L’Ordre des avocats du Cameroun a protesté jeudi contre des violences policières visant un avocat, hospitalisé après avoir été interpellé par les gendarmes à Douala, la capitale économique du pays.
L’Ordre dit avoir été alerté par une vidéo, largement partagée mercredi sur les réseaux sociaux, montrant Me Tristel Richard Tamfu Ngarka « roué de coups comme un criminel » par des gendarmes, « à l’arrière d’un pick-up appartenant à la gendarmerie nationale« .
« Les agressions contre les avocats dans les unités de police et de gendarmerie deviennent progressivement la norme et le cas de Me Tristel Richard Tamfu Ngarka n’est qu’une preuve de plus dans cette dérive liberticide », déclare le communiqué de l’Ordre qui fait état de deux autres cas en un mois.
Interrogé par des médias locaux, l’avocat connu pour son engagement dans l’opposition camerounaise, a expliqué avoir été interpellé et molesté alors qu’il s’opposait à l’interpellation d’une de ses clientes convoquée par la gendarmerie à Bonabéri, quartier à l’ouest de Douala.
Hospitalisé après avoir été remis en liberté, il dit avoir reçu la visite le colonel responsable régional de la gendarmerie sur son lit d’hôpital. « Il m’a présenté des excuses et regretté que ses éléments soient impliqués », a-t-il dit en affirmant qu’il comptait porter plainte contre les auteurs des violences.
La gestion autocratique du président Paul Biya, 91 ans, qui a fêté début novembre ses 42 ans de pouvoir, s’est durcie après sa dernière élection très contestée en 2018, avec depuis une répression féroce de toute opinion dissonante, des arrestations et des condamnations, selon les défenseurs des droits humains.
Source: Agence France-Presse

