. Sa destination était le port indien de Pipavav, selon le fournisseur de données maritimes Kpler.

Des passages toujours rares : le trafic au détroit d’Ormuz reste sous 10 % des niveaux normaux

Une dizaine d’autres bâtiments semblaient jeudi soir sur le point de franchir le détroit. Ce chiffre correspond au volume quotidien enregistré avant l’entrée en vigueur de la trêve. Aucune accélération du trafic n’est donc observable.

L’analyse des données confirme cette stagnation. Le trafic restait « inférieur de 90 % aux niveaux normaux », a précisé Bridget Diakun, analyste chez Lloyd’s List Intelligence. Elle souligne que le commerce iranien en constitue l’essentiel.

Richard Meade, rédacteur en chef de Lloyd’s List, a tranché : le détroit « demeure aussi ouvert ou fermé qu’avant l’émergence de ce plan ». Cette formulation vise directement le cadre de dix à quinze points qui sert de base à la trêve irano-américaine.

Tous les navires en route vers le détroit provenaient d’Iran, s’y dirigeaient, ou affichaient des liens avec des pays non hostiles à la République islamique. Téhéran contrôle ainsi l’intégralité des flux résiduels qui traversent ce passage.

Entre le 1er mars et le 8 avril, Kpler a recensé 315 passages dans le détroit. Sur ce total, 202 concernaient des pétroliers ou des transporteurs de gaz, dont la majorité faisait cap à l’est vers le golfe d’Oman. Six transits sur dix impliquaient des bâtiments en provenance d’Iran ou à destination de ce pays.

800 navires bloqués dans le Golfe et une crise pétrolière historique

Environ 800 navires restaient immobilisés dans le Golfe jeudi, selon Lloyd’s List. Au 7 avril, 172 millions de barils de brut et de produits raffinés attendaient en mer à bord de quelque 187 pétroliers, d’après Kpler. Ces stocks flottants témoignent de l’ampleur de la paralysie logistique qui frappe la région.

La guerre au Moyen-Orient a provoqué la plus grave perturbation de l’offre de l’histoire du marché pétrolier mondial, selon l’Agence internationale de l’énergie. Cette qualification illustre les répercussions économiques profondes du conflit sur les chaînes d’approvisionnement mondiales. Les effets s’étendent bien au-delà du seul détroit.

Depuis le 1er mars, 30 navires de commerce — dont 13 pétroliers — ont essuyé des attaques ou signalé des incidents dans le Golfe, le détroit d’Ormuz ou le golfe d’Oman, selon l’Organisation maritime internationale (OMI), l’UKMTO et Vanguard Tech. Les Gardiens de la Révolution iraniens ont revendiqué trois de ces attaques entre le samedi et le mardi précédant la trêve. L’OMI a confirmé l’une d’entre elles.

Aucune nouvelle attaque n’a eu lieu depuis l’annonce du cessez-le-feu. Ce calme relatif n’a pas suffi à convaincre l’industrie maritime de reprendre ses transits.

L’industrie maritime suspend ses décisions

Le secteur du transport maritime adopte une posture d’attente. Jakob Larsen, chargé de la sûreté et de la sécurité pour l’association professionnelle Bimco, a mis en garde mercredi contre tout départ précipité. Quitter le Golfe sans coordination préalable avec Washington et Téhéran « ne serait pas conseillé », a-t-il déclaré.

Le géant allemand Hapag-Lloyd a confirmé mercredi que ses navires ne reprendraient pas les transits par le détroit dans l’immédiat. De nombreux armateurs partagent cette retenue. Ces acteurs estiment que la trêve ne garantit pas encore la sécurité des navires souhaitant emprunter ce passage.

Les incertitudes persistent à plusieurs niveaux : règles de transit, statut des navires selon leur nationalité, présence de mines marines. Cette opacité entretient la paralysie du commerce maritime international.

Des conditions imposées par l’Iran : l’avenir du trafic au détroit d’Ormuz en jeu

L’Iran a imposé jeudi des itinéraires alternatifs aux navires souhaitant franchir le détroit. Téhéran invoque le risque de mines marines sur la route habituelle, plus au large de ses côtes.

Les Gardiens de la Révolution ont diffusé une carte détaillant des routes d’entrée et de sortie de part et d’autre de l’île iranienne de Larak. Tout bâtiment franchissant le détroit doit désormais agir en coordination avec les forces navales iraniennes, selon Vanguard Tech.

À l’exception de trois pétroliers omanais ayant traversé le détroit près des côtes d’Oman la semaine précédente, tous les bâtiments récents semblent avoir suivi l’itinéraire validé par Téhéran. Certains auraient acquitté des frais pour l’obtenir, selon plusieurs médias.

Le Financial Times a rapporté mercredi que Téhéran entendait facturer un dollar par baril transitant par le détroit, payable en cryptomonnaies. D’autres rumeurs circulaient dans le secteur maritime sans confirmation officielle. Certaines évoquaient une liste d’autorisation obligatoire pour les navires souhaitant passer.

D’autres mentionnaient un classement des pays sur cinq niveaux, les bâtiments liés à des États amicaux de l’Iran bénéficiant de conditions préférentielles. De nombreuses incertitudes subsistent sur les modalités définitives.

Les analystes ne prévoient pas de reprise rapide. Le trafic au détroit d’Ormuz ne devrait pas dépasser dix à quinze passages quotidiens tant que la trêve tient, selon Ana Subasic, analyste chez Kpler. Téhéran fixe ses exigences sur ce passage maritime stratégique. La normalisation du trafic dépend directement de la solidité du cessez-le-feu.

Source : Agence France-Presse

Le FMI sur la guerre et les mesures ciblées : Georgieva met en garde les gouvernements contre les politiques indiscriminées

Le FMI sur la guerre et les mesures ciblées — c’est le message central que Kristalina Georgieva adresse aux gouvernements ce jeudi 9 avril dans un entretien accordé à l’AFP. La directrice générale du Fonds monétaire international exige des États qu’ils ne « fassent pas plus de mal » à leurs économies avec des dispositifs d’aide mal calibrés. Elle réclame des actions « restreintes et temporaires » face aux retombées économiques du conflit au Moyen-Orient.

Un avertissement direct aux gouvernements

La fermeture du détroit d’Ormuz et la destruction d’installations pétrolières dans les pays du Golfe ont déclenché « un choc négatif d’approvisionnement ». Ce choc « va inévitablement faire du mal » aux populations, souligne Georgieva. Les pays les plus vulnérables en subissent les effets les plus violents.

Les États ressentent une pression forte pour réagir. Georgieva reconnaît qu’il est légitime d’envisager des mesures de soutien aux populations. Mais elle impose une condition absolue : ces mesures doivent demeurer « ciblées, restreintes et temporaires ».

Toute aide doit en priorité atteindre les groupes les plus fragiles. Des dispositifs universels et indiscriminés affaiblissent les finances publiques sans protéger ceux qui en ont réellement besoin. Georgieva l’affirme sans détour : il faut « privilégier les groupes les plus vulnérables plutôt que d’être indiscriminés ».

Le FMI sur la guerre et les mesures ciblées : la discipline budgétaire comme condition

Kristalina Georgieva place la rigueur budgétaire au cœur de sa réponse au choc. Cette exigence s’impose surtout aux économies qui disposent de peu de marge de manœuvre. « Il faut faire preuve de discipline budgétaire », insiste-t-elle.

La directrice générale ne minimise pas les difficultés politiques de cette ligne. Adopter des politiques de rigueur en période de crise reste impopulaire. « Ce ne sont pas des politiques très populaires, c’est même difficile », concède-t-elle.

Les banques centrales jouent un rôle décisif dans ce dispositif. Elles devront « agir rapidement » si l’inflation repart à la hausse sous l’effet du choc énergétique. Des dépenses budgétaires gouvernementales simultanées compliqueraient leur travail et « provoqueraient plus de mal économiquement », avertit Georgieva.

La coordination entre politique monétaire et politique budgétaire devient donc déterminante. Chaque décision prise sans concertation risque d’amplifier le choc initial. La discipline budgétaire, dans ce contexte, n’est pas une posture idéologique : c’est une condition de stabilité pour de nombreuses économies.

Contexte : le détroit d’Ormuz et la fragmentation mondiale

La guerre au Moyen-Orient a reconfiguré les équilibres énergétiques à l’échelle mondiale. La fermeture du détroit d’Ormuz a coupé un axe de transit essentiel pour les hydrocarbures du Golfe. La destruction d’installations pétrolières aggrave ce blocage et pèse durablement sur l’offre mondiale.

L’Asie supporte une part disproportionnée de ce choc. Georgieva le souligne avec précision : les économies asiatiques tirent 80 % de leur pétrole et environ 60 % de leur consommation de gaz de la région du Golfe. Cette dépendance structurelle les expose à un impact particulièrement sévère.

Ce choc énergétique survient dans un environnement mondial déjà fragilisé. La fragmentation croissante de l’économie internationale complique toute réponse coordonnée efficace. Georgieva le reconnaît : la coordination mondiale « apporte le plus de bénéfices », mais elle « devient plus difficile dans un monde aux centres d’influence multiples ».

La directrice générale trace néanmoins des pistes d’action collective. Elle appelle les États à renforcer leurs liens régionaux, qu’elle présente comme « une opportunité pour ajouter de la croissance potentielle ». Elle réclame aussi une réduction des barrières non tarifaires, estimées « nettement plus » dommageables que les droits de douane dans de nombreux cas.

Réactions et déclarations : Georgieva devant l’AFP

Dans son entretien accordé à l’AFP, Kristalina Georgieva formule ses attentes avec précision. Son message aux dirigeants politiques dépasse les principes généraux : il fixe des obligations concrètes. Elle ne laisse pas de place à l’ambiguïté sur les priorités du Fonds.

Sur les banques centrales, elle est directe. « Les banques centrales vont devoir être attentives », déclare-t-elle. Elles devront « agir rapidement en cas d’impact à la hausse sur l’inflation ».

Georgieva espère que les réunions à venir permettront aux gouvernements d’assumer des choix difficiles. Si ces réunions parviennent à « donner aux gouvernements le courage nécessaire pour agir de la sorte », dit-elle, « ce sera un très bon résultat ». Cette ambition politique structure l’ensemble de sa prise de parole.

Le FMI sur la guerre et les mesures ciblées : entre 20 et 50 milliards supplémentaires en vue

Les réunions de printemps du FMI et de la Banque mondiale se tiennent la semaine prochaine à Washington. Elles placeront les retombées économiques de la guerre en Iran au premier rang des discussions. Georgieva les présente comme un rendez-vous décisif pour évaluer les besoins réels, « pays par pays ».

Le Fonds a déjà reçu deux demandes de financements d’urgence depuis le début du conflit. Plusieurs autres pays ont signalé leur intention de solliciter un nouveau programme ou une aide d’urgence. Les besoins supplémentaires pourraient atteindre entre 20 milliards et 50 milliards de dollars.

Des pays comme le Sri Lanka, le Bangladesh, l’Égypte, la Jordanie et le Pakistan font déjà l’objet de discussions actives avec le FMI. Pour le Sri Lanka, les échanges portent sur « la manière de calibrer le programme, du fait de l’impact » du conflit. Des ajustements comparables sont en cours ou envisagés pour les autres économies citées.

La réponse du FMI prendra plusieurs formes selon les cas. Elle inclura l’accélération des déboursements dans les programmes déjà actifs. Des financements complémentaires restent envisageables, en fonction de l’ampleur du choc dans chaque économie nationale.

Les réunions de Washington ne se limiteront pas à l’aspect énergétique. L’impact du conflit sur les secteurs stratégiques de chaque économie nationale sera également passé en revue. Georgieva entend faire de cette semaine un moment de diagnostic rigoureux autant que de mobilisation politique.

Source : Agence France-Presse

Pourparlers entre Israël et le Liban à Washington : Netanyahu annonce des négociations directes sur fond de frappes meurtrières

Les pourparlers entre Israël et le  Liban à Washington se tiendront la semaine prochaine au département d’État américain, a confirmé un responsable américain à l’AFP. Benjamin Netanyahu a annoncé jeudi l’ouverture de négociations directes avec Beyrouth, une première depuis des décennies. Ces discussions s’inscrivent dans un contexte de frappes meurtrières qui fragilisent le cessez-le-feu régional conclu entre les États-Unis et l’Iran.

Les pourparlers entre Israël et le Liban à Washington confirmés par le département d’État

Un responsable américain a déclaré jeudi à l’AFP que le département d’État accueillerait une réunion la semaine prochaine pour discuter des négociations de cessez-le-feu entre Israël et le Liban. Le responsable a requis l’anonymat pour faire cette déclaration. Washington endosse ainsi le rôle d’hôte et de facilitateur dans ce dossier diplomatique à hauts risques.

Selon plusieurs médias israéliens, l’ambassadeur d’Israël aux États-Unis, Yechiel Leiter, devrait mener les négociations pour la partie israélienne. Sa désignation signale le niveau d’engagement israélien dans ce processus. La composition de la délégation libanaise reste, à ce stade, inconnue.

Cette annonce fait suite à des échanges téléphoniques mercredi entre Donald Trump, Benjamin Netanyahu et l’émissaire américain Steve Witkoff, selon le site Axios. Trump a confirmé jeudi à NBC News avoir plaidé la retenue auprès du Premier ministre israélien. Ces contacts de haut niveau ont directement précédé l’annonce des pourparlers.

Netanyahu ordonne des « négociations directes », une première depuis des décennies

Benjamin Netanyahu a déclaré jeudi avoir ordonné à son cabinet d’engager des « négociations directes » avec le Liban. Ces discussions porteront sur le désarmement du Hezbollah, que le gouvernement libanais s’est engagé à mener à bien. Elles viseront également l’établissement de relations de paix entre les deux pays, encore techniquement en état de guerre.

De telles négociations directes n’ont pas eu lieu depuis des décennies. Le Liban avait lui-même proposé de tels pourparlers dès le 9 mars. Beyrouth pose cependant une condition préalable ferme : un cessez-le-feu doit précéder tout début de discussions, selon un responsable libanais ayant requis l’anonymat auprès de l’AFP.

Le Hezbollah pro-iranien a rejeté catégoriquement toute négociation directe entre le Liban et Israël. Le mouvement a réclamé le « retrait israélien » du sud du pays, sans autre condition préalable. Sa position complique l’équation diplomatique que Washington cherche à construire.

Netanyahu a par ailleurs averti que les frappes contre le Hezbollah se poursuivraient, pour garantir la « sécurité pour les habitants du nord » d’Israël. Cette déclaration expose la tension entre l’ouverture diplomatique affichée et la poursuite des opérations militaires. Jérusalem maintient ainsi deux logiques simultanées.

Des frappes meurtrières fragilisent la trêve

Dans la soirée de jeudi, l’armée israélienne a annoncé avoir frappé des « sites de tir » du Hezbollah au Liban. La communauté internationale redoute que ces opérations ne compromettent le fragile cessez-le-feu. Après seulement deux jours de trêve, chaque frappe rouvre la question de sa durabilité.

L’armée israélienne a mené mercredi des frappes simultanées sur plusieurs régions libanaises. Le bilan dépasse 300 morts et un millier de blessés. À Beyrouth, les équipes de secours poursuivaient jeudi leurs recherches dans les décombres.

Dans le quartier résidentiel d’Ain el Mreisseh, proche de la mer, des corps gisaient encore sous des amas de pierres et de métal. Parmi les ruines, des cahiers, des cours et des livres témoignaient de la présence de civils. Rien dans ces débris ne signalait la moindre présence militaire.

Taha Qarqamaz cherchait toujours une nièce portée disparue. Il a perdu une autre nièce dans les frappes, et deux autres se trouvent en soins intensifs. Il a déclaré à l’AFP : « On ne sait pas où se trouve ma nièce (…) les secours travaillent sans relâche depuis hier. » Son ami Khaled Salam s’est insurgé devant les décombres : « Regardez, ce sont des cahiers, des cours, des livres ! Où est le Hezbollah ici ? »

Réactions internationales : « inacceptable » pour Londres, « agression » pour Islamabad

Le Premier ministre britannique Keir Starmer a jugé « inacceptable » la poursuite des attaques israéliennes contre le Liban. Il conduisait une tournée chez les dirigeants du Golfe pour tenter de faire respecter le cessez-le-feu au Moyen-Orient. Son positionnement illustre la pression internationale croissante sur Israël.

Le Pakistan, médiateur dans le conflit, avait affirmé lors de l’annonce de la trêve qu’elle s’appliquait « partout, y compris au Liban ». Israël et Washington contestent cette interprétation. Islamabad a dénoncé jeudi l' »agression » israélienne contre le Liban.

Donald Trump s’est dit « très optimiste » sur la possibilité de conclure un accord de paix avec l’Iran, malgré l’écart entre les positions des deux pays. Des négociations irano-américaines démarrent vendredi au Pakistan, sous la direction du vice-président JD Vance côté américain. Ces pourparlers parallèles témoignent de l’imbrication des crises régionales.

Les pourparlers Israël Liban Washington au cœur d’une recomposition régionale

En Iran, des milliers de personnes se sont rassemblées pour marquer le 40e jour après l’assassinat du guide suprême Ali Khamenei, tué le 28 février lors d’une frappe israélo-américaine au premier jour du conflit. Pour Nastaran Safaï, une étudiante de 24 ans présente dans la foule à Téhéran, le cessez-le-feu consacre la « victoire » de l’Iran. Sheida, graphiste de 38 ans, a exprimé une position plus ambivalente : elle a dit redouter à la fois une reprise de la guerre et le maintien du régime en place.

Le chef de l’Organisation iranienne de l’énergie atomique a exclu toute restriction du programme d’enrichissement d’uranium. Washington et Tel-Aviv réclament pourtant cette limitation, accusant l’Iran de vouloir se doter de l’arme nucléaire. Téhéran nie cette accusation.

Sur le plan économique, un pétrolier non-iranien a franchi jeudi le détroit d’Ormuz — le premier depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu. La réouverture du détroit constituait l’une des conditions posées dans le cadre de la trêve. Le cours du baril de pétrole américain, remonté au-dessus des 100 dollars dans la journée, s’est détendu en fin de séance.

Le Fonds monétaire international a estimé que la guerre en Iran pourrait plonger 45 millions de personnes dans l’insécurité alimentaire. Cette donnée illustre l’ampleur des conséquences humanitaires potentielles d’un retour aux hostilités. Les pourparlers Israël Liban Washington s’inscrivent dans une région où chaque décision diplomatique pèse lourd.

Source : Agence France-Presse

Attaques jihadistes au Nigeria : un général tué et près de cent morts en cinq jours

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Les attaques jihadistes au Nigeria ont fait près de cent morts depuis le dimanche 6 avril 2026. Des groupes armés ont frappé plusieurs localités du nord du pays en l’espace de cinq jours. Un général de brigade a péri lors de l’assaut de la base militaire de Benisheikh, dans l’État de Borno, devenant le deuxième officier de ce rang tué en cinq mois.

 – Un général de brigade abattu à Benisheikh

Dans la nuit du mercredi 9 au jeudi 10 avril, des jihadistes ont pris d’assaut la base militaire de Benisheikh. L’installation se situe à environ 75 kilomètres de Maiduguri, capitale de l’État de Borno, dans le nord-est du Nigeria.

Le brigadier-général Oseni Omoh Braimah a perdu la vie lors de l’attaque. Il devient le deuxième général de brigade nigérian à tomber dans un assaut en cinq mois.

Zannah Lawan Ajimi, chef de l’administration locale de Kaga, a contacté l’AFP par téléphone pour confirmer l’événement. « Des assaillants ont pris d’assaut la base militaire de Benisheikh, détruisant plusieurs véhicules militaires », a-t-il déclaré. Il a ajouté : « Malheureusement, le général de brigade O.O. Braimah a perdu la vie. »

Deux sources du renseignement ont confirmé indépendamment le décès du général à l’AFP. L’une d’elles a précisé que les jihadistes — dont l’identité reste inconnue — avaient tué au moins 18 soldats lors de l’opération. Ces assaillants avaient également incendié des véhicules sur la base.

« Ils ont pris le dessus sur la brigade », a déclaré la première source. La seconde a indiqué que « les terroristes avaient tué plusieurs soldats » et « incendié des véhicules et des bâtiments avant de se replier », sans fournir de bilan précis.

L’armée nigériane a publié un communiqué officiel dans la journée de jeudi. Elle y affirme que les assaillants avaient tenté « de franchir le périmètre défensif de l’installation militaire » avant d’être « vigoureusement combattus et contraints de battre en retraite en désordre ». Le texte reconnaît « la perte de quelques soldats courageux et valeureux », sans chiffrer les victimes.

 – Près de cent morts : le bilan des attaques jihadistes au Nigeria depuis dimanche

L’assaut de Benisheikh clôt une semaine d’une violence exceptionnelle dans le nord du pays. Avant cette nuit du 9 au 10 avril, au moins 90 personnes avaient déjà été tuées depuis le dimanche 6 avril dans plusieurs villages isolés du nord-ouest du Nigeria.

Ce bilan repose sur un décompte de l’AFP, construit à partir de données fournies par des sources locales et humanitaires. Il porte le total à près de cent morts en cinq jours.

L’État de Niger concentre l’une des attaques les plus meurtrières de la semaine. Une opération perpétrée mardi y a vu son bilan s’alourdir considérablement : le nombre de victimes est passé de 20 à 50 morts entre mardi et jeudi.

Les groupes armés qui frappent le nord du Nigeria combinent deux logiques distinctes. Les organisations jihadistes visent les bases militaires et les représentants de l’autorité de l’État. Les bandes criminelles — que les habitants nomment localement « bandits » — s’en prennent aux villages pour enlever des civils, réclamer des rançons et piller. Ces raids génèrent régulièrement des déplacements massifs de populations.

L’intensification de ces violences dans les régions proches du Sahel s’est accélérée depuis l’an dernier. Les groupes armés multiplient les raids contre les installations militaires et les villages, instaurant un climat d’insécurité persistant dans des zones déjà fragilisées.

 – Dix-sept ans d’insurrection : contexte des attaques jihadistes au Nigeria

Le Nigeria affronte une insurrection jihadiste depuis 2009. Cette année-là, Boko Haram a déclenché un cycle de violences dans le nord-est du pays. Depuis, le conflit a engendré plusieurs factions dissidentes aux capacités militaires importantes.

L’État islamique en Afrique de l’Ouest (ISWAP) figure parmi les plus redoutables. Cette organisation avait tué le général de brigade Musa Uba en novembre 2024, faisant de lui l’officier nigérian le plus gradé à avoir perdu la vie depuis 2021.

Le décès du général Braimah illustre une tendance préoccupante. Deux généraux de brigade tués en cinq mois révèlent la capacité des groupes armés à frapper directement le commandement militaire nigérian.

Le pays le plus peuplé d’Afrique affronte deux fronts simultanés. Le jihadisme structuré sévit dans le nord-est, tandis que le banditisme armé gangrène le nord-ouest. Ces deux dynamiques alimentent conjointement l’instabilité d’une vaste zone frontalière avec le Sahel.

L’observatoire des conflits ACLED a documenté cette recrudescence des violences dans la région. Il l’attribue à des groupes liés à Al-Qaïda et à l’État islamique, tous deux actifs dans cet espace transfrontalier.

 – Tinubu rend hommage aux soldats tombés

Le président nigérian Bola Tinubu a réagi jeudi soir dans un communiqué officiel de la présidence. Il a condamné l’attaque et adressé ses condoléances aux familles des soldats tués.

Tinubu a souligné le « sacrifice ultime » consenti par les soldats placés sous le commandement du brigadier-général Braimah pour défendre le pays dans l’État de Borno. Il a rendu hommage à « le courage et l’héroïsme des soldats » qui ont « combattu vaillamment pour repousser les terroristes ».

Le président a également mis en avant le rôle protecteur des militaires tombés. Il a salué leur action pour empêcher les terroristes de « submerger les communautés qu’ils protègent ».

Cette réaction intervient dans un contexte de pression croissante sur l’armée nigériane. L’institution fait désormais face à des assauts de plus en plus audacieux, qui ciblent ses officiers supérieurs au cœur même de ses bases opérationnelles.

 – Conséquences : déploiement américain et alerte sécuritaire à Abuja

La dégradation de la sécurité commence à peser sur la présence internationale au Nigeria. Mercredi, les États-Unis ont autorisé le départ du personnel gouvernemental non essentiel basé dans la capitale fédérale Abuja. Washington a invoqué « la dégradation de la situation sécuritaire » pour justifier cette mesure.

Cette décision s’inscrit dans un contexte d’engagement américain croissant dans la région. En décembre, les États-Unis avaient bombardé, avec l’appui du Nigeria, le nord-ouest de l’État de Sokoto. L’opération ciblait des combattants de l’État islamique au Sahel (ISSP), habituellement actifs au Niger voisin, ainsi qu’au Mali et au Burkina Faso.

Depuis ce raid, Washington a entamé le déploiement de 200 soldats sur le sol nigérian. Ces militaires ont pour mission de soutenir et de former les forces armées du Nigeria dans leur lutte contre les groupes jihadistes.

La multiplication des attaques jihadistes au Nigeria s’inscrit dans une déstabilisation régionale plus large. Le Sahel tout entier subit la pression de groupes affiliés à Al-Qaïda et à l’État islamique. Le Nigeria, longtemps préservé des contagions transfrontalières directes, se retrouve aujourd’hui en première ligne de cette crise régionale.

Source : Agence France-Presse

Opération Epervier : Ils croupissent encore au Sed

Parmi les pensionnaires de l’opération Épervier se trouvent Marafa Hamidou Yaya, l’ancien ministre d’État chargé de l’Administration territoriale qui a déjà purgé une peine d’environ 14 ans de prison.

De nombreux hauts commis de l’Etat sont encore en détention au secrétariat d’Etat à la Défense C’est le cas de l’ex-ministre de l’Administration territoriale, Marafa Hamidou Yaya. Il a été arrêté en avril 2012 et condamné à 25 ans de prison ferme en septembre 2012, puis sa peine a été réduite à 20 ans en mai 2016 par la Cour suprême.

Aujourd’hui âgé de 72 ans, il souffrirait de graves problèmes de santé; hypertension, troubles neurologiques, etc. … et ses multiples demandes d’évacuation sanitaire n’ont jamais trouvé une réponse favorable auprès de l’administration gouvernementale.

Respect des droits

Polycarpe Abah Abah y séjourne également. Autrefois tout-puissant ministre de l’Économie et des Finances, il y est incarcéré depuis 18 ans. Arrêté en 2008, Polycarpe Abah Abah a été condamné par le tribunal criminel spécial pour la 6ᵉ fois, le 20 décembre 2022, totalisant 81 ans de prison ferme pour détournement d’argent public.

Selon divers témoignages recueillis au SED, les droits des détenus ne sont pas trop respectés. « On fonctionne plus dans un régime de faveur, qui peut à tout moment être barré. Par un officier de mauvaise humeur.. Qui peut mettre fin à une règle instituée quand il veut », nous fait savoir sous anonymat un ex-pensionnaire.

Opération Epervier : La leçon qui vient du Sénégal

Une prison rude

Si pour l’opposition et autres défenseurs des droits de l’homme, la prison du SED est rude, le pouvoir lui estime qu’elle n’est pas un mouroir. Car selon certains mandarins du parti au pouvoir, plusieurs prisonniers en ont passé 20 ans et en sont ressortis vivants.

Ils en veulent pour preuve, Joseph Edou. Ancien DG Crédit foncier. Emmanuel Gérard Ondo Ndong, ancien DG Feicom. Gilles Roger Belinga, ex-DG de la SIC, Titus Edzoa, 18 ans, ancien secrétaire général de la Présidence de la République. Et pour terminer Thierry Michel Atangana, 18 ans. Ancien représentant des entreprises françaises au Cameroun.

En 2024, le Cameroun comptait 32 003 détenus répartis dans 79 établissements. Ce qui représente énormément en termes de budget global. L’État dépenserait en moyenne 300 Fcfa par jour et par détenu dans l’ensemble du territoire national pour leur alimentation.

Ce qui fait environ 3,5 milliards Fcfa par an pour la ration alimentaire de tous les détenus du pays. Toutefois, les prisonniers peuvent être autorisés à faire préparer leurs repas à l’extérieur selon une pratique légalisée en… 1954 !

Epilepsie : Les idées fausses persistent

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Mariane, une jeune mère, vit le calvaire avec sa fille de 11ans. Celle dernière vit avec l’épilepsie, une maladie dont la génitrice n’arrive toujours pas à comprendre. L’enfant tombe en transe et se met à baver.

Dans le récit de la situation. Marianne raconte : «ma faille a commencé à faire des petites convulsions. Elle perdait la connaissance et chutait du lit ou de la chaise où elle se trouvait couchée. Au début on m’a fait comprendre c’était le paludisme cérébral. Mais plus le temps passait, plus je voyais qu’elle avait des habitudes du genre, elle a regard ailleurs, du moins elle ne me fixait plus du regard. »

Le tour des hôpitaux

« J’ai d’abord observé qu’elle ne voulait plus étudier depuis la Sil. Elle ne retenait pas ses lacons. J’ai été obligé l’enlever et j’ai commencé à faire le tour des hôpitaux. C’est dans un hôpital à Mbalmayo qu’un médecin français de passage au Cameroun m’a dit que ma fille était épileptique. »

«  Je vous avoue que cela était dur pour moi. Je suis allée suivre ma mère à Nkongsamba. Elle aussi, m’a conduite chez un tradipraticien sans succès. Voilà que jusqu’à ce jour, rien n’a changé », raconte la jeune mère. Le récit est similaire à celui de Josepha. C’est pratiquement la même chose sauf que la fille de Josepha est âgée de 18 ans.

Emile, 30 ans, est en plein séminaire de formation des journalistes. La panique est totale : « personne de nous ne savait quoi faire. Il est tombé par le visage. Heureusement pour lui, deux autres confrères étaient devant lui. Il est tombé sur le dos d’un confrère qui n’a pas tremblé. »

« On l’a fait coucher et il bavait en frémissant. Et dans les cris, le vigile est venu au secours. Il a demandé de laisser l’espace. C’est 10 à 15 minutes après qu’il s’est réveillé », raconte Hervé.

50 millions de personnes vivent avec l’épilepsie dans le monde

Selon l’Organisation mondiale de la santé, plus de 50 millions de personnes vivent avec l’épilepsie dans le monde. Pourtant, dans de nombreuses sociétés africaines comme au Cameroun, cette pathologie reste encore mal comprise. Alors que la prévalence varie entre 58 et 100 patients pour 1000 habitants. On est entre croyances populaires, stigmatisation et manque d’informations, plusieurs idées persistent.

Selon les médecins, « l’épilepsie est une maladie du cerveau, chronique. C’est-à-dire qui est due dans le temps et qui va favoriser chez les patients la survenue de crises épileptiques. Et pour mieux comprendre, il faut imaginer le cerveau comme une centrale électrique qui produit l’électricité pour faire fonctionner l’organisme.

Et « cette électricité-là arrive aux autres parties du corps par des câbles qu’on appelle des nerfs. C’est lorsqu’il y a excès de courant dans cette centrale électrique-là qu’il va se manifester par des mouvements. Mais parfois par des crises sans mouvements. Et donc, la maladie appelée épilepsie favorise la répétition de ces crises-là », explique le Dr Daniel Gams Massi. Neurologue en service à l’Hôpital Général de Douala

Yaoundé : Le cerveau humain passe au scanner

Alors quelles sont les causes de cette pathologie ?

Le médecin  prend  les cas selon les âges . « Chez les enfants, c’est surtout les causes liées à la grossesse, à l’accouchement. Et à la partie juste après l’accouchement qu’on appelle la période néonatale et la petite enfance. Donc, les grossesses difficiles, avec fièvre, avec menace d’avortement ou d’accouchement prématuré. Les traumatismes en grossesse vont exposer l’enfant à développer de l’épilepsie.»

« Le travail qui dure longtemps, appelés travail prolongé, le travail difficile, encore appeler travail dystocique. L’enfant qui ne crie pas à la naissance immédiatement, ce qu’on appelle une souffrance fœtale aiguë. Expose cet enfant-là à développer de l’épilepsie », explique-t-il.

Pour lui encore, « Toutes les infections qui vont toucher l’enfant après la naissance, les infections néonatales. Les paludismes graves, les méningites, mais également une maladie qu’on appelle la neurocysticose, qui est très fréquente en zone. Où on mange beaucoup le porc, pas bien cuit, vont provoquer chez ces enfants-là de l’épilepsie »

Pour ce qui est des adolescents et des adultes jeunes, c’est « les traumatismes crâniens. On connaît tous notre contexte avec les motocyclettes, sans casque, sans respect du code de la route, mais également les infections du cerveau liées au VIH, qui sont pourvoyeuses également d’épilepsie, les AVC qui sont pourvoyeuses d’épilepsie et les tumeurs cérébrales. »

Et chez les personnes beaucoup plus âgées, « les AVC occupent le premier rang. Mais il y a les maladies dégénératives, comme la maladie d’Alzheimer, qui est très souvent associée à de l’épilepsie. Mais également les tumeurs cérébrales qui sont plus fréquentes également. Et à tout âge, on a une prédisposition génétique qui favorise que certaines personnes feront de l’épilepsie. Et d’autres pas », déclare le neurologue.

Les signes ou les symptômes

L’on mous fait savoir qu’en général, c’est « la crise épileptique qui est le maître symptôme de cette maladie. Mais il y a d’autres symptômes. La crise épileptique dépend de la zone du cerveau qui est affectée. On distingue deux grands groupes. Les crises généralisées, ça veut dire que le cerveau est embrasé d’électricité et en excès dans tout le cerveau en même temps. »

Et « à ce moment, c’est la crise que tout le monde connaît, appelée convulsion. Qui est en réalité une crise généralisée tonico-clonique. C’est le patient qui va s’agiter, qui va baver. Qui va faire pipi sur lui ou bien faire les selles sur lui et qui va tomber dans un sommeil après la crise. Ça, c’est un type de crise généralisée. Mais on a aussi des crises focales. »

«Ces crises-là commencent dans une partie du cerveau, peuvent rester limitées à cette partie du cerveau. Ou plus tard peuvent se généraliser. Par exemple, on a des patients qui vont avoir le mouvement d’un seul bras ou d’un seul pied. C’est un type de crise. Ou bien qui vont avoir un seul œil qui clignote. »

«C’est un type de crise. Mais il y a les crises qui ne sont pas associées au mouvement du tout. Par exemple, quelqu’un qui va avoir des hallucinations, il voit des choses qui n’existent pas. C’est un type de crise. Quelqu’un qui va avoir des troubles du comportement ».

Autres signes

Ces enfants ont des difficultés scolaires, des difficultés d’apprentissage, parfois lents à la réponse. On les envoie y perdre du temps avant d’analyser l’ordre posé et exécuté. Parfois, ces enfants-là ont de l’épilepsie. En tout cas, il est important chez ces enfants-là de ne pas exclure l’épilepsie.

Les idées reçues

Dans plusieurs communautés africaines, l’épilepsie est parfois considérée comme une malédiction, une possession par un esprit malsain ou une punition spirituelle. Certaines personnes pensent que lorsqu’une femme est enceinte et qu’elle voit certaines choses interdites, l’enfant peut naître épileptique.

Les réponses du médecin

L’épilepsie, est une maladie particulière. Une maladie où les préjugés et les idées fausses font plus mal que la maladie elle-même. Parce que les causes de cette maladie sont connues, les manifestations de cette maladie sont connues. Et même les traitements de cette maladie sont connus.

Mais ce sont les préjugés qui font que les malades ne viennent pas à l’hôpital. Ou viennent tardivement à l’hôpital lorsqu’ils ont déjà des conséquences. Donc, il n’y a pas de mysticisme derrière. L’épilepsie n’est pas une maladie mystique. Ce n’est pas un sort jeté par les dieux pour nous punir de nos péchés.

C’est juste une maladie du cerveau avec des manifestations qui peuvent être spectaculaires. Mais qui peuvent aussi ne pas être spectaculaires et qui peuvent être plus discrètes. Il y a d’autres qui vont jusqu’à abandonner l’enfant au bord de la rivière.

On ne doit pas avoir peur d’un patient qui souffre de cette maladie parce que c’est une maladie avec laquelle on peut vivre. On peut étudier, travailler, se marier et fonder une famille, avoir des enfants qui sont tout à fait normaux.

Ce qu’il ne faut pas faire

Il y a des patients qui se sont brisé les dents parce qu’on a mis la cuillère qui est un métal. Des proches de patients qui ont mis le doigt. Et leur doigt a été coupé par la contracture des dents pendant la crise. Pare ce qu’on dit que le malade ca avaler sa langue. Non, la langue ne va pas être avalée. La langue c’est un muscle.

Et lorsque la personne est en crise, il y a une contraction des muscles, y compris une contraction de la langue. La crise va commencer seule et s’arrête seule. Donc il n’est pas question de mettre quelque chose dans la bouche pour protéger la langue. Il faut simplement laisser le patient faire sa crise et le rassurer après la crise. D’accord.

La durée moyenne d’une crise

En général, une crise doit durer moins de 5 minutes. Parce que si elle dure plus de 5 minutes, on est dans le cadre d’une nuisance épileptologique. Qu’on appelle l’état de mal épileptique. À ce moment-là, le patient doit être conduit sans délai dans une formation sanitaire pour arrêter la crise.

Si vous avez en face de vous, ou toute personne qui est en face d’elle, une personne qui est en crise. La première des choses, c’est de prendre son sang-froid et essayer de chronométrer. Éloigner les objets dangereux, blessants, brûlants autour du patient.

Ce qu’il faut faire

Mettre le patient en position latérale de sécurité. C’est-à-dire sur le côté, la tête regardant le côté vers lequel on a mis le patient. Mais également, essayer de protéger la tête sans toutefois chercher à arrêter les mouvements. Il ne faut pas essayer ça. C’est dangereux pour le patient. Cela peut le blesser, cela peut entraîner des entorses, parfois des fractures.

Après une crise, il faut rassurer le malade. Il faut lui dire, vous avez fait une crise épileptique. Nous étions là pour s’assurer que rien ne vous blesse et que vous ne soyez pas en danger.

En général, il faut laisser la personne aller se reposer. Si c’est un patient épileptique connu, il faut le laisser aller se reposer. Mais il faudrait mieux éviter de le faire travailler dans la même journée. Surtout quand on ne sait pas s’il a un risque de refaire une autre crise à proximité de celle qu’il a faite

On peut en guérir

L’épilepsie n’est pas la sorcellerie, l’épilepsie est traitable et on peut en guérir. Un épileptique ou une personne souffrant d’épilepsie peut avoir une vie quasi normale.

En visite au Sénégal : Motsepe prône l’unité et la réforme

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En visite au Sénégal, le président de la Confédération africaine de football, Patrice Motsepe, a livré une série de déclarations marquantes lors d’une conférence de presse tenue le 8 avril. Des propos forts, centrés sur la réforme du football africain, la gestion des décisions contestées et la lutte contre la corruption.

En déplacement au Sénégal, quelques semaines après une décision controversée ayant suscité de vives réactions, Patrice Motsepe a choisi un ton mesuré. Face à la presse, il a d’abord tenu à rappeler le sens de sa visite. « La principale raison de ma venue au Sénégal est pour exprimer mon engagement à collaborer avec les dirigeants sénégalais pour le développement du football africain », a-t-il déclaré.

Sénégal : Patrice Motsepe en visite officielle

Réformes, prudence et lutte contre la corruption

Conscient des critiques entourant certaines décisions récentes, le président de la CAF a reconnu des divergences. « Nous sommes conscients qu’il est arrivé que des décisions prises n’ont pas été de l’avis de tout le monde », a-t-il admis. Il a toutefois insisté sur la volonté de réforme en cours. « C’est pourquoi nous essayons d’initier des réformes qui nous permettront d’éviter à l’avenir tous ces genres de situation et de promouvoir un football africain débarrassé de tous ces problèmes qui peuvent entacher son équité. »

Évoquant le dossier au cœur de la polémique, actuellement examiné par le Tribunal arbitral du sport, Patrice Motsepe a affiché une certaine réserve. « Mais comme le dossier est en ce moment même sur la table du Tribunal arbitral du sport (TAS), nous ne pouvons pas trop entrer dans les détails, afin de ne pas prendre le risque d’être accusé d’influencer une affaire en cours d’examen », a-t-il expliqué. Une prudence qu’il justifie également par la sensibilité du sujet : « Ce sont des discussions que nous ne souhaitons pas mettre sur la place publique. »

Sur la question de la gouvernance, le dirigeant sud-africain s’est montré plus direct. « J’encourage toute forme d’enquête sur la corruption, qu’elles viennent d’un gouvernement ou d’un particulier », a-t-il affirmé, ajoutant : « Nous voulons être au courant s’il y a des cas de corruption au sein de la CAF. » Toutefois, malgré les tensions, Patrice Motsepe se veut optimiste. « À l’issue de tout cela, les 54 pays membres de la CAF en sortiront plus unis et le football africain sera plus compétitif et respecté partout dans le monde », a-t-il conclu.

Interdiction du « vendredi en noir » : Kah Walla dénonce une dérive

La présidente du mouvement Stand Up For Cameroon réagit vivement à l’arrêté du préfet du Wouri interdisant une rencontre citoyenne prévue à Douala. Elle fustige une décision « absurde » et une atteinte au droit de débattre.

La tension monte autour de l’interdiction du « Vendredi en Noir », initiative portée par le mouvement Stand Up For Cameroon. Dans un communiqué publié le 9 avril, Kah Walla critique frontalement la décision du préfet du Wouri, prise sur instruction du gouverneur du Littoral. Elle y voit une dérive préoccupante du pouvoir administratif face à l’expression citoyenne.

À l’origine, une rencontre présentée comme privée et hebdomadaire. Elle devait porter sur un sujet institutionnel sensible, celle de la création d’un poste de vice-président au Cameroun. Mais pour les autorités, le contexte laissait craindre des « troubles à l’ordre public ». L’arrêté préfectoral interdit ainsi toute forme de regroupement lié à cette initiative.

Présidentielle : Kah Walla invite à la transparence sans violence

« Museler les citoyens »

Une décision que Kah Walla juge « incompréhensible et révélatrice ». Dans son texte, elle s’interroge : « Depuis quand un débat citoyen constitue-t-il une menace pour l’ordre public ? ». Elle dénonce surtout un décalage entre les priorités des populations et celles des autorités. Selon elle, « les dirigeants ont choisi de concentrer leur énergie sur la répression des espaces de réflexion ». L’opposante politique évoque « un énième acte d’incurie » et déplore une volonté de « museler les citoyens ». Elle insiste sur le droit fondamental de débattre des réformes institutionnelles. « La réflexion citoyenne n’est pas un crime », martèle-t-elle.

Dans un contexte marqué par des difficultés économiques et sociales persistantes, Kah Walla appelle à une mobilisation symbolique. Elle invite les Camerounais à se vêtir de noir, en signe de protestation contre cette décision. Une manière, selon elle, de défendre « le droit de réfléchir et de construire l’avenir du pays ». Enfin, la présidente de Stand Up For Cameroon réaffirme sa détermination. « On va sauf que parler de la vice-présidence du Cameroun ! », lance-t-elle, défiant ouvertement l’interdiction. Pour elle, aucune décision administrative ne saurait « confisquer les idées, les analyses et les convictions » des citoyens.

Douala : Plusieurs quartiers vivent au rythme des délestages

La ville de Douala vit au rythme des coupures intempestives de courant depuis quelque temps. Selon Eneo, cette situation est due à des travaux de maintenance sur le réseau de distribution.

Depuis mi-mars 2026, on assiste à des coupures intempestives de courant dans la ville de Douala. « Depuis 2 semaines, c’est intense », se plaint Rosine, qui vit à Nyalla. « On coupe tous les jours, parfois pour un minimum de 7 h. Nous avons fait jusqu’à 48 h sans courant la semaine dernière ».

Quotidien difficile 

Agnès, employée dans une agence de communication au quartier Logbaba, dit de son côté : « Lundi matin, on était tous au bureau en train de travailler. Et tout d’un coup Eneo a fait son travail. Nous n’avons pas pu travailler jusqu’à mercredi. Et c’est constamment comme ça. Nous passons des heures sans travailler ».

Ces quartiers ne sont pas les seuls concernés par les délestages. En effet, au quartier Bepanda dit Tapis Rouge, les ménages sont constamment sans lumière, ce qui affecte certaines activités du quotidien. Un boutiquier du quartier témoigne : « On a coupé la lumière hier à 11 h, et c’est revenu à 3 h du matin. Entre temps, ces pauses sans électricité peuvent mettre en péril certains des produits que je vends, comme les yaourts ».

Bibiche, une jeune fille du quartier, explique aussi comment elle fait pour charger la batterie de son téléphone lorsqu’il devient à plat. « C’est vraiment difficile. Lorsque mon téléphone s’éteint pour cause de batterie faible, je suis obligée de sortir du quartier, de marcher jusqu’au centre-ville pour aller charger mon téléphone avec l’énergie du groupe que certains utilisent ».

Dans ce quartier également, une maman qui apprête la dot de sa petite fille raconte comment elle a failli perdre certaines provisions au congélateur. « On a fait le marché en quantité. Nous avons acheté le poisson, la viande, la tomate, les légumes qu’on a gardés au congélateur. Mais la coupure d’hier est venue tout bousculer.  Actuellement le poisson s’est déjà dégivré et on doit recevoir la belle-famille avec cette nourriture. »

Délestage : le gouvernement en panne de stratégie ?

Dans un lieu de culte de la place, des adeptes étaient en pleine session de prière, avant que les ampoules de la salle ne s’éteignent. Les plafonniers ont arrêté de tourner. Place aux torches des téléphones, pour essayer tant bien que mal de se voir ou de lire un verset dans la Bible.

Prendre les dispositions nécessaires

Du coté de l’entreprise en charge de la distribution de l’électricité, ces coupures sont dues aux travaux de maintenance sur le réseau de distribution.  Par ailleurs, afin d’éviter les désagréments, Eneo publie quotidiennement la liste des quartiers concernés par les délestages. Sauf que cette situation perdure depuis plusieurs semaines et ne touche pas que les quartiers cités par l’entreprise.

Cependant, en attendant que les choses reviennent à la normale, « Eneo recommande à sa clientèle de prendre les dispositions nécessaires avant le début des travaux. Notamment charger les appareils, anticiper les besoins en eau chaude, prévoir des solutions de recharge pour les activités professionnelles. »

Toutefois, ces mesures peinent à convaincre dans un contexte marqué par des délestages fréquents et souvent imprévisibles.

Douala : Le préfet interdit la manifestation « vendredi en noir »

Prévue le 10 avril à Douala, la manifestation « vendredi en noir » a été interdite par les autorités administratives. Elle avait été initiée par des acteurs de la société civile. En cause : des risques de troubles à l’ordre public.

La tension monte à Douala autour de l’interdiction d’une manifestation annoncée par des acteurs de la société civile. Le préfet du Wouri, Mvogo Sylyac Marie, a suspendu le 8 avril 2026 la mobilisation « vendredi en noir ». Portée par le mouvement Stand Up for Cameroon, cette initiative devait se tenir au siège de l’organisation, au quartier Bali.

Et elle s’inscrit dans une dynamique de réflexion citoyenne sur l’actualité politique et les réformes institutionnelles en cours dans le pays. Parmi elles, l’instauration du poste de vice-président par nomination.

Mais pour l’autorité administrative, le contexte ne s’y prête pas. Dans son arrêté, le préfet évoque des  » velléités manifestes et évidentes de troubles à l’ordre public » pour justifier cette interdiction. Une décision qui s’inscrit dans les pouvoirs étendus dont disposent les autorités locales en matière de maintien de la sécurité.

Yaoundé : La police municipale interdite des contrôles

Dans la foulée le préfet a également mis en garde contre toute tentative de maintien de la manifestation, indiquant que des sanctions seraient appliquées aux contrevenants. Les forces de sécurité ont été instruites de veiller à l’application stricte de cette mesure.

Cette interdiction intervient dans un climat sociopolitique marqué par des tensions récurrentes entre les autorités et certains mouvements citoyens. Ces derniers mois déjà, des restrictions similaires avaient été prises à Douala pour prévenir d’éventuels débordements liés à des manifestations publiques.

Pour l’heure, le mouvement organisateur n’a pas officiellement réagi à cette décision. Toutefois, l’affaire relance le débat sur la liberté de réunion et les limites du pouvoir administratif dans la gestion des manifestations publiques au Cameroun.

Hommage à Anicet Ekane : la diaspora se mobilise à Paris

Dans un communiqué, le collectif de la diaspora camerounaise annonce deux journées d’hommage à Anicet Ekane, les 24 et 25 avril 2026 à Paris, et appelle à une mobilisation massive.

Le collectif de la diaspora camerounaise sort de sa réserve. Dans un communiqué rendu public, il annonce l’organisation d’un hommage à Anicet Ekane, figure politique présentée comme un symbole de résistance. L’événement se tiendra les 24 et 25 avril 2026 à Paris, avec deux moments majeurs. D’abord, une conférence est prévue le vendredi 24 avril à partir de 16 heures au Blanc-Mesnil. Ensuite, une marche pacifique est annoncée le samedi 25 avril dès 10 heures à la Place de la République. Les organisateurs entendent faire de ces rendez-vous des temps forts de mémoire collective.

Dans leur texte, les signataires insistent sur la portée symbolique de cette initiative. Ils évoquent un homme engagé, dont le parcours incarne, selon eux, le combat pour la justice. Ainsi, la diaspora veut offrir un espace d’expression et de reconnaissance, loin des tensions observées au Cameroun. En effet, le collectif fait allusion à des tentatives de perturbation des cérémonies prévues au pays. Dès lors, il affirme que la diaspora constitue un relais essentiel. Elle serait capable de porter cet hommage avec force et visibilité.

Nécrologie : Anicet Ekane décède en détention

Engagement collectif

Par ailleurs, les organisateurs lancent un appel appuyé à la mobilisation. Médias, influenceurs, militants et citoyens sont invités à s’impliquer activement. De plus, un soutien financier est sollicité pour couvrir les besoins logistiques liés à l’événement. Le communiqué appelle à l’unité et à la responsabilité. Pour ses auteurs, l’heure n’est plus à l’attente, mais à l’engagement collectif.

Rappelons qu’Anicet Ekane est décédé  le 1er décembre 2025 dans un contexte marqué par des tensions politiques persistantes. Sa disparition a suscité de nombreuses réactions, notamment au sein de l’opposition et de la société civile. Depuis lors, hommages et prises de parole se multiplient, traduisant l’empreinte laissée par l’homme. Ainsi, à travers cette initiative parisienne, la diaspora camerounaise veut marquer les esprits, tout en ravivant le souvenir d’un acteur majeur de la vie politique nationale.

HOMMAGE EKANE

Camerounais morts en Ukraine : Moscou confirme 16 décès, Yaoundé reconnaît l’enrôlement

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La Russie a officiellement confirmé la mort de 16 Camerounais engagés dans ses rangs sur le front ukrainien. Cette reconnaissance, transmise par l’ambassade russe à Yaoundé, force le gouvernement camerounais à admettre pour la première fois l’implication de ses ressortissants dans le conflit. Les familles des victimes ont été convoquées dès lundi.

La Russie confirme 16 Camerounais morts en Ukraine

Une note interne du gouvernement camerounais, diffusée lundi 6 avril, acte la confirmation russe. Les 16 soldats camerounais décédés servaient comme « militaires contractuels » au sein des forces armées russes. Ils opéraient dans ce que Moscou appelle la « zone d’opération militaire spéciale » — désignation officielle de l’offensive russe contre l’Ukraine.

La note émane du ministère camerounais des Relations extérieures. Elle accuse réception de la liste des défunts transmise par l’ambassade de Russie à Yaoundé. Aucun détail n’accompagne ce document : ni dates de décès, ni circonstances, ni localisation géographique des faits.

Les familles appelées à se manifester

Le gouvernement camerounais a diffusé un communiqué lundi sur les ondes de la radio publique CRTV. Les proches des 16 soldats morts y ont été invités à prendre contact avec le ministère des Relations extérieures. Cette démarche constitue la première reconnaissance officielle de Yaoundé sur ce dossier.

Jusqu’à présent, les autorités camerounaises n’avaient jamais admis publiquement l’engagement de ressortissants camerounais dans ce conflit. Plusieurs médias avaient pourtant relayé la détresse de familles camerounaises dont des proches avaient été enrôlés par la Russie.

Un contexte africain plus large

Les Camerounais morts en Ukraine ne constituent pas un cas isolé sur le continent. L’Ukraine estime que près de 1 800 Africains ont rejoint les forces russes depuis le début du conflit.

Mi-février 2026, le collectif All Eyes on Wagner (AEOW) a publié une liste de 1 417 Africains recrutés par Moscou entre janvier 2023 et septembre 2025. Parmi eux, plus de 300 sont morts sur le front. Selon ce recensement, les Égyptiens, les Camerounais et les Ghanéens forment les contingents les plus importants.

Ces chiffres illustrent une réalité que plusieurs gouvernements africains peinent encore à reconnaître officiellement. Le cas camerounais marque une rupture dans cette posture de déni.

Des recrutements sous couvert de fausses promesses

Les conditions d’enrôlement suscitent de vives inquiétudes. Dans plusieurs pays africains, des ressortissants ont signalé des pratiques trompeuses. Des intermédiaires leur auraient promis des formations professionnelles ou des offres d’emploi. Ces propositions masquaient en réalité un recrutement forcé dans l’armée russe.

Ce mode opératoire a provoqué une crise politique majeure au Kenya. Des centaines de familles kényanes ont découvert la supercherie après l’engagement de leurs proches. La réaction du gouvernement de Nairobi a été ferme et immédiate.

Camerounais morts en Ukraine : l’épisode kényan comme précédent

Le 16 mars 2026, le chef de la diplomatie kényane Musalia Mudavadi s’est rendu à Moscou. Il a obtenu de la Russie l’engagement d’arrêter tout recrutement de ressortissants kényans pour combattre en Ukraine. Cette démarche diplomatique constitue un précédent sur le continent.

Aucune initiative comparable n’a été annoncée par Yaoundé à ce stade. Le gouvernement camerounais se limite pour l’heure à recenser les victimes et à contacter les familles. Les 16 Camerounais morts en Ukraine restent sans explication officielle sur les conditions de leur décès.

Enjeux diplomatiques et réactions attendues

La divulgation de cette liste place le Cameroun face à une question diplomatique délicate. Yaoundé entretient des relations avec Moscou tout en maintenant des liens avec des partenaires occidentaux engagés aux côtés de l’Ukraine.

La reconnaissance de ces 16 décès ouvre plusieurs fronts. Les familles attendent des réponses sur les circonstances de la mort de leurs proches. La société civile et les médias camerounais réclament une transparence que l’État n’a pas encore offerte.L’ambassade de Russie à Yaoundé n’a rendu publique aucune déclaration à ce jour.

Le collectif All Eyes on Wagner continue de documenter l’enrôlement d’Africains par Moscou. Ses données alimentent un débat continental sur la responsabilité des États face aux engagements individuels de leurs ressortissants dans des conflits étrangers.

Source : Agence France-Presse

Pakistan médiateur en Iran pour la paix : Islamabad s’impose à la table des négociations

Pakistan médiateur en Iran pour la paix : Islamabad a sécurisé un cessez-le-feu temporaire entre Washington et Téhéran. Le pays accueillera dès vendredi des négociations directes entre délégations américaine et iranienne. Ce succès diplomatique repose sur des atouts stratégiques uniques que le Pakistan a su mobiliser.

Un succès diplomatique inédit

Le Pakistan a joué un rôle décisif dans l’obtention d’un cessez-le-feu temporaire entre l’Iran et les États-Unis. Islamabad accueillera dès vendredi des négociations entre les deux parties pour tenter de mettre fin aux combats au Moyen-Orient. Le succès du Pakistan médiateur Iran paix confirme le poids diplomatique d’Islamabad sur la scène internationale.

« Le Pakistan a obtenu l’un de ses plus grands succès diplomatiques depuis des années », a déclaré le chercheur américain Michael Kugelman sur X. Spécialiste de l’Asie du Sud, il souligne qu’Islamabad « a fait mentir de nombreux sceptiques » qui doutaient de sa capacité à mener une telle mission.

L’entreprise était à la fois complexe et risquée. Le Pakistan l’a menée à son terme.

Pakistan médiateur en Iran pour la paix : des atouts géopolitiques rares

L’ancien ambassadeur pakistanais à Téhéran, Asif Durrani, résume la position unique d’Islamabad : « Le Pakistan est le seul pays de la région à entretenir de bonnes relations à la fois avec les États-Unis et l’Iran. »

Ces liens ne sont pas récents. Le Pakistan et l’Iran partagent 900 kilomètres de frontière commune. Des liens historiques, culturels et religieux profonds en découlent. Téhéran a été le premier État à reconnaître le Pakistan après son indépendance en 1947. Islamabad a rendu la pareille en reconnaissant la République islamique après la révolution de 1979.

Leur coopération s’est ensuite étendue au terrain militaire. Les deux pays ont coordonné leur action contre l’Union soviétique pendant l’occupation de l’Afghanistan. Aujourd’hui, ils partagent une même préoccupation face aux groupes armés actifs dans la région du Baloutchistan.

Sur le plan diplomatique, le Pakistan représente les intérêts iraniens à Washington. Téhéran n’y dispose pas d’ambassade. Le rôle d’intermédiaire d’Islamabad s’en trouve naturellement consolidé. Par ailleurs, le Pakistan abrite la deuxième plus grande population musulmane chiite au monde.

Une relation personnelle au cœur de la médiation

Le maréchal Asim Munir, chef de l’armée pakistanaise, a noué une relation directe avec Donald Trump. Cette proximité a pesé dans le déroulement de la médiation.

Munir s’était rendu à Washington avec le Premier ministre Shehbaz Sharif après les tensions militaires avec l’Inde. Sharif avait alors salué l’intervention « audacieuse et visionnaire » du président américain. Munir, pour sa part, avait soutenu ouvertement les ambitions de Trump pour le prix Nobel de la paix.

Trump a lui-même reconnu la valeur du partenaire pakistanais. « Le Pakistan connaît l’Iran mieux que la plupart », a déclaré le président américain.

Ces liens personnels consolidaient une relation bilatérale déjà façonnée par des intérêts stratégiques. Le passé entre les deux pays n’est pourtant pas exempt de frictions. Pendant la « guerre contre le terrorisme », Washington a accusé Islamabad d’abriter des jihadistes responsables d’attaques contre les troupes de la coalition en Afghanistan, malgré le statut d’allié majeur non membre de l’Otan du Pakistan.

La relation s’est encore tendue en 2011. Des militaires américains ont tué Oussama ben Laden sur le sol pakistanais sans prévenir Islamabad. Washington a ensuite soupçonné le Pakistan d’avoir protégé le chef d’al-Qaïda, auteur intellectuel des attentats du 11 septembre 2001.

Pakistan médiateur en Iran pour la paix : Pékin et Riyad en appui

La diplomatie pakistanaise ne s’est pas déployée seule. Elle a bénéficié d’un soutien régional et international structuré.

Le ministre des Affaires étrangères Ishaq Dar a réuni le mois dernier ses homologues d’Arabie saoudite, de Turquie et d’Égypte pour discuter de la désescalade. Il s’est ensuite envolé vers Pékin pour de nouveaux pourparlers. La Chine, premier partenaire commercial de l’Iran, a apporté son soutien explicite. Pékin a déclaré soutenir « le rôle unique et important du Pakistan dans l’apaisement de la situation ».

Selon Donald Trump, la Chine a contribué à convaincre l’Iran de venir à la table des négociations. Cette déclaration souligne l’imbrication des réseaux diplomatiques mobilisés par Islamabad.

Le Pakistan entretient par ailleurs des liens étroits avec l’Arabie saoudite. Les deux pays ont signé en 2025 un accord stratégique de défense mutuelle. Cet accord consolide des liens anciens mais réduit aussi la marge de manœuvre du Pakistan dans son soutien à Téhéran. Sharif s’est récemment rendu à Riyad pour rencontrer le prince héritier Mohammed ben Salmane.

Le Premier ministre pakistanais a remercié publiquement la Chine, l’Arabie saoudite, la Turquie, l’Égypte et le Qatar pour leur « soutien en vue d’aboutir au cessez-le-feu ».

Des intérêts économiques vitaux pour Islamabad

La médiation pakistanaise répond aussi à des impératifs économiques. Le Pakistan importe des hydrocarbures transitant par le détroit d’Ormuz. Toute perturbation prolongée du trafic maritime menaçait directement son approvisionnement en carburant.

Des prix en hausse auraient contraint un gouvernement déjà fragilisé financièrement à imposer de nouvelles mesures d’austérité. La neutralité n’était donc pas seulement un choix stratégique. Elle constituait une nécessité économique.

Un règlement durable du conflit renforcerait aussi la stature internationale d’Islamabad. Le Pakistan fait face à un conflit armé avec l’Afghanistan voisin. Moins d’un an s’est écoulé depuis ses échanges de frappes avec l’Inde. Consolider son image de médiateur crédible repositionne le Pakistan sur la scène mondiale.

Les négociations attendues vendredi à Islamabad

Le Premier ministre Sharif a confirmé qu’il accueillerait des délégations américaines et iraniennes dès vendredi dans la capitale pakistanaise.

Asif Durrani explique le choix de cette ville : « L’Iran se sentira plus à l’aise à Islamabad, c’est pourquoi il a accepté la médiation du Pakistan. » Si les pourparlers sont directs, « le Pakistan pourrait aider les parties à peaufiner leur langage en cas d’impasse », précise-t-il. Des responsables pakistanais pourraient également servir d’intermédiaires si les deux parties refusent une rencontre en face à face.

Israël a annoncé soutenir la décision de Trump de suspendre les attaques contre l’Iran. Mais Tel-Aviv a précisé que la trêve n’incluait pas le Liban. Cette position contredit directement une annonce antérieure de Sharif, qui affirmait que le cessez-le-feu s’appliquait « partout, y compris au Liban ».

Cette divergence constitue un point de tension non résolu à la veille des pourparlers. L’enjeu reste considérable : la paix au Moyen-Orient dépend désormais, en partie, de la table de négociation qu’Islamabad s’apprête à dresser.

Source : Agence France-Presse

Bilan stratégique de la guerre en Iran : Washington remporte des batailles, Téhéran résiste

Bilan stratégique de la guerre en Iran : à l’heure d’un fragile cessez-le-feu, la République islamique est toujours debout. Washington a engrangé des succès tactiques, mais n’a atteint aucun des objectifs stratégiques fixés lors du lancement de l’offensive le 28 février. Les deux parties doivent désormais se retrouver samedi au Pakistan pour entamer des négociations de paix.

Un cessez-le-feu après douze jours de conflit

Donald Trump a lancé l’offensive le 28 février aux côtés du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu. L’objectif américain affiché : détruire les capacités balistiques de l’Iran et l’empêcher d’accéder à l’arme nucléaire. L’objectif israélien : affaiblir un pays de 90 millions d’habitants devenu, il y a 47 ans, l’ennemi le plus féroce de l’État hébreu.

Mardi soir, Trump a annoncé la réouverture du détroit d’Ormuz. Il a crié victoire. Ce passage vital pour le commerce mondial avait été bloqué par l’Iran en représailles aux frappes israélo-américaines, provoquant une forte hausse des prix du pétrole.

Mais la réalité du terrain dresse un tableau plus nuancé. La République islamique est toujours debout. Une partie significative de la population iranienne a fait front autour de ses dirigeants face aux bombardements.

Trump avait assuré avoir « oblitéré » les sites nucléaires iraniens lors d’une précédente guerre de 12 jours en 2025. Il avait aussi promis son aide au peuple iranien lors des manifestations de janvier, réprimées dans le sang. Il l’avait ensuite appelé à « reprendre » le contrôle du pays. Avant l’annonce du cessez-le-feu, il menaçait encore de détruire « une civilisation entière » vieille de plus de 2 500 ans.

Le bilan stratégique de la guerre en Iran : aucun objectif atteint

Les experts dressent un constat sévère. « Les États-Unis n’ont atteint aucun des objectifs qu’ils s’étaient fixés. Rien n’a changé concernant le programme nucléaire. L’Iran a toujours des missiles. Il a toujours des drones, l’État est devenu plus radical et il n’y a pas eu de changement de régime », tranche Negar Mortazavi, spécialiste de l’Iran au Center for International Policy, groupe de réflexion de centre-gauche basé à Washington.

La stratégie de déstabilisation interne a également échoué. Les frappes ont ciblé des infrastructures civiles : écoles, universités, ponts, usines. Ces destructions ont soudé une partie de la population autour du pouvoir.

Alireza Nader, expert de l’Iran basé à Washington, va plus loin. « Je pense que les États-Unis ont perdu les guerres de l’information et du récit en Iran, au Moyen-Orient et à l’échelle internationale, ainsi qu’aux États-Unis », estime-t-il. Selon lui, même les critiques les plus farouches du pouvoir clérical ont salué les Gardiens de la Révolution, l’armée idéologique de la République islamique, en réaction aux bombardements sur les infrastructures.

Michael Singh, ancien conseiller pour le Moyen-Orient du président George W. Bush et désormais directeur du Washington Institute for Near East Policy, adopte une position plus nuancée. Les forces américano-israéliennes ont « grandement réduit » les capacités militaires iraniennes. Elles ont détruit nombre de missiles et de drones. Elles ont neutralisé la marine et l’aviation iraniennes. Les frappes ont aussi éliminé plusieurs hauts gradés.

« Du point de vue américain, je dirais que les États-Unis ont été brillants au niveau opérationnel, mais que le conflit a été stratégiquement peu concluant », explique Singh.

Il soulève par ailleurs un risque majeur. Contre toute attente, la démonstration de force américano-israélienne pourrait pousser l’Iran à se doter de l’arme nucléaire.

L’Iran frappe dans toute la région

En représailles aux frappes intensives sur son territoire, l’armée iranienne a semé le chaos dans les pays de la région alliés de Washington. Cette capacité de projection régionale constitue un levier de pression décisif pour Téhéran dans les discussions à venir.

Washington s’est résolu, en plein conflit, à alléger les sanctions contre le pétrole iranien. L’objectif : contenir la hausse des prix de l’or noir. Cette concession mesure les contraintes qui ont pesé sur la stratégie américaine.

La fermeture du détroit d’Ormuz a amplifié la pression sur les marchés mondiaux. Par ce passage transitent 20 % du pétrole et du gaz naturel liquéfié mondial, ainsi que des marchandises et des fertilisants. Sa fermeture a fait flamber les cours de l’énergie à l’échelle internationale.

Ce bilan stratégique guerre Iran s’incarne pleinement dans le dossier d’Ormuz : un verrou géopolitique que Téhéran a su actionner pour contraindre son adversaire.

Ormuz et le bilan stratégique de la guerre en Iran aux négociations

L’Iran a finalement accepté un passage sécurisé du détroit sous condition pendant la trêve. Cette décision a immédiatement fait chuter les prix du brut. Téhéran a par ailleurs évoqué la mise en place d’un péage pour financer sa reconstruction.

Ali Vaez, directeur du Projet Iran de l’International Crisis Group, analyse la dynamique en cours. « L’équilibre sous-jacent n’a pas fondamentalement changé : l’Iran a toujours son uranium enrichi tandis qu’il importe plus à Washington, pour l’instant, de mettre fin aux perturbations plus larges – en particulier dans le détroit d’Ormuz – que de suivre la voie privilégiée par Israël », dit-il.

Si l’Iran obtient des assurances suffisantes de la part des États-Unis, il pourra affirmer que l’escalade a conduit à des négociations à des termes acceptables, précise Vaez.

« Cela met en évidence à la fois la volonté de M. Trump d’avoir un accord et les limites de la stratégie poursuivie jusqu’à présent », conclut-il.

Des négociations s’ouvrent samedi au Pakistan

Téhéran et Washington entament des discussions samedi au Pakistan. Les deux parties chercheront à poser les bases d’un accord de paix durable au Moyen-Orient.

Le détroit d’Ormuz figurera au cœur des pourparlers. L’Iran a montré, tout au long du conflit, sa capacité à exercer une pression maximale sur ce point de passage stratégique. Cette démonstration pèsera lourd dans les discussions.

Les objectifs initiaux de Washington restent sans réponse concrète : le programme nucléaire iranien demeure intact, les missiles et les drones persistent, et aucun changement de régime n’a eu lieu. La table des négociations s’ouvre dans un rapport de force que Téhéran a contribué à redessiner.

La République islamique sort de ces douze jours de guerre dans une position plus solide que ne l’anticipaient ses adversaires. Washington a démontré sa puissance de feu et dégradé l’arsenal iranien. Mais Téhéran a résisté, préservé ses leviers stratégiques et contraint son adversaire à s’asseoir à la table des négociations.

Source : Agence France-Presse

PSG en quart de finale : Paris maîtrise Liverpool (2-0) et prend l’option demi-finale

Durant le quart de finale aller, les Parisiens ont dominé Liverpool de bout en bout mercredi soir au Parc des Princes (2-0). Désiré Doué et Khvicha Kvaratskhelia ont marqué pour le champion d’Europe en titre. Le club de la capitale aborde le retour à Anfield avec une avance solide.

Paris dicte son tempo dès l’ouverture

Le Parc des Princes n’a pas attendu longtemps pour s’enflammer. Dès la 11e minute, Désiré Doué ouvre le score. L’ailier français dribble son adversaire, se replace dans l’axe et décoche une frappe. Le ballon dévie sur Ryan Gravenberch avant de terminer sa course dans les filets. La chance sourit aux Parisiens, mais la logique du match est déjà parfaitement lisible.

Luis Enrique aligne une équipe dominatrice, patiente et précise. Ses joueurs font circuler le ballon avec une aisance déconcertante. Liverpool court après un adversaire insaisissable. Arne Slot voit ses hommes peiner à récupérer la possession. Quand ils y parviennent, la pression parisienne les force à précipiter leurs relances.

Les circuits de passe du PSG désorganisent toute tentative de récupération haute côté liverpuldien. Le milieu parisien, avec Joao Neves en chef d’orchestre, neutralise chaque transition adverse. Quelques tentatives de contre-attaque émergent du côté des Reds, mais elles restent sans lendemain face à une défense parisienne rigoureuse et concentrée.

Nuno Mendes connaît quelques minutes d’alerte physique, et commet par ailleurs quelques maladresses. Ces petits accrocs ne perturbent pas l’équilibre général d’une équipe parisienne qui rappelle, par ses courses, ses dribbles et ses passes, le niveau affiché lors du printemps 2025 et du sacre continental.

PSG en quart de finale : Kvaratskhelia enfonce le clou

La seconde mi-temps confirme la domination parisienne. Liverpool monte en intensité après la pause. Les Reds disputent davantage les duels. Ils s’imposent mieux au milieu de terrain, comme pour effacer la mémoire de leur défaite humiliante face à Manchester City (4-0) en quart de finale de la Coupe d’Angleterre, samedi dernier.

Paris répond par une action de grande classe. Joao Neves envoie une passe laser entre les lignes, cassant plusieurs rangées défensives en un seul geste. Khvicha Kvaratskhelia reçoit le ballon dans la profondeur. Le Géorgien joue avec la défense et le gardien des Reds avant de glisser le ballon au fond des filets à la 65e minute. Le break est fait, le score est de 2-0.

Kvaratskhelia avait déjà inscrit trois buts lors des huitièmes de finale. Sa performance contre Liverpool confirme son rôle de leader offensif du PSG en Ligue des champions cette saison.

PSG en quart de finale : le poids d’un titre à défendre

Cette rencontre prend place dans un contexte chargé. La saison dernière, PSG et Liverpool s’étaient déjà croisés en huitièmes de finale de la compétition. Paris avait éliminé les Reds aux tirs aux buts. La blessure est encore à vif du côté de Merseyside.

Les supporters liverpuldiens attendaient cette revanche. Arne Slot avait préparé son équipe pour contester la couronne européenne du PSG, champion en titre depuis son sacre au printemps 2025. Paris défend donc son titre à chaque rencontre de C1.

Côté parisien, Luis Enrique avait fait de la Ligue des champions sa priorité absolue après des mois de résultats en demi-teinte en championnat. L’équipe a retrouvé ses automatismes. Cette campagne de printemps 2026 rappelle étroitement celle, victorieuse, de l’an dernier.

Occasions manquées et séquences décisives

La soirée ne s’est pas déroulée sans frustrations pour Paris. Ousmane Dembélé, titulaire sur le côté droit, a multiplié les occasions manquées. À la 42e minute, une récupération expresse du PSG débouche sur une situation idéale pour le Ballon d’Or. Sa frappe, trop molle, ne trompe pas Giorgi Mamardashvili. Le gardien géorgien, titulaire en remplacement d’Alisson Becker blessé, sauve les siens.

Dembélé rate une nouvelle occasion à la 53e minute. Parfaitement servi à six mètres, il expédie son tir au-dessus des cages. La déception envahit le Parc des Princes. L’attaquant touche finalement le poteau juste avant sa sortie à la 87e minute.

Warren Zaïre-Emery croyait s’offrir le troisième but à la 70e minute. Bien positionné au terme d’un mouvement collectif rapide, il frappe. Ibrahima Konaté effectue alors un tacle d’une précision exceptionnelle. Le penalty accordé dans un premier temps par l’arbitre est annulé après consultation de la VAR. Nuno Mendes rate lui aussi une occasion nette à la 90e minute : idéalement placé, le latéral portugais manque son contrôle et laisse passer le ballon.

Réactions : une soirée d’exception au Parc

Le Parc des Princes a vibré comme en 2025. Le public parisien a retrouvé l’équipe conquérante qu’il avait tant célébrée lors du sacre européen. Les semaines difficiles du début de saison appartiennent désormais au passé. L’enthousiasme du stade a accompagné chaque récupération de balle, chaque dribble, chaque percussion.

Mohamed Salah a regardé toute la rencontre depuis le banc des remplaçants. Arne Slot n’a pas fait appel à la star égyptienne. Cette décision a privé la défense parisienne de son adversaire le plus dangereux. Willian Pacho, défenseur central du PSG, en a profité pour livrer une prestation dominante, redevenant impérial dans ses interventions.

Hugo Ekitike, ancien attaquant du PSG désormais sous les couleurs de Liverpool, a tenté de perturber ses anciens coéquipiers. Volontaire et remuant, le Français s’est heurté à un mur. Pacho l’a chassé de près tout au long de la soirée, sans jamais lui laisser l’espace nécessaire.

Le retour à Anfield, seul enjeu désormais

La qualification reste à confirmer. Liverpool a montré après la pause qu’il pouvait produire un football plus intense et plus engagé. Arne Slot n’abandonne pas. Ses joueurs savent ce que représente Anfield. L’enceinte liverpuldienne restera une forteresse hostile pour Paris, et le PSG quart de finale retour s’annonce sous haute tension.

Le match retour se disputera mardi prochain à Anfield. Paris aborde ce déplacement avec deux buts d’avance. Conserver ce score suffirait à qualifier les Parisiens pour les demi-finales.

Luis Enrique connaît les risques. Son équipe n’a pas su convertir ses nombreuses occasions en buts supplémentaires. Un écart plus large aurait mis la qualification hors de portée des Reds. Les erreurs de finition, trop nombreuses mercredi, devront disparaître à Anfield.

La saison dernière, Paris avait éliminé Liverpool aux tirs aux buts. Cette fois, le PSG quart de finale s’aborde avec une avance de deux buts dès le match aller. L’objectif est clair : défendre ce résultat en restant dangereux en contre. Les demi-finales de la Ligue des champions se rapprochent pour le champion en titre.

Source : Agence France-Presse

Frappes d’Israël sur le Liban : 182 morts à Beyrouth, la trêve irano-américaine en péril

Les frappes Israël sur le Liban ont tué 182 personnes et blessé 890 autres mercredi à Beyrouth. Israël a revendiqué sa « plus grande frappe coordonnée » contre le Hezbollah depuis le début du conflit. L’Iran a aussitôt menacé de rompre la trêve conclue in extremis avec les États-Unis, fragilisant les négociations prévues samedi à Islamabad.

Frappes d’Israël sur le Liban : Beyrouth frappée sans avertissement

Des frappes simultanées ont touché plusieurs quartiers résidentiels de la capitale libanaise mercredi. Aucun avertissement préalable n’a précédé les bombardements. Des scènes de panique ont éclaté dans plusieurs secteurs du cœur de Beyrouth.

Le bilan du ministère libanais de la Santé s’élève à 182 morts et 890 blessés. L’armée israélienne a revendiqué sa « plus grande frappe coordonnée » contre le Hezbollah depuis le déclenchement de la guerre, le 28 février. Elle affirme avoir visé « des centaines » de membres du mouvement pro-iranien, dont un commandant.

La corniche Mazraa figure parmi les zones frappées. « J’ai vu l’avion frapper, les gens commencer à courir dans tous les sens, et la fumée s’élever », a témoigné Ali Younès, présent sur place au moment des impacts.

Yasser Abdallah, employé dans un commerce d’électroménager à proximité d’un des bombardements, a décrit à l’AFP des scènes de chaos : « J’ai vu une frappe, c’était très fort, des enfants ont été tués, d’autres ont eu les bras coupés. »

Une trêve conclue à la dernière minute

Ces frappes surviennent au lendemain d’un cessez-le-feu conclu in extremis entre l’Iran et les États-Unis. L’accord est entré en vigueur dans la nuit de mardi à mercredi, juste avant l’expiration d’un ultimatum de Donald Trump. Il clôt 39 jours de conflit ayant causé des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban.

La trêve court sur deux semaines. Des représentants iraniens et américains doivent se retrouver samedi à Islamabad pour négocier un règlement plus durable. Le Pakistan assure la médiation.

Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif a appelé les parties à la « retenue ». « Des violations du cessez-le-feu ont été signalées en quelques endroits dans la zone de conflit, ce qui sape l’esprit du processus de paix », a-t-il déclaré. Sharif avait pourtant affirmé que le cessez-le-feu s’appliquait « partout », y compris au Liban — une position que Washington a depuis démentie.

Téhéran menace de rompre la trêve

Les attaques israéliennes sur Beyrouth ont immédiatement ravivé les tensions diplomatiques. Le président iranien Massoud Pezeshkian a rappelé mercredi soir qu’un cessez-le-feu au Liban constituait l’une des « conditions essentielles » fixées par Téhéran, inscrites dans son plan en dix points servant de base à l’accord, selon l’agence Isna. Le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a jugé « déraisonnable » toute poursuite du cessez-le-feu et des négociations avec Washington.

Le Hezbollah a affirmé être en « droit de riposter ». Les Gardiens de la Révolution iraniens ont également menacé de répliquer après le « massacre brutal » perpétré à Beyrouth.

Washington refuse d’endosser la responsabilité de la situation. Le vice-président JD Vance, qui conduira la délégation américaine samedi à Islamabad, a déclaré avant de quitter Budapest : « Si l’Iran veut que cette négociation capote à cause d’un conflit dans lequel ils se font étriller au Liban, qui n’a rien à voir avec eux, et dont les États-Unis n’ont jamais dit qu’il faisait partie du cessez-le-feu, c’est leur choix. »

Le contenu de l’accord contesté

Un haut responsable de la Maison Blanche a affirmé que le plan en dix points publié par l’Iran ne servait pas de base aux discussions avec Washington. Ce document évoque notamment « le maintien du contrôle iranien sur le détroit d’Ormuz, l’acceptation de l’enrichissement d’uranium, la levée de toutes les sanctions primaires et secondaires. »

Donald Trump s’est dit prêt à « discuter » de la levée des sanctions, mais a exclu tout « enrichissement d’uranium ». Benjamin Netanyahu a prévenu que le cessez-le-feu « n’est pas la fin de la campagne » contre l’Iran. Le Premier ministre israélien a ajouté qu’Israël était « prêt à reprendre le combat à tout moment. »

Frappes d’Israël sur le Liban : condamnations mondiales

Les attaques sur Beyrouth ont provoqué une vague de réprobation internationale. L’ONU, l’Irak et la Jordanie ont condamné les bombardements. Volker Türk, Haut-Commissaire des droits de l’homme de l’ONU, a qualifié l’ampleur des tueries d' »épouvantable » et appelé la communauté internationale à mettre fin au « cauchemar. »

Le Premier ministre libanais Nawaf Salam a décrété une journée de deuil national pour le jeudi. Ces nouvelles victimes s’ajoutent à un bilan humain déjà lourd depuis le début du conflit.

Tensions régionales et détroit d’Ormuz

Au-delà du Liban, les tensions persistent dans la région. L’Iran a mené des attaques de représailles au Koweït et aux Émirats arabes unis. Ces derniers entendent exiger que l’Iran paie « les dommages et réparations. » Téhéran justifie ces frappes comme une riposte à des attaques menées contre ses installations pétrolières après la trêve. Le Financial Times rapporte par ailleurs qu’un drone a visé un important oléoduc en Arabie saoudite.

La réouverture progressive du détroit d’Ormuz a néanmoins provoqué un soulagement sur les marchés mondiaux. Ce couloir stratégique assure en temps normal le transit de 20 % de la consommation mondiale d’hydrocarbures. Deux navires — l’un grec, l’autre battant pavillon du Libéria — ont pu franchir le détroit mercredi. Les cours du pétrole ont reculé, les Bourses ont rebondi. Mais plus de 800 bâtiments restent immobilisés dans le Golfe, et plusieurs acteurs du transport maritime refusent encore de s’y aventurer.

En Iran, l’annonce de la trêve n’a pas dissipé l’angoisse. « J’ai encore des douleurs à cause de la peur », a confié à l’AFP Simin, enseignante d’anglais de 48 ans. « Le choc et la pression psychologique ont été si intenses que même maintenant, on ne sait pas si on doit se sentir soulagés par la trêve ou pas. »

La police israélienne a annoncé la réouverture, jeudi, des Lieux saints des trois religions monothéistes à Jérusalem. Un geste symbolique dans une région encore sous haute tension.

Source : Agence France-Presse

Atlético bat Barça Champions League : 2-0 au Camp Nou, les Catalans contraints à la remontada

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Ce mercredi soir au Camp Nou, l’Atlético bat Barça Champions League sur le score net de 2-0 en quart de finale aller. Julian Alvarez et Alexander Sorloth ont inscrit les buts madrilènes, après l’expulsion de Pau Cubarsi à la 44e minute. Barcelone devra accomplir une remontada mardi prochain au Metropolitano pour espérer rejoindre les demi-finales.

Une soirée de braquage signée Simeone

L’Atlético Madrid s’est imposé 2-0 au Camp Nou mercredi soir, en quart de finale aller de la Ligue des champions. Une expulsion en fin de première mi-temps a réduit les Catalans à dix pour le reste du match. Barcelone doit désormais accomplir une remontada pour espérer atteindre le dernier carré.

Cette victoire revêt une valeur symbolique particulière pour les Madrilènes. La dernière victoire de l’Atlético au Camp Nou remontait à 2006. C’est aussi le premier succès de Diego Simeone dans cette enceinte depuis son arrivée sur le banc rojiblanco.

Les deux équipes s’affrontaient pour la cinquième fois cette saison. Chacune connaît parfaitement l’autre. Barcelone presse haut, domine le ballon et crée les occasions. L’Atlético défend en bloc à cinq ou six, attend et contre-attaque. Ce schéma bien rodé n’a rien changé au résultat final.

L’Atlético a déjà éliminé Barcelone en quarts de finale de la Ligue des champions en 2014 et en 2016. Si ce n’est pas encore une « bête noire » au sens strict, cela commence vraiment à y ressembler. Ces deux éliminations ont ancré une rivalité particulière entre les deux clubs sur la scène européenne.

Atlético bat Barça Champions : le tournant de la 44e minute

Le match a basculé à la 44e minute. Pau Cubarsi, jeune défenseur barcelonais, a commis une faute sur Giuliano Simeone qui filait seul au but. L’arbitre a sorti le carton rouge sans hésiter. Barcelone jouait désormais à dix contre onze pour le reste du match.

Julian Alvarez n’a pas laissé passer l’occasion. Sur le coup franc qui suivait, l’Argentin a glissé une frappe précise que Joan Garcia n’a pu stopper (45e, 1-0). Le Camp Nou s’est tu.

En seconde période, Hansi Flick a fait entrer Gavi et Fermin Lopez pour tenter de revenir. Barcelone a continué à presser et à créer du jeu. Mais à la 70e minute, Alexander Sorloth a transformé un centre de Ruggeri, lancé par Griezmann (2-0). Ce coup de poignard a scellé le sort du match.

Rashford titulaire, Yamal séduisant mais inefficace

En l’absence de Raphinha, blessé, Hansi Flick a aligné Marcus Rashford à gauche de l’attaque. Le joueur anglais, prêté par Manchester United, s’est montré actif dès les premières minutes. Juan Musso a capté sa frappe dès la 2e minute. À la 4e, Rashford a manqué l’ouverture du score après une passe ratée de Giuliano Simeone, et a buté sur le portier argentin.

Lamine Yamal, 18 ans, a également mis la défense madrilène en difficulté. À la 32e minute, l’ailier barcelonais s’est joué de trois joueurs à l’entrée de la surface. Mais Robin Le Normand — son coéquipier en équipe d’Espagne — a réalisé un retour décisif. David Hancko a ensuite contré Yamal de justesse à la 38e minute. Le jeune gaucher a multiplié les tentatives, mais la discipline collective madrilène l’a constamment neutralisé.

Un but a failli sortir à la 18e minute. Rashford a cru marquer, mais l’arbitre a refusé l’action pour hors-jeu de Yamal au départ. Les Catalans ont multiplié les tentatives (14e, 16e, 18e, 30e) sans jamais trouver la faille. Julian Alvarez, de son côté, avait déjà alerté Joan Garcia dès la 6e minute, parti dans le dos de Gerard Martin.

Atlético bat Barça Champions : une fragilité défensive chronique

Ce scénario rappelle un précédent récent et douloureux pour Barcelone. En 2024, à Montjuic, Ronald Araujo avait reçu un carton rouge face au PSG après une faute sur Bradley Barcola. Les Catalans s’étaient retrouvés à dix dans une configuration identique.

Ce Barça reste spectaculaire offensivement. Il presse haut, construit le jeu et produit des occasions. Mais la fragilité défensive constitue un problème structurel persistant. Quand l’équipe de Flick ne concrétise pas ses occasions, elle s’expose aux contres rapides et aux coups de pied arrêtés adverses.

L’Atlético connaît parfaitement cette mécanique. Les hommes de Simeone défendent en bloc, absorbent la pression, puis frappent fort et vite. Mercredi, ils ont appliqué ce principe avec une rigueur exemplaire. La leçon infligée à Barcelone au Camp Nou s’inscrit dans la continuité d’une tactique éprouvée.

Griezmann prudent avant le retour

Antoine Griezmann, 35 ans, a participé à la construction du second but. L’attaquant français a lancé Ruggeri dans la profondeur, permettant à Sorloth de conclure.

Cette saison est peut-être sa dernière à l’Atlético. Il aspire à remporter un trophée avant de quitter le club. Mais l’international tricolore appelle à la prudence.

« Il nous reste encore un long chemin à faire. Nous sommes encore très loin des demi-finales, encore 90 minutes ou plus… Nous sommes confiants mais nous devons garder les pieds sur Terre », a-t-il déclaré sur Movistar+.

Cette vigilance a une raison précise. En demi-finale retour de la Coupe du Roi, l’Atlético avait subi une défaite 3-0 après une victoire 4-0 à l’aller. Simeone ne l’a pas oublié. Le risque d’un retour de flamme existe, surtout face à un adversaire aussi offensif que Barcelone.

Le Metropolitano pour décider du finaliste

Le quart de finale retour se disputera mardi prochain au Metropolitano, à Madrid. L’Atlético aborde cette confrontation avec deux buts d’avance. Il devra protéger cet avantage sans reproduire le scénario catastrophe vécu en Coupe du Roi.

Barcelone possède les ressources offensives pour relancer la série. Le club catalan a déjà réalisé des remontadas mémorables en Ligue des champions. Pour y parvenir, il devra corriger ses lacunes défensives et se montrer plus efficace devant le but. Un défi immense pour une équipe réduite à dix pendant quarante-cinq minutes mercredi soir.

Pour Griezmann et ses coéquipiers, l’objectif est clair : ne pas lâcher. Si les Colchoneros reproduisent leur performance du Camp Nou mardi soir, ils rejoindront les demi-finales pour la troisième fois sous Diego Simeone en éliminant à nouveau le géant catalan.

Source : Agence France-Presse

Emballages payants : la Focaco met en demeure les supermarchés

La Fondation camerounaise des consommateurs somme les enseignes Santa Lucia et Spar de cesser la facturation des sacs avec leurs logos, jugée abusive.

La pression monte sur les grandes surfaces. Dans une correspondance datée du 7 avril 2026, la Fondation Camerounaise des Consommateurs met en demeure les enseignes Santa Lucia et Spar. En cause,  la facturation des emballages portant leurs logos.

Selon l’organisation, plusieurs plaintes de consommateurs ont été enregistrées ces dernières semaines. Après vérification, la Focaco affirme que ces enseignes imposent aux clients l’achat d’emballages publicitaires au moment du passage en caisse. Pour elle, cette pratique pose problème. Elle estime que le consommateur devient, sans son consentement, un support de communication. « Le client est transformé en vecteur publicitaire payant », dénonce l’organisation.

« Vente contrainte »

La Focaco s’appuie sur la loi de 2011 sur la protection du consommateur. Elle évoque notamment une atteinte au droit à une information claire. Selon elle, un sac portant un logo ne peut être assimilé à un simple consommable. L’organisation pointe également des pratiques commerciales jugées abusives. Elle parle d’une « vente contrainte », dans la mesure où le client n’a souvent pas d’alternative pour transporter ses achats. Elle évoque aussi un « enrichissement sans cause », les enseignes tirant profit d’un support qui sert leur image.

Distinctions : Dans les secrets des Focaco Awards

Dans sa mise en demeure, la fondation exige trois mesures. D’abord, l’arrêt immédiat de la facturation des sacs logotés. Ensuite, la mise à disposition d’emballages neutres, gratuits. Enfin, un affichage clair en caisse pour distinguer les types d’emballages. Les enseignes concernées disposent de huit jours pour se conformer. Passé ce délai, la Focaco envisage des poursuites judiciaires. Elle n’exclut pas non plus de saisir le Ministère du Commerce pour d’éventuelles sanctions administratives.

D’autres enseignes impliquées

Sur les réseaux sociaux, la réaction des consommateurs ne s’est pas fait attendre. Plusieurs internautes estiment que Santa Lucia et Spar ne sont pas les seules concernées. D’autres enseignes seraient également impliquées.

Contacté, le président de la Focaco, Alphonse Ayissi Abena, indique que cette action repose d’abord sur les dénonciations des usagers. Il précise que des descentes de terrain sont également menées pour vérifier les pratiques.

Réforme constitutionnelle : L’appel à la convergence des luttes

En rapport avec la réforme constitutionnelle,  Issa Tchiroma Bakary invite l’ensemble de la diaspora camerounaise. Société civile, citoyens engagés, activistes, lanceurs d’alerte. A veiller à ce que la dynamique de mobilisation ne soit pas contrariée. Par des dissensions, des polémiques, des batailles inutiles.

Le président du Fscn s’adresse aux compatriotes et militants de la démocratie. A qui il rappelle que « l’heure est grave ! » Dès l’entame de son propos, l’ex-candidat à la présidentielle d’octobre dernier réfugié en Gambie rend un hommage appuyé à la diaspora.

« Je sais que même loin du berceau de nos ancêtres, le Cameroun, vous êtes restés proches du quotidien et des préoccupations de nos populations. Ainsi, aucun acte de la vie nationale, aucune circonstance majeure ne vous laisse indifférents. »

«Mieux, vous donnez de la voix, à travers des mobilisations, des sensibilisations et des actions citoyennes fortes, pour dénoncer l’abîme dans lequel est plongé notre pays ou pour faire corps avec la Nation dans des circonstances graves », reconnait Issa Tchiroma Bakary.

Attachement viscéral

Qui salue l’engagement de cette diaspora « ces temps derniers ». Surtout  « à travers l’organisation d’hommages à l’illustre héros national Anicet Ekané. la dénonciation des manœuvres antidémoctatiques qui fragilisent notre République. Telles les diverses modifications de la Constitution taillées sur mesure pour plaire à un individu. De surcroît illégitime, sans tenir compte du bien-être des trente millions de nos concitoyens ».

Dénonçant les multiples dérives en cours dans le pays, il salue « l’engagement individuel et collectif des années et des décennies durant » de la diaspora.  Laquelle, selon Issa Tchiroma, traduit un attachement viscéral au Cameroun. Preuve, dit-il,  que l’éloignement géographique n’éteint pas le patriotisme.

Intégration : à quoi servira la Maison de la diaspora camerounaise ?

Mobilisation des Camerounais de l’extérieur

« Il est le signe que la distance ne fait pas disparaître la conscience citoyenne. Il est le prolongement de longues années de mobilisation des Camerounais de l’extérieur, depuis les luttes pour l’indépendance, le soutien à l’opposition lors du retour au multipartisme, et plus récemment, contre le hold-up électoral de 1992 et de 2018 », souligne le candidat à la présidentielle d’octobre dernier.

Pour qui, il est du devoir patriotique des Camerounais de veiller à ce que cette dynamique ne soit pas contrariée. Par des dissensions, des polémiques, des batailles inutiles et des attaques parfois personnelles sur les réseaux sociaux.

Qui desservent l’objectif principal, à savoir : une mobilisation concertée et bien conjuguée dans l’intérêt supérieur du Cameroun, pour le rétablissement de la vérité des urnes et l’avènement d’un changement véritable et rapide dans notre pays.

Dérive monarchique du régime

En cette période extrêmement critique de l’histoire de notre pays, où les manœuvres inconstitutionnelles. Et la dérive monarchique du régime s’ajoute à son illégitimité depuis le 12 octobre 2025. Ainsi qu’à l’accroissement de la pauvreté et au creusement de la dette. il en appelle à une union de toute la diaspora et de ses organisations respectives.

«  Vous avez le devoir de vous mobiliser de façon conjuguée. Et de travailler en synergie pour contribuer à rendre possible notre but commun dans les meilleurs délais. L’avènement d’un Cameroun nouveau à travers le rétablissement de la légitimité des urnes telle qu’exprimée massivement par les Camerounais. A l’occasion de l’élection présidentielle du 12 octobre 2025, en dépend », appelle l’homme politique.

Constitution : Quelle plus-value pour la modification ?

Selon Joseph Marie Eloundou, expert-analyste, la modification de la constitution, ou tout au moins, l’instauration d’une vice-présidence, peut être un formidable accélérateur pour l’évolution institutionnelle du Cameroun. À condition de ne pas sacrifier l’impératif d’efficacité sur l’autel du clientélisme ou du simple dosage régional.

Disons-le. L’évocation de la révision constitutionnelle au Cameroun, marquée par l’instauration d’un poste de vice-président de la République, a été au cœur des débats télévisés ce week-end. Aucune chaîne de télévision sérieuse n’y a échappé, invitant des panélistes aussi futés les uns que les autres.

L’évolution institutionnelle

Chacun y est allé de la force de ses arguments pour convaincre son vis-à-vis.  Mais au fait, cette innovation apporte-t-elle une réelle plus-value à l’évolution institutionnelle de notre pays ?

Joseph Marie Eloundou, expert-analyste, tente d’y apporter une réponse.  Pour lui, à l’analyse des défis actuels du Cameroun, la réponse penche vers l’affirmative. A la double condition que ce poste réponde à un besoin d’efficacité. Et qu’il soit confié au profil adéquat. Il affirme qu’il s’agit d’un gage de stabilité et de continuité de l’État.

Mécanisme de continuité fluide

« Dans l’architecture institutionnelle actuelle, la vacance du pouvoir ou l’empêchement du chef de l’État ouvre une période d’intérim gérée par le président du Sénat, avec pour unique mission d’organiser des élections dans des délais courts. L’introduction d’un vice-président modifie profondément cette donne. Elle offre au Cameroun un mécanisme de continuité fluide. En cas d’aléa, le pays n’entre pas dans une phase de transition hâtive et potentiellement anxiogène », explique l’expert analyste.

Il poursuit : « Le vice-président assure la continuité de la vision présidentielle sans rupture de charge. Pour les investisseurs, les partenaires internationaux et les populations, c’est un message fort de stabilité et de prévisibilité ». Toutefois, souligne-t-il, un vice-président n’est pas un simple figurant protocolaire ; il doit être un « moteur auxiliaire » pour le chef de l’État.

Présidentielle 2025: ce que propose le Mrc une fois au pouvoir

« En le déchargeant de certaines coordinations transversales et de dossiers complexes, il permet d’accélérer la prise de décision et l’exécution des chantiers de la SND30. L’évolution institutionnelle ici n’est pas cosmétique, elle est fonctionnelle : elle vise à rendre l’État plus agile », argumente l’expert.

L’homme de la situation

Mais quel peut donc être le profil de cet homme de la situation ? « Si l’institution du poste est une bonne chose sur le papier, sa réussite dépendra exclusivement du profil de celui qui l’occupera. Beaucoup cèdent à la tentation de n’analyser ce choix qu’à travers le prisme des équilibres régionaux ou sociologiques. Si la géopolitique interne a ses vertus pour la paix sociale, elle ne saurait tenir lieu de compétence pour un poste d’une telle gravité », peint Joseph Marie Eloundou.

En d’autres termes, « le profil idéal du prochain vice-président doit répondre à des critères stricts d’efficacité étatique. Une mémoire institutionnelle profonde. Il doit s’agir d’une personnalité ayant déjà habité les arcanes du sommet de l’État. Comprenant la grammaire du pouvoir et les mécanismes de la haute décision ».