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Ukraine : Premiers pourparlers Russie-États-Unis à Abou Dhabi

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Des négociateurs russes, ukrainiens et américains se sont réunis à Abou Dhabi pour discuter d’un possible règlement du conflit en Ukraine, alors que Moscou maintient son exigence d’un retrait ukrainien du Donbass.

Des négociateurs russes, ukrainiens et américains se sont retrouvés vendredi à Abou Dhabi pour discuter, pour la première fois sous ce format, des conditions d’un possible règlement après quatre années de guerre en Ukraine. Pendant ce temps, Moscou maintient son exigence : le retrait des forces ukrainiennes du Donbass.

Selon le président ukrainien Volodymyr Zelensky, la question territoriale demeure le principal point de blocage dans ces négociations, appelées à se poursuivre jusqu’à samedi. Un obstacle majeur, qui conditionne toute avancée.

Ces pourparlers constituent les premières négociations directes connues entre Moscou et Kiev autour du plan américain de règlement de la guerre, un conflit qui a déjà fait des dizaines de milliers de morts depuis 2022. Un tournant, même fragile, dans un dossier jusqu’ici verrouillé.

Mettre fin à la guerre 

Selon le négociateur en chef ukrainien, Roustem Oumerov, les discussions de vendredi ont porté sur « les paramètres pour mettre fin à la guerre menée par la Russie » et sur « la suite du processus de négociation pour avancer vers une paix digne et durable ». Un cadrage précis, qui montre que Kiev cherche à structurer chaque étape. « D’autres réunions sont prévues pour demain », a‑t‑il ajouté.

Un calendrier qui s’accélère, signe que les discussions se poursuivent sans pause. Côté russe, la délégation est conduite par le général Igor Kostioukov, chef du renseignement militaire (GRU). Une présence qui signale le poids stratégique accordé à ces discussions. Washington est représentée par deux émissaires spéciaux : Steve Witkoff et Jared Kushner, le gendre de Donald Trump.

Une présence qui confirme l’implication directe de l’entourage trumpiste dans ces discussions. Ces pourparlers interviennent dans un contexte particulièrement difficile pour l’Ukraine. Son réseau énergétique, frappé à répétition par la Russie, a été gravement endommagé. Résultat : des coupures massives d’électricité et de chauffage, en plein froid glacial, notamment à Kiev. Une pression supplémentaire sur un pays déjà éprouvé.

Sur le front, les forces ukrainiennes reculent depuis près de deux ans. Face à elles, un adversaire plus nombreux et mieux armé. Et Kiev, toujours dépendante du soutien financier et militaire occidental, peine à inverser la dynamique. Le Kremlin, qui assure pouvoir atteindre ses objectifs en Ukraine par la force si la diplomatie échoue, a réaffirmé vendredi l’une de ses conditions centrales pour mettre fin à son offensive. Un rappel ferme, destiné à maintenir la pression sur Kiev.

Les forces ukrainiennes doivent quitter le Donbass

« Les forces ukrainiennes doivent quitter le Donbass. Elles doivent s’en retirer. C’est une condition très importante », a déclaré Dmitri Peskov, porte‑parole du Kremlin. Un message sans ambiguïté, qui fixe la ligne rouge de Moscou. « Sans règlement de la question territoriale, il est inutile d’espérer un accord de long terme », a‑t‑il ajouté. Un avertissement clair, qui rappelle que toute avancée dépend d’un compromis sur le terrain.

Cette réunion à Abou Dhabi a eu lieu juste après deux rencontres de haut niveau : à Davos, entre Volodymyr Zelensky et Donald Trump, et à Moscou, entre Vladimir Poutine et les émissaires Steve Witkoff et Jared Kushner. Un enchaînement qui souligne l’intensification des tractations diplomatiques.

Des négociations directes entre Russes et Ukrainiens avaient déjà eu lieu en 2022, lors de la première année du conflit. Et en 2025, plusieurs rounds s’étaient tenus à Istanbul. Mais aucun n’avait permis de débloquer la situation. Jusqu’ici, ces pourparlers n’avaient abouti qu’à des échanges de prisonniers et de dépouilles de soldats. Rien de plus. Et ce bilan limité souligne l’impasse diplomatique.

« La question du Donbass est clé », a reconnu vendredi Volodymyr Zelensky. Ce territoire industriel et minier, aujourd’hui largement contrôlé par la Russie, reste au cœur des exigences de Moscou, qui réclame le retrait des forces ukrainiennes des dernières zones tenues par Kiev. Un point de friction majeur dans les discussions.

Une autre rencontre s’est tenue

Une autre rencontre, cette fois centrée sur les questions économiques, s’est tenue vendredi à Abou Dhabi. M. Witkoff y a échangé avec Kirill Dmitriev, l’émissaire du Kremlin pour les affaires économiques internationales. Un signal supplémentaire de discussions parallèles qui se multiplient loin des regards européens.

Ces pourparlers se déroulent loin de l’Europe, sans les pays de l’UE. Et cela inquiète : Bruxelles redoute que Washington pousse Kiev vers un accord trop favorable à Moscou. De son côté, la Russie dénonce sans relâche l’ingérence européenne dans les négociations. Un jeu diplomatique où chacun accuse l’autre d’empiéter.

À Davos, la veille, M. Zelensky avait durci le ton. Selon lui, l’Europe apparaît « fragmentée » et « perdue » dès qu’il s’agit d’influer sur les positions de Donald Trump. Et surtout, elle manquerait de « volonté politique » face à Vladimir Poutine. Un constat sévère, adressé à ses principaux soutiens.

En marge du Forum économique mondial, il a eu un bref échange avec M. Trump. Selon lui, le dirigeant américain a donné son accord sur des garanties de sécurité pour l’Ukraine. Désormais, ce compromis doit être finalisé par les deux chefs d’État et validé par les Parlements des deux pays. Et cette étape, encore incertaine, conditionne la solidité de l’engagement.

Sur le terrain, les bombardements ont continué. Dans le Donetsk, une frappe russe a tué quatre personnes jeudi soir, dont un enfant de cinq ans. Et vendredi, un autre tir russe a fait trois morts dans la région de Kharkiv, selon les autorités ukrainiennes. Un bilan qui rappelle la violence persistante du front.

Source: Agence France-Presse.

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