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RDC : Le M23 frappe Kisangani, le conflit s’intensifie

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Le groupe armé M23 a revendiqué une attaque de drones contre l’aéroport de Kisangani, dans le nord-est de la RDC. L’aéroport se situe à plus de 800 km des zones de contrôle habituelles du M23, loin de ses bases traditionnelles. Cette offensive inédite constitue, selon les experts, une escalade importante dans le conflit qui déchire l’est du pays depuis longtemps. Elle survient alors qu’une mission de l’ONU s’apprête à superviser la mise en œuvre d’un cessez-le-feu dans la région.

La ville est située à plusieurs centaines de kilomètres des zones d’activité habituelles du groupe armé antigouvernemental. Cette attaque est inédite depuis la résurgence fin 2021 du M23, qui n’avait jamais frappé aussi loin de ses territoires. Ses zones de contrôle se trouvent le long de la frontière avec le Rwanda et le Burundi, dans le Nord-Kivu et le Sud-Kivu.

Selon certains observateurs, cette offensive constitue une « escalade » notable dans le conflit qui déchire l’est de la RDC. Le M23 a revendiqué l’attaque au lendemain de l’annonce de Doha, qui mène depuis plusieurs mois une médiation de paix. Cette médiation concerne le M23 et le gouvernement de Kinshasa et vise à organiser un cessez-le-feu effectif.

Une mission de l’ONU doit être envoyée dans les prochains jours pour superviser la mise en œuvre de ce cessez-le-feu. La région concernée est déchirée par des conflits persistants depuis trente ans, rendant la situation particulièrement fragile et complexe. La mission doit être conduite par la Mission des Nations Unies en RDC (Monusco) à Uvira.

Huit drones ennemis neutralisés

Entre samedi et dimanche, « huit drones ennemis ont été neutralisés avant d’atteindre leur cible », l’aéroport de Kisangani, a déclaré lundi le gouvernement local de la province de la Tshopo. Aucune victime n’a été signalée.

Kisangani est située à l’intérieur des terres. La cité de plus d’1,5 million d’habitant est distante de plus de 800 km de Goma, grande ville de l’est du pays et fief du M23 sous contrôle depuis janvier 2025. La même distance la sépare d’Uvira, dernière grande ville congolaise à avoir connu des combats.

L’aéroport de Kisangani est utilisé par l’armée congolaise et ses aéronefs. La piste sert notamment au décollage des drones d’attaque et des avions de chasse de l’armée congolaise, qui mènent régulièrement des frappes sur les positions du M23 et de l’armée rwandaise à environ 400 kms de distance.

Le M23 « avait déjà utilisé des drones précédemment mais principalement sur le champ de bataille ou à proximité immédiate. Cette capacité de frapper en profondeur dans le territoire congolais est assez nouvelle », souligne Pierre Boisselet, coordonnateur des recherches sur la violence.

Il travaille à l’Institut congolais Ebuteli et a été contacté par l’AFP pour commenter cette attaque inédite du M23. Par ailleurs, la revendication de l’attaque par le groupe armé relativise l’impact des différents processus de paix. Selon le spécialiste, la situation sur le terrain reste inchangée et le message du M23 « témoigne d’une escalade

Destruction du centre de commandement des drones 

Dans son communiqué, le groupe armé, soutenu par Kigali et son armée, a affirmé avoir procédé à une attaque. Entre le samedi 31 janvier et le dimanche 1er février 2026, il aurait détruit le centre de commandement des drones militaires. Ce centre était installé à l’aéroport de Kisangani, cible stratégique utilisée par l’armée congolaise pour ses opérations aériennes.

« Le recours aux drones et aux mercenaires n’est ni exclusif ni réservé à Kinshasa », a ajouté le groupe armé dans son communiqué. Il a rappelé que du matériel militaire avait été abandonné par les forces congolaises lors de leur déroute, soulignant la vulnérabilité.

Dans le conflit dans l’est de la RDC, le drone est devenu une pièce centrale. Les parties au conflit s’accusent régulièrement d’en faire usage pour mener des attaques dans des zones densément peuplées.

Dans les rangs de l’armée congolaise, les drones sont devenus l’outil « le plus létal » et « le vecteur qui entrave le plus » la progression du M23 et ses alliés rwandais, selon une source sécuritaire.

Deux accords ont été signés au cours des derniers mois pour tenter de mettre fin au conflit dans l’est congolais. Une déclaration de principes a été signée à Doha par le M23 et le gouvernement de Kinshasa. Ce texte définit des engagements précis en vue d’un cessez-le-feu, pour tenter de limiter les affrontements dans l’est du pays.

Un accord appelé « pour la paix et la prospérité » a été entériné en décembre à Washington par la RDC et le Rwanda. Aucun texte n’a jusqu’ici réussi à mettre un terme aux affrontements sur le terrain.

© Agence France-Presse

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