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L’Iran rejette la proposition américaine : Trump promet de « déchaîner l’enfer »

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L’Iran rejette la proposition américaine de cessez-le-feu, selon les médias d’État de la République islamique. La Maison Blanche maintient les négociations mais prévient : si l’Iran refuse d’accepter sa défaite militaire, Donald Trump s’assurera qu’il soit frappé « de manière plus dure qu’il ne l’a jamais été ». À l’entrée du second mois d’un conflit qui embrase le Moyen-Orient, aucune percée diplomatique ne se dessine.

L’Iran rejette la proposition américaine transmise par Islamabad

Le mercredi 25 mars, Press TV, branche anglophone de la télévision d’État iranienne, a annoncé que l’Iran refusait une « proposition américaine » destinée à faire taire les armes. L’information a été reprise par les autres médias d’État de la République islamique. Aucune confirmation officielle n’est cependant parvenue du gouvernement iranien.

Ce plan constitue les premières propositions concrètes de Washington depuis le début du conflit. Les frappes israélo-américaines sur l’Iran ont débuté le 28 février, il y a bientôt un mois. Depuis lors, Washington n’avait officiellement soumis aucune initiative formelle à Téhéran.

Le Pakistan a servi d’intermédiaire pour acheminer ce texte. Islamabad entretient de bonnes relations avec les deux belligérants. Deux hauts responsables pakistanais ont confirmé ce rôle de courroie diplomatique. Le contenu précis du plan n’a pas été dévoilé de source fiable.

Les menaces de Washington et les exigences de Téhéran

La porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, a maintenu que les discussions se poursuivaient. Elle a toutefois posé une condition que Téhéran refuse d’accepter : reconnaître sa défaite militaire.

« Si l’Iran refuse d’accepter la réalité actuelle, s’ils ne comprennent pas qu’ils ont été vaincus militairement (…), le président Trump s’assurera qu’ils soient frappés de manière plus dure qu’ils ne l’ont jamais été », a-t-elle déclaré.

Téhéran a répondu sans délai. Un responsable iranien sous couvert d’anonymat a affirmé à Press TV : « La guerre prendra fin lorsque l’Iran décidera d’y mettre fin et non lorsque Trump le décidera. » Il a détaillé les propres exigences de Téhéran, sans en préciser le contenu.

En soirée, Mohammad Bagher Ghalibaf, président du Parlement iranien, a durci encore le ton. Il a soutenu que les « ennemis » de la République islamique préparaient l’invasion d’une île iranienne dans le Golfe. Une source militaire citée par l’agence Tasnim a prévenu que, en cas d’invasion terrestre américaine, l’Iran ouvrirait un « nouveau front » dans un détroit stratégique reliant la mer Rouge au golfe d’Aden.

Un mois de guerre sans percée diplomatique

Alors que l’Iran rejette la proposition américaine, les opérations militaires se poursuivent sans relâche des deux côtés. Les hostilités ont débuté avec les frappes israélo-américaines sur l’Iran le 28 février. Depuis, les initiatives diplomatiques se sont multipliées sans produire de résultat tangible.

Téhéran est bombardée quotidiennement depuis quatre semaines. L’armée israélienne a annoncé de nouvelles attaques sur la capitale iranienne. Elle a également revendiqué une frappe sur un centre de recherche lié au programme de sous-marins militaires iraniens à Ispahan, dans le centre du pays.

Les Gardiens de la Révolution ont conduit des attaques contre le nord et le centre d’Israël, dont la région de Tel-Aviv. Des images de l’AFP montrent des traînées de roquettes au-dessus de la ville côtière de Netanya, tandis que les sirènes d’alerte retentissaient dans le centre du pays.

Le conflit déborde au-delà des frontières irano-israéliennes. Des bases militaires américaines en Jordanie et à Bahreïn ont été prises pour cible. Un réservoir de carburant a pris feu au Koweït après une attaque de drones.

L’ONU alarmée, experts et diplomates en alerte

Le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a exprimé une vive inquiétude. La guerre est « hors de contrôle », a-t-il alerté, craignant un conflit « plus large » susceptible de provoquer une « marée de souffrance humaine » dans la région et au-delà.

La question de l’interlocuteur iranien hante les chancelleries. « Il y a une interrogation sur celui qui, dans le système iranien, tient réellement les rênes », souligne Guillaume Lasconjarias, professeur associé à l’université de la Sorbonne, interrogé par l’AFP. Aucune information n’est disponible sur le ou les dirigeants iraniens effectivement en charge des discussions.

Donald Trump avait listé mardi ses propres représentants : Steve Witkoff, son émissaire spécial, son gendre Jared Kushner, le vice-président JD Vance et le secrétaire d’État Marco Rubio.

Selon un diplomate de la région, l’objectif immédiat de Washington est d’obtenir une trêve. Des discussions ultérieures devraient permettre aux deux parties de « revendiquer une victoire et sauver la face ». « On est dans des pré-négociations. On teste ce qui serait acceptable », précise Guillaume Lasconjarias.

L’Iran rejette la proposition américaine : le détroit d’Ormuz sous tension

Le pétrole mondial otage du conflit

L’enjeu économique mondial reste central dans ce conflit. Le détroit d’Ormuz, par lequel transite près de 20 % de la production mondiale de pétrole, reste quasi totalement bloqué par Téhéran depuis le début des hostilités. Ce blocage a fait flamber les cours du brut et ralentit l’activité économique mondiale.

Mardi, l’Iran avait annoncé que les « navires non hostiles » pouvaient désormais « bénéficier d’un passage sûr » dans ce détroit. Cette ouverture partielle n’a pas suffi à dissiper l’inquiétude internationale.

La marine iranienne affirme que des tirs de missiles ont contraint le porte-avions américain Abraham Lincoln, déployé dans le Golfe, « à changer de position » — une information que l’armée américaine n’a pas confirmée.

L’amiral Shahram Irani, commandant de la marine iranienne, a averti : « Dès que cette flotte hostile entrera dans le rayon d’action de nos systèmes de missiles, elle sera la cible de puissantes frappes. »

Pour sécuriser le passage, Londres et Paris organiseront cette semaine une réunion des chefs d’état-major d’une trentaine de pays. Une source au ministère britannique de la Défense a confirmé cette information à l’AFP. Dans le même temps, les pays du Golfe ont exigé, lors d’un débat à Genève devant l’ONU, que Téhéran cesse ses frappes et verse des réparations.

Le Liban, un million de déplacés

Au Liban, la situation humanitaire se dégrade. Depuis l’entrée du pays dans le conflit, le 2 mars, les frappes israéliennes ont tué près de 1 100 personnes et déplacé plus d’un million d’habitants.

Israël élargit sa « zone tampon » à l’intérieur du territoire libanais. Le Premier ministre Benjamin Netanyahu justifie cette expansion par la nécessité d’« éloigner la menace » du Hezbollah.

À Tyr, dans le sud du Liban, Mustafa Ibrahim Al Sayed, 50 ans, témoigne auprès de l’AFP. « Tout le monde a peur pour sa maison et sa terre, mais que pouvons-nous faire ? » dit-il. «

Depuis 1978, c’est la cinquième fois que je suis déplacé, j’ai passé toute ma vie en exil. » Le chef du Hezbollah, Naïm Qassem, a rejeté toute négociation « sous le feu » d’Israël, qualifiant une telle démarche de « capitulation ».

Source : Agence France-Presse

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