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Libération des jihadistes contre le carburant au Mali: l’armée malienne dément tout accord avec les groupes armé

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Trans Afrique

La question de la Libération des jihadistes contre le carburant au Mali place le gouvernement de Bamako dans une position difficile. L’armée malienne a formellement démenti, lundi 30 mars, avoir relâché environ 200 détenus jihadistes présumés en échange de garanties sur le passage des convois de carburant. Des sources sécuritaires et politiques distinctes avaient pourtant confirmé l’existence de cet accord à l’Agence France-Presse.

Un démenti militaire catégorique

Le colonel-major Souleymane Dembélé, directeur de l’information et des relations publiques des armées, s’est exprimé devant la presse lundi. Il a rejeté en bloc les informations publiées par plusieurs médias sur cet accord présumé. Ces révélations avaient été relayées dans plusieurs titres de presse avant la prise de parole de l’officier.

« Ces propos, relayés par certains médias, visent à ternir l’image du Mali et à rompre la confiance entre le peuple et ses institutions et particulièrement entre le peuple malien et ses forces de défense et de sécurité », a-t-il déclaré.

L’officier a qualifié ces informations de « pure manipulation sans fondement et dénuée de toute source fiable ». Le démenti est total. Aucune nuance et aucune explication alternative n’ont accompagné cette prise de position officielle.

Libération des jihadistes contre le carburant au Mali : des chiffres qui concordent

Des sources sécuritaires et politiques maliennes, indépendantes les unes des autres, ont confirmé à l’AFP la réalité de cet accord. Selon elles, les autorités ont procédé à la libération de détenus en échange du libre passage des convois de carburant vers Bamako. Le dispositif devait rester actif jusqu’à la Tabaski, grande fête musulmane prévue fin mai.

Ces informations ont été communiquées à l’AFP par des sources distinctes. Toutes ont requis l’anonymat. Le contexte sécuritaire qui prévaut au Mali rend toute déclaration publique sur ces sujets extrêmement sensible.

Deux interlocuteurs distincts ont avancé des chiffres très proches. Une source sécuritaire malienne a évoqué « 198 jeunes » libérés « dans le cadre de l’accord ». Un élu local a de son côté mentionné « 201 jeunes accusés d’être des jihadistes ». Les deux estimations convergent autour de 200 personnes. Aucune des deux sources n’a pu être identifiée publiquement.

La temporalité de cet accord est significative. Sa conclusion, juste avant la fête marquant la fin du ramadan, a coïncidé avec une nette amélioration de l’approvisionnement en carburant à Bamako. De nouveaux convois ont atteint la capitale. La pénurie de gazole qui frappait les Bamakois depuis le début du mois de mars s’est alors atténuée.

Contexte : une économie asphyxiée depuis septembre

Pour comprendre les enjeux de la Mali libération jihadistes carburant, il faut revenir sur l’origine de la crise. Depuis septembre, le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda, attaque systématiquement les colonnes de camions-citernes qui traversent le territoire malien.

Le Mali est un pays enclavé. Son approvisionnement énergétique dépend entièrement de ces convois routiers. Chaque attaque du JNIM pèse directement sur la capacité du pays à fonctionner normalement.

La crise a atteint son point culminant en octobre. Les attaques jihadistes ont alors complètement grippé l’économie de Bamako. Les stocks de gazole disponibles ont été réservés en priorité aux centrales thermiques pour maintenir la production d’électricité. Le reste de l’activité économique s’est retrouvé à l’arrêt.

Après plusieurs mois d’accalmie relative, une nouvelle pénurie de gazole a frappé la capitale au début du mois de mars. Les stocks disponibles servaient de nouveau prioritairement aux centrales. Ce regain de tension a directement précédé la conclusion de l’accord contesté.

Libération des jihadistes contre le carburant au Mali : trois morts parmi les détenus relâchés

La Mali libération jihadistes carburant a rapidement pris une dimension dramatique. Plusieurs des hommes relâchés mi-mars sont décédés dans les jours qui ont suivi leur sortie de détention.

Un représentant d’une association a indiqué à l’AFP que deux jeunes libérés sont « morts » dans la nuit du 22 au 23 mars. Il avait précisé que ces deux personnes « étaient, comme sept autres jeunes, très malades » au moment de leur élargissement.

Sept autres ex-détenus libérés étaient eux aussi dans un état de santé préoccupant à leur sortie de prison. Un élu local a confirmé les deux premiers décès. Ces hommes « étaient très affaiblis lors de leur libération », a-t-il indiqué.

Un troisième décès est intervenu le dimanche 29 mars. L’AFP a appris la nouvelle auprès de la famille du défunt, un jihadiste présumé lui aussi relâché dans le cadre de l’accord. Trois ex-détenus sont donc morts en l’espace d’une semaine.

Réactions et citations : le témoignage d’un libéré

Un des détenus relâchés a accepté de raconter son expérience à l’AFP. Son témoignage éclaire les conditions dans lesquelles l’opération s’est déroulée.

« Nous n’étions au courant de rien », a-t-il affirmé, évoquant son propre élargissement.

Il a ensuite détaillé les étapes de son extraction hors de prison : « Quand des militaires sont venus nous extraire de nos cellules dans la prison, ils nous ont bandé les yeux. Nous sommes passés en voiture par d’autres endroits où d’autres détenus nous ont rejoints. À l’aube, ils ont commencé à nous déposer par groupes à différents endroits. Nous ne nous connaissions pas. »

Ce témoignage décrit une opération menée dans le secret le plus complet. Les détenus ignoraient leur destination et l’identité des personnes transportées avec eux. Aucun d’eux ne savait ce qui lui arrivait. Tout s’est déroulé de nuit, par étapes, en plusieurs lieux distincts.

Conséquences et suite attendue : un équilibre précaire jusqu’à la Tabaski

L’accord conclu mi-mars devait garantir le passage sécurisé des convois de carburant jusqu’à la Tabaski, fin mai. Les démentis officiels et les décès rapportés fragilisent désormais ce dispositif.

Le gouvernement malien se retrouve dans une contradiction exposée publiquement. Il nie formellement un accord dont les effets concrets sur l’approvisionnement de Bamako sont visibles. L’amélioration rapide constatée après les libérations alimente les doutes sur la version officielle des armées.

La dépendance du Mali aux convois de carburant demeure une vulnérabilité structurelle profonde. Le JNIM conserve la capacité de bloquer à tout moment les routes qui alimentent le pays.

L’issue de cet accord contesté, nié par Bamako, conditionne directement la stabilité économique de la capitale jusqu’à la fin du printemps. L’accord couvrait, selon les informations de l’AFP, une période d’environ deux mois. Au-delà de l’échéance de la Tabaski fin mai, aucun prolongement n’est évoqué par les sources.

Source : Agence France-Presse

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