Un groupe constitué de membres de la société civile, d’intellectuels et d’hommes politiques dénonce la violence d’Etat. Ledit groupe vient de lancer un appel à Douala. Selon elle, cette violence d’État ne saurait être la réponse aux problèmes du Cameroun.
Au Cameroun, la situation postélectorale, marquée par l’extrême violence, nous impose un récapitulatif des plus récents événements dans notre pays. En 2008, on a tué près d’une centaine de jeunes qui étaient descendus dans les rues. Pour exprimer leur mécontentement, de nombreux autres jeunes se sont retrouvés en prison.
Depuis 2016, le Cameroun est sévèrement endeuillé par la guerre interminable du NOSO. Des populations civiles tombent, et aussi nos militaires et des combattants séparatistes. Nombre de séparatistes, ou soupçonnés comme tels, croupissent dans les prisons. C’est le cas par exemple d’Ayuk Tabe et ses compagnons, en cellule depuis 2018.
Cinq années de détention
A la suite de l’élection présidentielle de 2018, des militants du MRC principalement, mais d’autres activistes aussi, ayant protesté contre les résultats du scrutin se sont retrouvés en prison. Une vingtaine d’entre eux viennent seulement d’être libérés après 5 années de détention et d’autres y sont encore.
Maurice Kamto et certains de ses proches compagnons ont été enfermés pendant près d’une année. A la suite de l’élection présidentielle du 12 octobre 2025, au cours de laquelle la vigilance des électeurs lors du comptage des voix dans les bureaux de vote a permis d’établir la victoire sans conteste d’Issa Tchiroma Bakary.
« On parle aujourd’hui de 48 tués et de plus de 2000 détenus parmi lesquels des mineurs et des femmes enceintes, et depuis le 1ᵉʳ décembre 2025 nous sommes tous sous le coup de la nouvelle de la mort d’Anicet Ekanè, mort survenue lors de sa détention au secrétariat d’État à la Défense (SED) à Yaoundé », dénonce ledit groupe.
Banaliser l’usage de la violence
Qui accuse le pouvoir Rdpc de banaliser l’usage de la violence, à travers des tueries et des emprisonnements, à l’occasion des protestations pacifiques. « C’est pour cela que nous, signataires du présent appel, demandons aux démocrates, aux militants des partis politiques, aux femmes et hommes chargés de défendre le droit dans notre pays, aux organisations humanitaires, aux autorités religieuses, aux parents et amis des personnes actuellement détenues ainsi qu’aux intellectuels de notre pays , de nous rejoindre pour la constitution du Comité citoyen pour la défense et l’assistance des prisonniers politiques (COCIDAP) », invitent les signataires de l’appel.
Parmi lesquels Me Alice Kom, Makini Tchameni épouse Djeukam Tchameni. Marianne Ekanè Henriette Ekwè (ex-détenue politique). Ekambi Dibonguè David (ex-détenu politique de Tcholliré) , Alexis Ndema Samè (ex-détenu politique) et… le père Ludovic Lado.
















