Trump refuse la paix avec l’Iran et le dit sans ambiguïté : pas de cessez-le-feu tant que l’adversaire n’est pas anéanti. Vendredi 20 mars, le président américain a attaqué l’Otan frontalement, réclamé aux alliés la surveillance du détroit d’Ormuz et laissé ouverte la possibilité d’une opération terrestre contre l’île de Kharg, nœud vital du pétrole iranien.
Pas de cessez-le-feu : Trump vise la victoire totale
Donald Trump a tranché vendredi. Aucun cessez-le-feu ne sera négocié avec l’Iran. À son départ de la Maison Blanche pour la Floride, il a exposé sa position sans détour devant la presse réunie.
« Je ne veux pas faire un cessez-le-feu. Vous savez, vous ne faites pas de cessez-le-feu quand vous anéantissez littéralement l’adversaire », a déclaré le président américain.
L’objectif affiché est la victoire. Trump a précisé que les États-Unis et Israël poursuivaient ce seul but. Sur l’efficacité des frappes, il a ajouté : « Nous les frappons terriblement fort. Je ne crois pas qu’il soit possible d’être frappé plus fort. »
Ce refus du cessez-le-feu intervient alors que le conflit entre dans sa quatrième semaine. L’offensive israélo-américaine a débuté le 28 février. Côté américain, aucune issue négociée ne semble envisagée.
Trump refuse la paix avec l’Iran et cible l’Otan : « Lâches, nous nous en souviendrons »
Parallèlement, Trump a durci le ton envers l’Alliance atlantique. Sur son réseau Truth Social, il a publié un message en majuscules : « Sans les États-Unis, l’OTAN EST UN TIGRE DE PAPIER. »
Trump reproche aux alliés européens d’avoir refusé de participer aux combats contre l’Iran. Leur attitude face à la hausse des prix du pétrole l’irrite tout autant : ils se plaignent des coûts sans vouloir aider à rouvrir le détroit d’Ormuz. Sa conclusion est cinglante : « LÂCHES, nous nous en SOUVIENDRONS ! »
Le détroit d’Ormuz occupe le centre des tensions. Trump avait déclaré mardi ne plus avoir besoin d’aide extérieure sur ce dossier. Vendredi en fin d’après-midi, il a publié un nouveau message pour y revenir.
« Le détroit d’Ormuz devra être surveillé et contrôlé, si nécessaire, par les autres pays qui l’empruntent — ce qui n’est pas le cas des États-Unis ! », a-t-il écrit. Il a précisé : « S’ils le demandent nous aiderons ces pays dans leurs efforts à Ormuz. » La menace iranienne étant selon lui éradiquée, il a qualifié cette future opération d’« easy » pour les alliés concernés.
Quatre semaines d’offensive : un conflit sans calendrier clair
L’opération militaire contre l’Iran entre dans sa quatrième semaine. Lors d’une cérémonie à la Maison Blanche en présence d’aspirants de marine, Trump a répété que tout se déroulait « extrêmement bien » en Iran. Il a vanté les résultats militaires engrangés depuis le début de l’offensive le 28 février.
« Aucune force sur terre ne peut battre les marins américains ou l’armée américaine », a-t-il lancé, estimant qu’il n’y avait « pas vraiment de compétition » avec l’Iran.
Pourtant, Trump refuse paix Iran tout en multipliant les déclarations contradictoires sur la durée du conflit. Parfois, il promet une issue très proche. D’autres fois, il juge que l’armée n’est pas pressée de conclure.
Vendredi en fin de journée, il a écrit : « Nous sommes sur le point d’atteindre nos objectifs alors que nous envisageons de réduire graduellement nos importants efforts militaires au Moyen-Orient contre le régime terroriste iranien. »
Cette déclaration d’apaisement contraste avec les informations publiées par des médias américains. Ces derniers rapportent que l’armée se prépare au contraire à déployer des troupes supplémentaires appartenant au corps des Marines. Ce renfort pourrait présager d’une opération terrestre.
Déclarations et posture : le président entre triomphe et injonctions aux alliés
Tout au long de cette journée, Trump a alterné les registres. D’un côté, la victoire affichée sur l’Iran. De l’autre, les reproches adressés aux partenaires de l’Otan qui, selon lui, profitent des résultats militaires américains sans en assumer la charge.
Sa rhétorique reste offensive. Le président américain dénonce des alliés qui refusent de s’engager militairement, se plaignent des prix du pétrole et tardent à assumer la surveillance du détroit d’Ormuz.
Sur l’état du conflit, son ton est sans nuance. « Cela se passe extrêmement bien en Iran », a-t-il lancé lors de la cérémonie avec les aspirants de marine. Aucune mention de pertes américaines, aucune évocation de difficultés opérationnelles.
Trump la refuse paix avec l’Iran et envisage de saisir l’île de Kharg
L’escalade pourrait prendre une forme concrète. Selon le site Axios, le président américain et son administration étudient la possibilité de s’emparer de l’île de Kharg. Ce site est le nœud stratégique des exportations pétrolières iraniennes : environ 90 % du brut iranien en part. L’objectif serait de contraindre Téhéran à rouvrir le détroit d’Ormuz.
Cette mission risquerait d’être confiée aux Marines.
La Maison Blanche a confirmé la faisabilité d’une telle opération. Anna Kelly, porte-parole de la présidence, a déclaré vendredi à l’AFP que l’armée américaine pouvait « neutraliser » l’île de Kharg « n’importe quand si le président Trump en donne l’ordre ».
La semaine précédente, l’armée américaine avait déjà engagé trois navires et 2 500 Marines basés au Japon, en les dirigeant vers la région. Des médias américains évoquent désormais l’envoi de renforts supplémentaires.
Ces mouvements militaires entrent en tension directe avec le discours officiel sur une réduction progressive de l’engagement américain. Ils dessinent une possible phase terrestre du conflit, alors que l’issue diplomatique reste absente de tout agenda officiel.
Source : Agence France-Presse
















