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Pakistan facilite la paix en Iran : Islamabad se propose comme hôte des négociations américano-iraniennes

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Pakistan facilite la paix en Iran en annonçant dimanche sa disponibilité pour accueillir des pourparlers directs entre Washington et Téhéran dans les prochains jours. Islamabad dit bénéficier du soutien de l’ONU, de la Chine et de trois grandes puissances arabes pour cette initiative. Le conflit, que les États-Unis mènent aux côtés d’Israël contre l’Iran, vient d’entrer dans son deuxième mois.

Islamabad se pose en médiateur central du conflit

La guerre opposant les États-Unis et Israël à l’Iran a franchi le cap d’un mois. Face à l’intensification des combats, le Pakistan a pris position dimanche comme facilitateur potentiel d’une sortie diplomatique. Le gouvernement d’Islamabad s’est dit prêt à recevoir des « pourparlers significatifs » entre les deux belligérants principaux.

Le ministre des Affaires étrangères Ishaq Dar, également vice-Premier ministre, a formalisé cette offre lors d’une déclaration télévisée. Il a indiqué que l’Iran et les États-Unis avaient « tous deux exprimé leur confiance dans le Pakistan pour faciliter les discussions ».

Sa déclaration ne laisse aucune ambiguïté sur les intentions d’Islamabad : « Le Pakistan sera honoré d’accueillir et de faciliter, dans les prochains jours, des pourparlers significatifs entre les deux parties, en vue d’un règlement global et durable du conflit en cours. »

Une réunion diplomatique à huis clos sous haute sécurité

Pour consolider cette position, Islamabad a organisé dimanche une rencontre de plusieurs heures entre Ishaq Dar et ses homologues de trois pays arabes. La réunion s’est tenue sous haute sécurité dans la capitale pakistanaise. Aucun délégué des États-Unis, d’Israël ou de l’Iran n’y assistait.

Trois ministres de premier rang représentaient leurs gouvernements respectifs : Badr Abdelatty pour l’Égypte, Hakan Fidan pour la Turquie et Fayçal ben Farhane pour l’Arabie saoudite. Les trois responsables ont également rencontré le Premier ministre Shehbaz Sharif et le chef de l’armée, le maréchal Asim Munir.

Dans sa déclaration, Ishaq Dar a précisé que ses homologues avaient « exprimé leur plein soutien » à de possibles pourparlers entre les États-Unis et l’Iran à Islamabad. « Les ministres des Affaires étrangères ont préconisé le dialogue et la diplomatie comme seule voie viable pour prévenir les conflits et promouvoir la paix et l’harmonie régionales », a-t-il ajouté.

Les discussions ont porté sur les moyens d’empêcher l’extension du conflit et de mettre en place un « cadre de négociation » entre Téhéran et Washington. L’objectif formulé par Le Caire : éviter que la région ne « sombre dans un état de chaos total ».

L’inquiétude porte notamment sur le détroit d’Ormuz. Les combats perturbent le trafic maritime dans cette voie stratégique, une menace directe sur l’approvisionnement énergétique de la région.

Pakistan facilite la paix en Iran grâce à un double réseau diplomatique

L’initiative repose sur un positionnement géopolitique rare. Islamabad entretient des liens historiques avec Téhéran et des contacts solidement établis dans le Golfe. Cette double ouverture permet au gouvernement pakistanais de jouer un rôle de transmission que peu d’autres capitales sont en mesure d’assumer.

À ce réseau diplomatique s’ajoute une dimension personnelle décisive. Le Premier ministre Shehbaz Sharif et le maréchal Asim Munir ont développé une relation directe avec le président américain Donald Trump. Cette proximité renforce la crédibilité d’Islamabad comme intermédiaire aux yeux des deux parties.

Ishaq Dar et Shehbaz Sharif ont conduit plusieurs entretiens téléphoniques avec des responsables iraniens de haut rang, dont le président Massoud Pezeshkian et le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi. En parallèle, la partie pakistanaise a « engagé un dialogue actif » avec l’administration américaine, selon les termes du chef de la diplomatie.

Ce double engagement simultané constitue le cœur de la stratégie d’Islamabad.

Réactions et citations : un soutien international qui s’élargit

Le soutien à l’initiative dépasse le seul cadre régional. Ishaq Dar a indiqué s’être entretenu avec le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi et le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres. Les deux responsables « soutiennent pleinement » les efforts d’Islamabad, selon le ministre, tout comme d’autres gouvernements à travers le monde.

Du côté iranien, la position reste officiellement ambiguë. Téhéran dément formellement tout pourparler officiel avec Washington. Néanmoins, l’Iran aurait transmis une réponse au plan en 15 points proposé par Donald Trump pour mettre fin au conflit — et ce, via Islamabad, selon une source anonyme citée par l’agence de presse iranienne Tasnim. Aucune confirmation officielle n’a été apportée par les parties.

Du côté européen, le ministre allemand des Affaires étrangères Johann Wadephul a pris position vendredi. Il s’attend à une rencontre directe entre les États-Unis et l’Iran au Pakistan « très bientôt », sans préciser l’origine de cette affirmation.

Ces déclarations convergentes dessinent les contours d’un processus qui, même informel à ce stade, semble enclenché.

Pakistan facilite la paix en Iran pour protéger ses propres intérêts

L’engagement d’Islamabad dans cette médiation n’est pas exempt de calcul économique. Le Pakistan dépend largement des importations de pétrole et de gaz transitant par le détroit d’Ormuz. Les perturbations actuelles du trafic maritime menacent directement la sécurité énergétique du pays.

Une situation prolongée frappe directement les Pakistanais. L’approvisionnement en carburant se détériore. Les prix intérieurs grimpent. De nouvelles mesures d’austérité s’imposent — dans un pays à l’économie encore fragile.

Islamabad a déjà obtenu un premier résultat concret. Tard samedi, Ishaq Dar a annoncé une avancée concrète. L’Iran autorise désormais 20 navires supplémentaires battant pavillon pakistanais à traverser le détroit d’Ormuz. Le rythme accordé : deux navires par jour.

Téhéran accorde sa confiance au gouvernement pakistanais. Cette concession concrète le confirme. Les dénégations officielles sur les pourparlers n’y changent rien.

La suite dépendra de la volonté des États-Unis et de l’Iran de franchir le pas d’une rencontre directe. Islamabad a multiplié les contacts. La capitale pakistanaise a accumulé les gages de bonne volonté des deux côtés. Elle s’est placée en position de rendre possible ce rapprochement.

Source : Agence France-Presse

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